Ford Escape 2020 : pas encore au niveau

Points forts
  • Habitacle spacieux
  • Banquette arrière coulissante pratique
  • Bonne tenue de route
Points faibles
  • Moteur 3 cylindres peu convaincant
  • Roulement ferme et trépidant quand la route est mauvaise
  • Qualité de finition décevante pour le prix payé
Évaluation complète

Malmené depuis plusieurs années par les VUS compacts japonais, le Ford Escape fait peau neuve en 2020. Lignes plus modernes, intérieur revu, arrivée de deux versions hybrides (rechargeable et non rechargeable), Ford mise beaucoup sur son nouveau modèle.

Pour cet essai routier, nous avons conduit un Escape doté du moteur 3 cylindres turbo de 1,5 litre. Il s’agit d’un modèle SEL vendu à partir de 35 050 $. Équipé du toit panoramique, d’une peinture blanche optionnelle et de plusieurs aides à la conduite (Co-Pilot 360), notre modèle d’essai coûte 40 450$ transport et préparation inclus.

Moins de cylindres, mais pas moins d’essence…

Si vous suivez l’évolution technique de Ford ces dernières années, vous avez sans doute remarqué que la tendance est à la diminution de la cylindrée et à l’ajout de turbocompresseurs. Ce n’est pas la première fois que le constructeur à l’ovale bleu propose un moteur à trois cylindres, puisque l’on en retrouvait dans la Fiesta et plus récemment dans le petit VUS Ecosport.

En vidéo : Antoine Joubert présente les meilleurs VUS comapcts

En théorie, la cylindrée plus faible soutenue par un turbo permet de diminuer la consommation de carburant tout en offrant des performances équivalentes aux plus gros moteurs dépourvus de suralimentation.

Dans le cas de l’Escape, le 3 cylindres de 1,5 litre de cylindrée développe 180 chevaux et 177 livres-pieds de couple. Des chiffres qui sont proches de ses concurrents directs (Toyota RAV4, Mazda CX-5, Nissan Rogue, etc.).

Les performances sont d’ailleurs tout à fait correctes et les accélérations comme les reprises sont suffisantes. Lors de notre essai, nous avons enregistré 9,8 L/100 km de moyenne (2/3 de ville et 1/3 de voies rapides). Sur le même parcours, un Mazda CX-5 ou un Toyota RAV4 auraient brûlé une quantité d’essence similaire.

Au chapitre de la consommation de carburant, le 3 cylindres n’apporte donc pas l’avantage escompté. Et là où il perd beaucoup de points, c’est au niveau de l’agrément de conduite.

Photo: Julien Amado

Un 3 cylindres en manque d’agrément

Le moteur, qui compte déjà un cylindre de moins que la concurrence, peut couper un cylindre supplémentaire quand on sollicite peu l’accélérateur. On se retrouve donc avec deux cylindres en fonction (comme une Citroën 2CV, finalement…).

Le problème c’est que la désactivation s’accompagne d’un grondement sourd très désagréable dans l’habitacle. Que ce soit à 50, à 80 ou à 100 km/h, ce bourdonnement vient régulièrement troubler le confort auditif des passagers.

Heureusement, la boîte de vitesses à 8 rapports réagit promptement, ce qui permet, au moins, de dépasser rapidement lorsque l’on demande plus de puissance au moteur. Dommage que des à-coups intermittents se fassent sentir au niveau de la boîte de vitesses.

Bref, vous l’aurez compris, si vous magasinez un Ford Escape 2020, le moteur 3 cylindres n’est pas à recommander.

Photo: Julien Amado

Efficace sur la route

La précédente génération du Ford Escape avait déjà une bonne tenue de route et une direction précise. Le nouveau modèle poursuit dans cette veine avec un comportement dynamique, efficace et sécurisant. La direction, un peu trop légère à basse vitesse, est très rapide et précise. Et sans le grondement du 3 cylindres, l’insonorisation de l’habitacle friserait le sans faute. En dépit des pneus d’hiver montés sur notre modèle d’essai, les bruits de roulement étaient fort bien filtrés.

Enfin, soulignons l’excellente efficacité du freinage, qui a du mordant, une puissance amplement suffisante et un bon ressenti à la pédale.

Dans ces conditions, cet Escape est-il la nouvelle référence de la catégorie? Pas encore. En grande partie à cause d’un roulement trop ferme qui nuit au confort des passagers.

Si l’asphalte est lisse, il n’y a aucun problème. L’Escape est douillet et plaisant à conduire. Mais dès que la route devient mal revêtue (ce qui est fréquent au Québec), la fermeté de la suspension rend le véhicule moins agréable. Et sur une route littéralement défoncée, les amortisseurs trépident sans réussir à absorber les chocs convenablement.

Photo: Julien Amado

Habitacle spacieux et banquette arrière pratique

Grâce à la grande ouverture des portes, on s’installe sans difficulté dans l’Escape. L’habitacle, spacieux, permet d’accueillir quatre occupants confortablement.

Et la banquette arrière, divisée en deux, peut être avancée ou reculée selon les besoins. Quand elle est avancée au maximum, l’espace pour les jambes est compté pour un adulte. C’est supportable pour des trajets courts, mais n’imaginez pas faire Montréal-Gaspé dans ces conditions...

Avancer ou reculer les sièges arrière permet de faire varier le volume du coffre. Avec les sièges avancés au maximum, la contenance maximale s’élève à 1 061 litres, un volume similaire à celui du Toyota RAV4. Avec les sièges complètement reculés, vous pouvez compter sur 948 litres.

Quel dommage que le plancher ne soit pas plat quand on abaisse les sièges! Par ailleurs, les batteries de la version hybride grignotent une partie du coffre, qui perd 79 litres comparé à celui d’un Escape à essence.

Photo: Julien Amado

Des éléments de finition à revoir

La qualité de finition de l’Escape s’est améliorée comparée à l’ancien modèle. Cela dit, il reste encore beaucoup de boulot à faire avant d’arriver au niveau de ses concurrents les plus féroces, en particulier concernant la qualité des plastiques.

De plus, notre modèle d’essai avait de la condensation dans ses quatre feux et la partie en plastique autour du bouton des vitres électriques côté passager se décollait chaque fois que l’on touchait au bouton. Dans un véhicule qui affiche moins de 2 000 km à l’odomètre, c’est inquiétant pour la durabilité à long terme...

Terminons sur un point positif avec le système multimédia. Comparativement aux premiers systèmes Sync du début des années 2010, les progrès sont immenses. L’écran présente une très belle définition et l’utilisation est facile et rapide.

Photo: Julien Amado

En fin de compte, l’Escape 1,5 L turbo à 3 cylindres n’est pas au niveau des meilleurs. Le moteur 2 L turbo, nettement plus performant a beaucoup plu à mon collègue Antoine Joubert lors d’un premier contact avec le véhicule.

Mais pour avoir une meilleure idée du potentiel de l’Escape, mieux vaut attendre l’arrivée du modèle hybride rechargeable pour un essai complet. En effet, sa motorisation génère plus de puissance et devraient proposer un meilleur agrément que le 3 cylindres.

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