Lincoln MKZ 2017 : Lincoln, la tête hors de l’eau

Points forts
  • Dessin plutôt agréable à l'oeil
  • V6 3,0 litres en pleine forme et assez économique
  • Silence de roulement et confort relevés
  • Système SYNC au point (en tout cas, plus qu'avant)
Points faibles
  • Marque en manque de prestige
  • Conduite peu dynamique
  • Peu d'espaces de rangement
  • Autonomie limitée
  • Visibilité arrière très pauvre
Évaluation complète

Pendant de nombreuses années, la plupart des produits Lincoln n’ont été que des Ford plus luxueux. Quelquefois, dans un élan de générosité, le véhicule Lincoln avait droit à une motorisation différente. Mais, dans le fond, ça restait un produit Ford. Et malgré les efforts récents de Lincoln, ça reste encore, quoique dans une moindre mesure, un produit Ford.

La Lincoln MKZ est une Ford Fusion. Une Fusion qui cache bien son jeu. Tout d’abord en affichant un style avant et arrière totalement différent de celui de la Fusion. Et si vous voulez mon avis, avec les changements apportés l’an dernier à la partie avant, la MKZ a vraiment fière allure. Les designers ont-ils enfin compris que c’est d’abord dans une salle d’exposition que se vendent les voitures?

Dans l’habitacle, malgré les évidents efforts pour se démarquer de la maison-mère, on nage quand même dans un univers Ford, autant par la texture des matériaux (de qualité, faut-il préciser) que par la présentation des jauges et du système SYNC, ainsi que par l’ambiance générale. Remarquez que cela n’a rien de péjoratif puisque l’ensemble est réussi.

Photo: Alain Morin

Question de portefeuille

Premièrement, les sièges avant sont confortables, une fois la position de conduite idéale trouvée et le portefeuille, reposant sur la fesse gauche dans mon cas, enlevé. Je ne sais pas pourquoi mais, des 60 à 70 voitures que j’essaie chaque année depuis 13 ans, la MKZ est la seule où je dois enlever mon portefeuille pour être à l’aise… à défaut de l’être financièrement. J’aurais toutefois aimé avoir un endroit où mettre ledit portefeuille puisque les espaces de rangement ne pullulent pas. Il y a bien deux espaces sous la console centrale, mais ils sont très peu accessibles.

Deuxièmement, le système SYNC 3 n’est plus l’horreur qu’il a déjà été lors des générations précédentes. Le système de commandes vocales fonctionne adéquatement et ne fait pas répéter les commandes inutilement, le système de navigation est plutôt facile à comprendre et les menus ne sont pas très complexes. Bref, le SYNC est devenu mon ami, malgré une relation qui avait très mal débuté.

De choses et d’autres

Parmi les « technologies » dont regorge la Lincoln MKZ 2017, il y a les commandes de la boîte automatique, placées dans une rangée verticale à gauche de l’écran central. Il faut un certain temps d’adaptation pour que l’index droit aille d’instinct peser sur le bon bouton, la main moderne étant plus habituée à un levier sur la console. Mention très honorable à la chaîne audio Revel dont était pourvue notre voiture d’essai.

Les places arrière ne sont pas particulièrement invitantes, surtout si vous mesurez plus de 5’ 8’’, le dégagement pour la tête étant réduit. Par contre, le confort y est très correct. Quant au coffre, peu haut, il est handicapé par son seuil très élevé, ce qui hypothèque grandement le transport de gros objets. La visibilité arrière, pour ceux que ça intéresse encore, est mauvaise. Heureusement, la caméra de recul diffuse des images claires.

Photo: Alain Morin

400 chevaux!

Notre MKZ d’essai était dotée d’un V6 3,0 litres turbo ne développant pas moins de 400 chevaux à 5 750 tr/min et autant de couple à 2 750 tr/min. La MKZ peut aussi recevoir un quatre cylindres 2,0 litres turbo de 245 chevaux et une motorisation hybride alliant un 2,0 litres atmosphérique et un moteur électrique de 188 chevaux. Ces deux derniers moteurs se retrouvent aussi dans la Ford Fusion, le 3,0 litres étant réservé à la MKZ.

Avec une telle écurie, inutile de préciser que les performances sont au rendez-vous. Le 0-100 km/h est l’affaire de 6,0 secondes et une reprise entre 80 et 120 km/h ne demande que 3,8 secondes. Ce moteur est souple, silencieux et, compte tenu de l’écurie à abreuver, économique, avec une consommation moyenne de 10,5 l/100 km. Fait à noter, l’ordinateur de bord est l’un des plus justes que j’ai vus depuis des lustres puisqu’il indiquait 10,0.

La boîte automatique à six rapports effectue son travail de façon transparente, sans à-coups. À 100 km/h, le moteur tourne à 2 000 tr/min. Une boîte comptant plus de rapports permettrait sans doute de faire baisser le nombre de révolutions à 1 600 ou 1 700. Le 3,0 litres possède suffisamment de couple à bas régime pour s’en accommoder. En diminuant le nombre de révolutions à vitesse constante, la consommation d’essence est améliorée et l’usure des différentes pièces est diminuée.

Photo: Alain Morin

Puissante ne veut pas dire sportive

La MKZ, on s’en doute, n’a aucune aptitude sportive, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne soit pas agréable à vivre au quotidien. La direction est précise mais sans âme, les freins font leur travail en stoppant la voiture en 41,2 mètres à partir de 100 km/h, quoique la mollesse de la pédale n’inspire pas confiance. La suspension autorise une bonne tenue de route, bien que les transferts de poids soient plutôt prononcés.

La Lincoln MKZ n’est assurément pas la plus dynamique à conduire, cependant elle n’a pas, non plus, la prétention de concurrencer les BMW et Audi de ce monde. En s’attaquant plutôt à des modèles comme l’Acura TLX, la Kia Cadenza, la Lexus ES ou la Volvo S60, elle se démarque par son confort, son silence de roulement et son comportement routier très… Ford. Malgré tout, la MKZ marque un grand pas dans la bonne direction, ce qui n’est pas rien étant donné que Lincoln revient de très, très loin.

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