Toyota RAV4 2019 : vivement l'hybride

Points forts
  • Version hybride réellement convaincante
  • Look dynamique et différent
  • Aménagement intérieur
  • Choix de versions
Points faibles
  • Moteur très bruyant en accélération
  • Version LE un peu moche
Évaluation complète

Cet automne, j’avais pu brièvement mettre à l’essai le nouveau Toyota RAV4 lors des événements de conduite organisés par le jury du North American Car of the Year.

Il s’agissait alors d’un prototype, sur lequel la finition me semblait tout de même sans grand défaut. Évidemment, il m’était difficile de me forger une opinion sur le véhicule en ne le conduisant que 20 minutes, d’autant plus que les changements apportés étaient radicaux par rapport à l’ancienne mouture. Parce que, vous l’admettrez, le nouveau RAV4 change complètement d’approche.

Pour plaire à Marina

En apercevant le nouveau RAV4, j’ai tout de suite pensé à Marina Orsini qui, un jour, m’avait mentionné détester les VUS modernes aux formes arrondies. Pour elle, le « look camion » est important, c’est pourquoi elle a possédé des VUS aux lignes angulaires comme le Jeep Cherokee, le Ford Escape 2008 et le Land Rover LR2. Il est donc clair qu’avec la nouvelle approche esthétique, le RAV4 pourrait devenir le prochain véhicule de notre vedette québécoise.

Photo: Antoine Joubert

Évidemment, Toyota n’a pas produit le RAV4 pour Marina, mais plutôt pour l’ensemble des automobilistes qui, comme elle, en ont soupé de ces VUS difficiles à distinguer. Ford Escape, Honda CR-V, Hyundai Tucson, Mazda CX-5 et Nissan Rogue, tous des VUS qui arborent des lignes très semblables et qui manquent sévèrement d’originalité en dépit de leur beauté.

Jusqu’ici, le RAV4 s’inscrivait sur cette liste. Or, son nouvel aspect anticonformiste risque d’attirer l’attention de beaucoup de gens qui souhaitent un peu de changement. Sans compter que Toyota y va de plusieurs stratégies esthétiques avec ce modèle, proposant des versions au style traditionnel, des hybrides avec habillage sport et une version Trail au look sérieusement aventurier.

Ne pas déplaire

Avec plus de 55 000 ventes au pays l’an dernier, le RAV4 se place non seulement au sommet de sa catégorie, mais aussi au sommet des ventes du constructeur, la Corolla étant désormais bonne deuxième. Vous aurez donc compris que de jouer d’audace avec les lignes du véhicule constitue un pari plutôt risqué. Voilà pourquoi on a pris soin d’aménager l’habitacle de façon à ne déstabiliser personne, mais en offrant un environnement à la fois spacieux, polyvalent et impeccablement ergonomique. Un espace de chargement généreux, des sièges arrière rabattables à plat et une planche de bord finement étudiée font désormais partie de ce nouveau RAV4 de cinquième génération.

Photo: Antoine Joubert

La très longue liste de caractéristiques de sécurité – incluant le moniteur d’angles morts et l’alerte de circulation transversale arrière – est bien sûr impressionnante, mais Toyota a en outre répondu aux commentaires de ceux qui avaient décrié l’inefficacité du système multimédia Entune par l’ajout de nouvelles caractéristiques. En clair, pensez à un système plus convivial, plus intuitif, et à l’ajout de la connectivité avec Apple CarPlay. Les sièges avants chauffants viennent de série, mais il faut passer à la version XLE pour que le volant ait droit au même traitement.

Pas de turbo?

On le sait, la mode est aux moteurs turbo. Toyota n’adhère pas à cette dernière. Il choisit plutôt de conserver une approche traditionnelle en proposant un quatre cylindres de 2,5 litres produisant 203 chevaux, lequel est marié à l’automatique à huit rapports. En option, un rouage intégral de nouvelle génération se greffe à l’ensemble mécanique, lequel achemine jusqu’à 50% du couple à l’arrière, pour ensuite le redistribuer au besoin de façon latérale.

Photo: Antoine Joubert

En conservant un moteur atmosphérique, Toyota élimine ainsi les risques de bris souvent associés aux moteurs turbo, et la possibilité d’un manque de chauffage à bord du véhicule. Un problème que vivent actuellement les propriétaires de Honda CR-V et de Hyundai Tucson à moteur 1,6 litre turbo...

Une grosse déception

Le RAV4 profite d’une nouvelle structure que l’on dit 57% plus rigide que l’ancienne. La géométrie des suspensions a également été revue pour améliorer la stabilité et la tenue de route, ce qui peut aussi contribuer à diminuer la sensibilité aux vents latéraux. La puissance est loin d’être vilaine et elle est bien gérée par la boîte automatique. Or, vous serez amèrement déçu par le niveau sonore très élevé du véhicule en accélération. Un point réellement agaçant sur lequel il faudra travailler. Pour le reste, le comportement routier du RAV4 est impeccable. Pas aussi amusant à conduire qu’un Mazda CX-5 ni aussi dynamique qu’un Subaru Forester. Sauf que l’équilibre du véhicule ainsi que l’amélioration marquée des suspensions, du freinage et de la direction viennent contribuer à un comportement quasi exemplaire.

Photo: Antoine Joubert

Évidemment, le niveau sonore sera grandement diminué avec l’adoption de la version hybride qui, pour moi, demeure la plus belle formule. D’une part, parce que le moteur électrique permet de réduire l’effort nécessaire lors des accélérations et donc de réduire par le fait même le niveau sonore, mais aussi parce que le couple du moteur électrique rend tout simplement la conduite plus agréable. Ajoutez à cela un gain de puissance (puissance maximale combinée de 219 chevaux), un rouage intégral encore plus performant et sans arbre de transmission, et vous avez là un véhicule technologiquement plus poussé, dynamiquement plus intéressant, et qui vous fait de surcroît épargner environ 25% de carburant par rapport à la version ordinaire. Le tout pour une facture plus élevée d’à peine 1 400 $.

Question consommation d’essence, il faut prévoir en moyenne autour de 8 litres aux 100 km avec la version ordinaire, et à peu près 6 litres avec l’hybride. L’essence super n’est pas requise, et sachez qu’avec une telle cote, le RAV4 hybride surpasse même celle d’un Mitsubishi Outlander PHEV si ce dernier roule plus de 90 kilomètres par jour sans recharge.

Des inconvénients à l’hybride?

L’hybride est aujourd’hui offerte en trois moutures, LE, XLE et Limited. Hélas, pas de version Trail. Néanmoins, il est possible d’opter pour un habillage sport proposant une peinture deux tons, des jantes peintes en noir, une suspension plus ferme et des baquets sport. Il n’y a donc aucun réel inconvénient à choisir la version hybride qui ne vous limite guère en matière de volume de chargement, et qui fait même grimper la capacité de remorquage à 1 750 lb (contre 1 500 pour la version ordinaire – exception faite la version Trail pouvant tracter 3 500 lb).

Photo: Antoine Joubert

Bref, à moins de vouloir mordicus opter pour la version Trail qui, j’en conviens, affiche une sacrée gueule tout en proposant de meilleures capacités, l’hybride est à mon sens un incontournable. Un véhicule qui surclasse ses rivaux en matière de performance, de consommation d’essence et de polyvalence, et qui fort probablement, sera plus fiable que la moyenne.

Cela signifie également une excellente valeur de revente, un point à ne pas négliger. Autrement dit, c’est sans doute le meilleur VUS compact que l’on puisse se procurer en 2019.

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