Porsche 718 Cayman GT4 2020 : coup de cœur du Porsche Track Experience

Points forts
  • Performances exceptionnelles
  • Plaisir de conduire incomparable
  • Look indémodable
  • Excellente qualité de fabrication
Points faibles
  • Facture exotique
  • Certaines options nécessaires
  • Confort à oublier
Évaluation complète

Ces derniers mois, le constructeur Porsche a choisi de me faire redécouvrir l’ADN de sa gamme à travers différentes expériences de conduite. Sur la route, l’essai d’une Panamera E-Hybrid Sport Turismo, d’un Macan Turbo et d’une sensationnelle 911 GT3 RS. Sans oublier l’époustouflante Taycan Turbo S, véritable catapulte et première bagnole électrique du genre, capable de faire mordre la poussière à la puissante Tesla Model S.

Récemment, Porsche m’invitait cependant à pousser l’expérience un peu plus loin, me proposant une journée sur circuit avec différents produits. Comment aurais-je pu refuser? D’autant plus qu’au cours des dernières années, mes expériences au volant de voitures Porsche avaient surtout eu lieu durant la saison froide, notamment lors du Porsche Ice Experience. Un événement se déroulant sur le circuit Mecaglisse de Notre-Dame-de-la-Merci, où plusieurs exercices de conduite sur neige et glace permettent de parfaire ses habiletés, tout en découvrant le savoir-faire de ces voitures, non pas sans une bonne dose de plaisir.

Cette fois, cette journée folle en sensation allait m’amener à Bowmanville, au Canadian Tire Motorsport Park. Un des plus beaux circuits au pays, où l’environnement transpire la passion de la course plus que n’importe où ailleurs au Canada. Porsche nous conviait donc d’abord à une brève séance informative afin de nous rappeler quelques règles de sécurité, nous expliquant au passage le déroulement de la journée. En gros, de la piste, de la piste… et encore de la piste! Juste du pur plaisir, avec une grande latitude nous permettant d’apprivoiser les véhicules et leurs divers modes de conduite.

Au menu

Parmi les voitures disponibles, une 911 Carrera S à boîte manuelle, une Taycan Turbo et une Turbo S, une 718 Spyder et une 718 Cayman GT4. Ayant le choix de trois, j’allais choisir la 911, la Taycan et la Cayman GT4, que j’allais préférer pour le circuit à sa proche cousine à toit souple. 

Six sessions de 20 minutes allaient ainsi nous permettre de passer 40 minutes au volant de chacune. 40 minutes pour s’amuser et pour apprivoiser le circuit comme les voitures, bien qu’un monde de différence les distingue. L’exercice allait donc prendre place sur le petit circuit technique de l’endroit, plutôt que sur le circuit Grand Prix, où se déroulent notamment les épreuves de Nascar. Une piste serrée, fardée de virages et souvent dénivelée, donnant presque l’impression d’être conçue pour provoquer le haut-le-cœur. Or, l’expérience m’aura appris que deux capsules antinausée au gingembre consommées une heure avant le début de l’épreuve sont un incontournable.

Photo: Antoine Joubert

De la GT4… à la GT4

Dans l’ordre, j’allais prendre le volant de la Cayman GT4, de la 911 Carrera et de la Taycan. Des heures de plaisir à apprivoiser le circuit de mieux en mieux, en relevant chaque fois le degré de difficulté. Non pas pour les voitures, bien sûr, mais pour mon estomac qui en passant d’une automobile à l’autre, devait chaque fois composer avec des transferts de masse de plus en plus critiques. Pourquoi? Parce que même si la Taycan est capable de suivre la Cayman GT4 sur ce petit circuit, voire de lui faire mordre la poussière dans les quelques sections de ligne droite, cette dernière se bat constamment avec les lois de la physique. Et qui en payait le prix?

Alors oui, la Taycan est une bête redoutable, capable de surprendre tous les sceptiques. À 2 300 kilos, il faut un sérieux attirail tant mécanique qu’électronique pour briller ainsi sur un circuit. Je serai franc : malgré ses prouesses incroyables, il m’a fallu prendre une pause après les deux sessions de conduite, afin que mes organes se stabilisent. Mais voilà, on proposait par la suite une quatrième session de conduite! Deux blocs supplémentaires de 20 minutes, juste parce que l’on avait le temps. J’ai immédiatement sauté dans la Cayman, ma favorite.

Entendons-nous, la 911 est elle aussi exceptionnelle sur piste. Un bolide raffiné, d’une grande maniabilité et qui affiche un couple passablement supérieur à celui de la Cayman. Or, parce que plus massive et plus lourde d’environ 75 kilos, cette 911 ne me procurait pas nécessairement ce même degré ultime de plaisir.

Sur la GT4, pas de modes de conduite adaptatifs ni de boutons sur le volant. Une voiture de puriste, axée sur la performance et sur l’agrément de conduite. D’ailleurs, il s’agit du modèle d’entrée dans la gamme GT de Porsche, s’adressant à ces amateurs en quête d’une voiture sans compromis. Quels ajustements peut-on faire sur elle ? La désactivation partielle ou complète de l’antipatinage et du contrôle dynamique de stabilité, la fermeté de la suspension de même que le degré d’inclinaison de cet immense becquet arrière, qu’il faut toutefois régler manuellement. Du reste, il suffit d’adopter la meilleure position de conduite qui soit pour se lancer. À ce propos, sachez que la Cayman, bien qu’équipée d’une boîte manuelle à six rapports, est aussi dotée d’un mode Départ-canon, permettant de franchir le 0-100 km/h en 4,4 secondes, selon le constructeur.

Quelques tours de piste sont évidemment nécessaires avant que les excellents pneumatiques de marque Michelin Pilot Sport Cup 2 ne s’échauffent. À froid, le train arrière survire donc légèrement, juste assez pour donner le ton sur le comportement exceptionnel de la voiture. Un bolide doté d’une direction incroyablement précise et juste assez légère, d’un châssis solide et d’une suspension ferme, finement étudiée. Parfaitement balancée grâce à une répartition des masses de 50/50, la Cayman GT4 se distingue ainsi grandement de ses petites sœurs. D’abord, par l’exotisme de ses performances et du plaisir au volant, mais aussi par cette sonorité exaltante issue d’un six cylindres atmosphérique de 4,0 litres, produisant 414 chevaux.

Photo: Antoine Joubert

Solide comme le roc et ne donnant aucunement l’impression de souffrir malgré les sévices que je lui faisais subir, cette Cayman GT4 aurait certainement été un peu plus à bout de souffle sur un circuit de grande vitesse, où l’avantage de la 911 se serait fait sentir. Par contre, sur ce petit circuit technique, la voiture brillait comme une étoile. Fait intéressant, jamais je n’ai eu à passer le quatrième rapport, exploitant majoritairement le second, parfois le troisième. Honnêtement, il m’aurait même été possible de demeurer toujours en deuxième vitesse, plafonnant à 8 000 tr-min et à près de 140 km/h. Or, impossible de mettre de côté ce plaisir de « jouer du levier » avec une boîte qui de surcroît est d’une grande précision.

Au terme de cet essai sur piste, le titre du livre à succès de Pierre-Yves McSween me trottait en tête. « En as-tu vraiment besoin? », me répétais-je sans cesse, en calculant sommairement les mensualités nécessaires à son acquisition. Des chiffres qui, bien sûr, allaient m’obliger à revenir à la raison. Et pour cause, 147 000 $ étaient exigés pour cette voiture, qui avait cependant l’avantage de bénéficier de ces sièges sport à coquille de carbone (6 740 $) et des puissants freins de carbone-céramique (9 130 $). Deux options coûteuses, mais fortement recommandées pour qui vise à faire du circuit. Maintenant, pourquoi se procurer une telle voiture si le circuit ne fait aucunement partie des plans?

Photo: Antoine Joubert

Sur la route

Avant de rentrer à la maison, une petite balade sur route avec cette GT4 était nécessaire. Était-ce dans le but de la prendre en défaut, afin de me faire déchanter? Quelle erreur! Parce que même sur la route, et bien que son roulement soit très ferme, cette Cayman demeure un charme à conduire. On lui reprocherait bien sûr le côté conservateur de son habitacle, en comparaison avec les autres produits de la marque, elle qui ne propose pas l’option de l’application Android Auto, n’offrant qu’Apple CarPlay pour la somme de 410 $. Aussi, ces insipides porte-gobelets rétractables, conçus pour vous convaincre de ne jamais les utiliser. Sinon, que du bonbon. Un poste de conduite taillé sur mesure, des poignées intérieures en tissu, symboliques, mais ô combien charmantes, ainsi que la superbe finition typiquement Porsche, qui ne risque certainement pas de mal vieillir.

Maintenant, il est vrai que la boîte manuelle, bien que très précise, rend l’expérience parfois fâchante sur les routes du Québec… ou de l’Ontario! Parce que le plaisir de faire grimper le mouchard près de la zone rouge fait partie du charme de cette voiture, qui vous obligera néanmoins à calmer vos ardeurs dès le deuxième rapport. Ainsi, dans les limites de la légalité, vous ne passerez un rapport qu’une seule fois, à moins de le faire à 3 500 tr-min, ce qui devient vite lassant.

Photo: Antoine Joubert

Cela dit, respectons le fait que Porsche conserve cette offre d’une boîte manuelle, qui contribue évidemment au plaisir de conduire sur circuit, car il aurait été facile de la troquer contre une boîte PDK. Ce que l’on a d’ailleurs fait dans le cas des récentes 911 GT2 et GT3. Et ce n’est qu’une question de temps avant qu’on la propose ici, ne serait-ce qu’en option.

Chose certaine, la Porsche 718 Cayman GT4 est pour moi l’une des autos sports les plus sérieuses du marché. Une voiture qui n’est pas aussi rapide qu’une Chevrolet Corvette, pas aussi brutale qu’une Ford Mustang Shelby GT500, mais qui procure un plaisir de conduire incomparable. Sans compter qu’il s’agit presque d’un placement, considérant son excellente valeur de revente.

En vidéo: Le Guide de l'auto au Porsche Ice Experience 2020

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