Vous souvenez-vous…de la première course de Gilles Villeneuve?

Nous sommes en juillet 1977, sur le circuit de Silverstone au Royaume-Uni. C’est sur cette piste que Gilles Villeneuve s’apprête à prendre part à son premier Grand Prix de Formule 1.

Rapide et sélectif, le tracé anglais convient particulièrement bien au style de pilotage de Gilles, dont la témérité et l’engagement dans les courbes rapides ont contribué à forger sa légende.

Battu par le pilote québécois lors du Grand Prix de Trois-Rivières 1976, James Hunt, champion du monde en titre, a recommandé Villeneuve à Teddy Mayer, le directeur de l’écurie Mclaren.

Au départ de ce Grand Prix de Grande-Bretagne 1977, Gilles Villeneuve est aligné sur une Mclaren M23 de la saison précédente. La monoplace championne du monde en titre, mais qui n’était pas équipée de pneus de qualification aussi performants que les autos des pilotes titulaires.

Durant cette épreuve, il fait équipe avec James Hunt et Jochen Mass qui bénéficient d’une Mclaren M26, plus évoluée.

Ce Grand Prix est également le début d’une nouvelle ère puisqu’il s’agit de la première course de la Renault RS01 à moteur turbo. C’est à l’occasion de cette course qu’elle sera surnommée « la théière jaune » par les écuries anglaises à cause de sa piètre fiabilité. Mais ceci est une autre histoire...

Trouver les limites

Pour espérer prendre le départ, Gilles doit d’abord passer par l’épreuve des préqualifications, la quantité de monoplaces inscrites étant plus grande que le nombre de places sur la grille de départ.

Immédiatement dans le coup, cet exercice est une formalité pour le pilote québécois qui réalise le meilleur temps. En revanche, il surprend les membres de l’équipe lors des essais libres en poussant l’auto jusqu’à la perte de contrôle dans les virages rapides! Sûr de ses capacités mais ne connaissant pas encore bien le comportement d’une F1, Gilles dépassait volontairement la limite pour savoir où elle se trouvait.

Une technique qui peut sembler étrange, mais qui a très bien fonctionné puisque Villeneuve occupe la neuvième place sur la grille de départ, réussissant même à devancer son équipier Jochen Mass au volant d'une voiture théoriquement supérieure!

Une course ratée et réussie à la fois

Auteur d’un bon départ, Villeneuve gagne encore deux places et se retrouve à la 7e  position. Après une dizaine de tours, Villeneuve rentre aux puits, voyant que la température d’eau est beaucoup trop haute.

Malheureusement, c’est l’aiguille qui est défectueuse, le V8 Cosworth se porte très bien. Reparti 21e et dernier, il repart à fond, fidèle à lui-même, et réussit à rallier l’arrivée à la 11e position.

Mais ce qui est plus révélateur, c’est qu’il a réalisé le 5e meilleur tour en course, à seulement 5 dixièmes de seconde du temps de James Hunt, vainqueur à domicile ce jour-là. Sans ces deux tours perdus aux puits, il aurait pu entrer dans les points dès sa première course!

Aussi étrange que cela puisse paraître, ce Grand Prix réussi restera sans lendemain chez Mclaren qui engagera finalement son ami Patrick Tambay pour la saison 1978.

Une déception qui sera tout compte fait une bonne nouvelle pour Gilles, puisque Mclaren va alors s’engager dans une spirale négative dont elle ne ressortira qu’au début des années 1980.

Impressionné par le pilotage de Villeneuve, Enzo Ferrari va lui proposer de prendre la place de Niki Lauda qui a quitté la Scuderia deux courses avant la fin de la saison 1977. Une écurie qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort en 1982.

En vidéo : Jacques Villeneuve conduit la Formule 1 de son père

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