Imperium Motors : première impression fort convaincante

Avec la multiplication de véhicules électriques sur nos routes, ne soyez pas étonné de voir débarquer plusieurs nouveaux constructeurs automobiles, souhaitant jouer sur un territoire sur lequel certains fabricants plus traditionnels auront beaucoup de misère.

Ainsi, si Polestar constituait l’an dernier la nouvelle marque de VÉ, il faut cette année retenir le nom d’Imperium Motors. Une société qui importera dès décembre 2021 un véhicule chinois actuellement commercialisé sous le nom de Skywell SEV, mais qui portera chez nous l’emblème Imperium Motors.

En somme, cette entreprise proposera d’ici quelques années une gamme de véhicules électriques allant du vélo jusqu’au fourgon commercial, lequel sera d’ailleurs le second produit à toucher le sol nord-américain. Un produit directement dans la mire du Ford E-Transit, et qui promet une autonomie urbaine de 300 kilomètres lorsqu’à demi chargé.

En attendant son arrivée, Imperium Motors fonde beaucoup d’espoir sur le SEV. Un VUS compact dont le format se compare directement avec celui d’un Ford Escape ou d’un Honda CR-V, et qui, à défaut d’avoir les quatre roues motrices, promet une autonomie oscillant autour de 400 kilomètres. C’est qu’en fait, le SEV sera décliné en deux versions. Un modèle de base avec une batterie de 55 kWh, lequel aura approximativement 300 kilomètres d’autonomie, de même qu’une variante Premium, plus luxueuse et dotée d’une batterie de 72 kWh.

Consultez notre essai vidéo de l'Imperium ESV

C’est au Salon du véhicule électrique de Montréal - qui s'est tenu la fin de semaine dernière - que les Québécois ont pu l’apercevoir pour la première fois. En moins de trois jours, plus de 300 commandes ont été déposées par des visiteurs du salon, qui ont découvert cette formule tant attendue, mais que l’industrie ne proposait guère jusqu’ici. Celle d’un VUS compact 100% électrique, pratique et polyvalent, et dont le prix se compare directement à celui d’un véhicule équivalent à essence.

En effet, Imperium Motors étiquettera la version de base à 37 995 $ et la Premium à 44 995 $, montant duquel vous soustrairez les 11 307 $ (13 000 $ taxes incluses) de crédits gouvernementaux applicables. Grosso modo, des coûts nets avant taxes de 26 688 $ et 33 688 $, alors que le prix moyen d’un VUS compact à essence vendu au pays avoisine aujourd’hui les 34 000 $.

Photo: Antoine Joubert

Les enjeux d’un nouveau fabricant

Promettant dans la Belle Province l’implantation de trois concessionnaires d’ici la fin de l’année, ainsi que des dizaines de points de service pour effectuer les entretiens et pour honorer les garanties, Imperium Motors insiste sur la qualité du produit et le sérieux de son approche. Débarquant au même moment sur le marché américain, il compte tirer avantage de la lourdeur administrative des grands constructeurs pour attirer une clientèle ne souhaitant pas poireauter des mois avant de mettre la main sur le véhicule désiré. Le président de la division canadienne, Christian Dubois, mentionnait d’ailleurs avoir pour objectif de vendre 2 500 SEV pour 2022, ciblant d’abord les marchés du Québec et de la Colombie-Britannique, où le siège social de l’entreprise est situé.

Il n’est donc pas question d’une arrivée progressive et d’un « test » de marché, mais bien d’une entreprise qui semble bien préparée à faire face à la concurrence. Cependant, il faut pour cela que le produit soit convaincant. Et il m’aura suffi d’aborder le sujet pour que M. Dubois me propose d’en faire l’essai.

Équipé de la plus grosse des deux batteries, le prototype qui m’a été confié ne se conformait pas à toutes les normes canadiennes. Dépourvu de feux de jour, doté de rétroviseurs non conformes et d’une instrumentation centrale affichée en chinois (!), le SEV montrait clairement ses origines. En revanche, la qualité d’assemblage et de finition se compare à celle des grands constructeurs. Un véhicule généralement bien ficelé, abritant un environnement sobre et de bon goût, où les matériaux de belle facture font taire les mauvaises langues qui tourneraient le dos à un produit de cette origine.

Photo: Antoine Joubert

Spacieux et polyvalent, le SEV propose une position de conduite optimale et un équipement complet, à la lumière de ce que désirent les acheteurs nord-américains. Puis, bien qu’il ne me fût pas possible de naviguer à travers les menus de l’écran central en raison de la langue y étant affichée, la qualité graphique et la quantité des icônes laissaient présager le meilleur. Parmi les points à corriger, notons une assise de la banquette arrière repliable en une seule pièce. Également, le réglage de la colonne de direction n’offre que très peu de latitude.

Sur la route, le véhicule libère une puissance plus que suffisante et adopte un comportement honnête. Si la suspension un brin ferme à l’avant étonne initialement, le confort demeure néanmoins remarquable. Cela dit, la direction surassistée n’est que peu communicative, ne contribuant pas à une conduite aussi vive qu’avec une Chevrolet Bolt. Puis, bien que l’autonomie affichée fût de 426 kilomètres pour une charge à 88%, il faut s’attendre à une diminution drastique de celle-ci durant les mois d’hiver, considérant l’absence d’un système de thermorégulation de la batterie. Alors, 250, peut-être 275 kilomètres durant les mois d’hiver? Seul l’avenir nous le dira.

Photo: Antoine Joubert

Chose certaine, il nous faudra patienter encore quelques mois avant de mettre la main sur un véhicule de production prêt pour la vente, dont l’homologation devrait d’ailleurs se concrétiser d’ici quelques jours. D’ici là, l’entreprise dévoilera l’emplacement des concessions notamment prévues en périphérie de Montréal, ainsi que la date officielle de commercialisation.

À voir aussi: Le Guide de l'auto visite le Salon du véhicule électrique de Montréal

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