Lexus RX 350 F SPORT 2018 : quand le mathématicien tente de jouer au football

Points forts
  • Habitacle confortable et silencieux
  • Qualité d'assemblage miticuleuse
  • Fiabilité établie
Points faibles
  • Système multimédia à revoir
  • Performances sobres
  • Ensemble F SPORT dispendieux et superflu
Évaluation complète

Le Lexus RX n’est pas un VUS de luxe sportif. Pourtant, on a tout de même collé les écussons F SPORT sur sa carrosserie aérodynamique. J’imagine que c’est une stratégie pour attirer les consommateurs dans les salles d’exposition. Le pire, c’est que ce genre de pratique fonctionne, car elle s’effectue également chez ses concurrents, comme le BMW X3 M40i, par exemple. Mais contrairement au BMW, qui est réellement plus compétent en matière de performances que le X3 xDrive30i à moteur quatre cylindres, chez Lexus, la déclinaison F SPORT ne fait qu’ajouter un peu de bling-bling à un VUS autrement très linéaire.

Le court

Cette année, on a droit à un nouveau RX avec empattement allongé de 11 cm afin d’y accommoder une troisième banquette. Ainsi, le RX peut enfin affronter des VUS sept passagers de luxe comme l’Acura MDX ou l’Infiniti QX60, mais le résultat final est plutôt décevant, car on n’obtient pas nécessairement l’espace souhaité.

Nous allons donc nous concentrer sur le modèle à empattement standard, qui positionne le RX confortablement dans sa catégorie, celle des véhicules multisegments de luxe, un segment qu’il a presque inventé lors de son arrivée en 1999. Et même si sa formule de base n’a pas réellement changé depuis, on l’apprécie pour sa douceur de roulement impeccable, son habitacle hautement bien insonorisé, sa qualité d’assemblage exemplaire et sa fiabilité établie. D’ailleurs, les consommateurs semblent, eux aussi, aimer ses qualités, car le RX s’est garé devant le domicile de plus de 117 000 consommateurs nord-américains l’an dernier.

Le RX 350 est l’une de deux déclinaisons proposées, laquelle est animée par un V6 atmosphérique de 3,5 litres. C’est un moteur increvable et ultradoux que Toyota/Lexus glisse sous le capot de plusieurs de ses véhicules. Ici, il développe 295 chevaux et un couple de 267 lb-pi. Seule une boîte automatique à huit rapports est offerte et la transmission intégrale figure de série pour le marché canadien.

Une déclinaison hybride, le RX 450h, est également disponible, mariant ce même V6 à un petit moteur électrique pour une puissance totale de 306 chevaux et une consommation d’essence promise de 8 L/100 km en conduite mixte ville/route.

Photo: William Clavey

Sans artifice

Le RX 350 à essence n’est pas nécessairement plus énergivore que l’hybride. On a été ravi d’enregistrer une consommation mixte de 10,4 L/100 km, ce qui est bon pour le segment, sans être extraordinaire. En fait, on observe la même chose sur plan de la mécanique entière du véhicule; le RX 350 n’est pas prompt, sans pour autant être lent. Les accélérations sont correctes et sa tenue de route axée sur le confort et la sécurité n’est pas désagréable, mais il devient vite maladroit lors d’une conduite plus animée. Tout est monotone, un véhicule conservateur, sans éclat ni artifices.

C’est intrigant, car avec son apparence ultramoderne, voire presque choquante, on s’attend à quelque chose d’un peu plus piquant sous le capot. Hélas, non, c’est du bon vieux Toyota « plate » – au moins, on sait qu’il va durer longtemps!

Que l’on aime ou non l’énorme grille de style « prédateur », elle fait jaser et permet, depuis quelque temps, aux produits Lexus de s’affirmer via une apparence tout à fait singulière. Enfin, le constructeur s’est débarrassé de l’étiquette de « voiture de mononcle »! À l’intérieur, j’ai trouvé la planche de bord moderne et stylisée plutôt attrayante. Les jauges semi-numériques, semi-analogiques qui changent de couleurs lorsque l’on active les modes Sport et Sport + font jeunes et cool. Et que dire des sièges en cuir immensément confortables? Ils sont parfaits!

Le seul véritable bémol dans cet habitacle, c’est son système multimédia désastreux, un élément flagrant dans tous les produits Lexus. En plus de disposer d’une interface dépassée et complexe, le système n’incorpore toujours pas Android Auto / Apple CarPlay. Le pavé tactile que l’on a placé sur la console centrale pour le manipuler demeure peu intuitif et fâchant à utiliser. Gens de Lexus, il est grand temps de revoir votre système…

Photo: William Clavey

Et quand on soulève le hayon d’un Lexus RX (sans la troisième banquette), on remarque, encore une fois, un coffre relativement spacieux (509 litres), sans nécessairement déclasser les autres. L’Audi Q5 (764 litres) et le Volvo XC60 (622 litres) sont plus volumineux, et ce, même une fois la banquette rabaissée au plancher.

Alors, comment fait-il pour si bien se vendre s’il n’est pas meilleur que les autres? Toyota/Lexus a compris que tant et aussi longtemps qu’un véhicule demeure fidèle à son propriétaire, il sera apprécié. Et ces propriétaires satisfaits reviendront en acheter un autre. Rappelons-le, Lexus est l’un des constructeurs les plus fiables de la planète à l’heure actuelle. En outre, le niveau de confort et la qualité d’assemblage de ses véhicules sont dignes de mention, des éléments attrayants pour n’importe quel consommateur.

Photo: William Clavey

Ainsi, en dépit des écussons F SPORT apposés sur sa carrosserie, le Lexus RX n’est pas un athlète et on se rend rapidement compte que malgré les énormes sommes d’argent dépensées pour un tel habillement, le RX demeure le VUS de luxe rationnel du lot. Après tout, il en faut un, et celui-ci accomplit sa mission comme un chef!

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