L’Acura NSX 2019 peut-elle rivaliser avec celle de 1991?

Points forts
  • Silhouette à couper le souffle
  • Sonorité impressionnante pour un moteur V6
  • Exclusivité assurée
Points faibles
  • Léger manque de caractère
  • Moins légendaire que le modèle de première génération
  • Trop peu de nouveautés pour 2019
Évaluation complète

Dans le cadre du lancement de l’Acura NSX 2019, une NSX 1991 était également présente. Inutile de préciser que la vieille âme qui sommeille en moi était maintes fois plus emballée par l’aînée de 28 ans que par le dernier poupon de la marque.

Subtiles nouveautés

Lancée en 2015 lors du Salon de l’automobile de Detroit, l’Acura NSX n’était pas due pour une refonte complète. Cela dit, la division de prestige de Honda a tout de même cru bon de lui apporter de subtiles améliorations – ici, « subtiles » est le mot-clé –­.

À la palette de couleurs s’ajoute cette année l’Orange Thermal. Étant donné que cette teinte qui rappelle la grosse boule qui règne sur Décarie est la plus belle, on ne s’en plaindra pas. Vraiment, vraiment pas.

Photo: Germain Goyer

Quant à l’habitacle, on peut maintenant le commander en bleu ou en rouge. Les moulures et appliques qui étaient noir mat sont désormais noir lustré – oui, vous avez bien lu ce détail d’une haute importance. Lors de la présentation de presse, on a annoncé en grande pompe que la nouvelle NSX allait maintenant être dotée de sièges électriques, ce qui n’était pas possible au cours des dernières. On ne peut être contre la vertu et l’amélioration, ça va. Mais vous auriez dû voir ma réaction lorsque j’ai pris place dans le modèle de 1991 et que j’ai constaté qu’elle était munie… de sièges électriques.

Afin de proposer un meilleur comportement routier, les suspensions ont aussi été raffermies. En ce qui concerne les pneus, les Conti SportContact 5P qui la chaussaient ont été remplacés par des Continental SportContact 6. Ok, c’est bien. Mais encore?

Bien qu’elle n’ait pas l’air dépassée sur le plan esthétique, on ne serait pas monté aux barricades si on lui avait apporté quelques changements. En raison de la subtilité des quelques améliorations apportées pour 2019, nul ne pourra différencier le modèle actuel du précédent.

Et sur circuit, qu’est-ce ça dit?

Si on ne s’attend pas à prendre le volant d’une brute qui va vous en faire voir de toutes les couleurs, l’Acura NSX a des chances de vous satisfaire.

Tout comme celle qui a vu le jour au début des années 90, la nouvelle NSX est animée par un V6. En revanche, on a laissé au passé le traditionnel moteur atmosphérique. En effet, ce véritable laboratoire ambulant est mû par un V6 biturbo de 3,5 L qui développe 573 chevaux et 476 livres-pied. Une seule boîte est offerte, soit une automatique à neuf rapports.

Photo: Germain Goyer

L’énergie déployée en freinage est emmagasinée grâce aux composantes du système hybride dont elle est dotée. Avouez que quand vous pensez à une voiture hybride, la NSX n’est pas la première à vous venir à l’esprit.

Essayée exclusivement sur la piste, la nouvelle NSX s’est avérée étonnamment civilisée. Un peu trop, en fait. Même si le mode Sport+, (le plus radical du lot) était engagé, je n’avais pas l’impression de contrôler les rênes d’un tigre affamé. J’avais plutôt l’impression de diriger un étalon bien dompté. Je ne le cacherai pas, j’aurais vraiment apprécié qu’elle soit plus rebelle…

En revanche, lors de l’expérimentation du départ canon, ou launch control comme on dit en chinois, nul ne peut rester indifférent. Le choc est saisissant!

Une compétition ultra féroce

Un peu comme Ford avec sa GT, Acura n’entend pas remplir les coffres de l’entreprise avec une voiture comme la NSX. Non. Tout bêtement, c’est une dépense de marketing. C’est le cas de la plupart des halo cars dont il a été question dans le plus récent podcast diffusé sur la plateforme QUB.

De l’aveu même d’un représentant des relations publiques, la NSX n’est pas rentable d’un strict point de vue comptable. Et il en serait de même pour les autres voitures de ce type. Souvenons-nous que Sergio Marchionne a signé l’arrêt de mort de la Viper car elle symbolisait des sorties d’argent pour le constructeur.

Même si elle est très spéciale, ceux et celles qui désirent acquérir une voiture sport dont le prix avoisine les 160 000 $ ont l’embarras du choix. On n’a qu’à penser à l’Audi R8, à la Chevrolet Corvette, à la Mercedes-AMG GT, à la Nissan GT-R et à la Porsche 911 GT3. L’éventail est presque aussi vaste qu’au buffet chinois.

Rendu là, la proportion de passion dans le processus d’achat dépasse largement celle de la raison.

Photo: Germain Goyer

Une histoire de cœur

Si j’avais hâte de rouler à vive allure au volant de la NSX 2019 autour d’un circuit, j’avais encore plus hâte de parcourir quelques kilomètres à bord de la NSX originale.

En revanche, je dois admettre que j’avais peur d’être déçu. Eh oui. Pour la même raison pour laquelle on craint de rencontrer notre idole par peur qu’il soit bête comme ses pieds.

Le mythe entourant ce premier supercar japonais est si grand que je me demandais s’il n’était pas surfait. N’oublions pas qu’Ayrton Senna, triple champion du monde de Formule 1, a participé à son développement. Ce n’est pas peu dire.

Laissant l’impression d’être tout droit sortie du concessionnaire, cette voiture de collection cumulait tout de même 83 000 milles. Autant à l’extérieur qu’à l’intérieur, elle était immaculée.

Une fois assis à bord, impossible de ne pas avoir le sourire aux lèvres. À l’avant, on peut admirer les phares escamotables et dans le rétroviseur central, c’est le superbe aileron arrière que l’on voit. En ce qui a trait au tableau de bord, il ne peut renier sa période de fabrication. En bref, il est tout noir et ses nombreux petits boutons sont clinquants.

Dès les premiers tours de roue, il était déconcertant d’observer à quel point elle se conduisait comme une neuve. Évidemment, en raison de sa rigidité et de son âge, j’ai perçu quelques bruits de craquement de caisse.

Sous son maigre capot arrière loge un moteur V6 de 3,0 L qui génère 270 chevaux-vapeur. Lorsqu’il révolutionne jusqu’à 8 000 tours/minute, je ne l’échangerais même pas contre Phil Collins – vous pouvez remplacer « Phil Collins » par le nom de votre artiste préféré.

Alors que j’appréhendais une pédale d’embrayage ferme comme les biceps d’un culturiste, j’ai été étonné de constater sa souplesse et sa convivialité en comparaison avec d’autres voitures à caractère sportif de la même période que j’ai pu conduire. Quant aux rapports de la boîte de vitesse manuelle, le débattement est très court.

En somme, j’avais peur d’être déçu et ç’a été tout le contraire. Cet authentique retour dans le passé au volant de cette vieille NSX a largement dépassé mes attentes qui étaient tout sauf basses.

La NSX d’aujourd’hui n’est pas mauvaise, mais l’originale demeure la vraie vedette.

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