Lexus RC 2018 : hors cible

Points forts
  • Belle carrosserie
  • Qualité d’assemblage sans reproche
  • Réputation de fiabilité et valeur de revente
Points faibles
  • Habitacle peu spacieux et inconfortable
  • En manque de sophistication par rapport à ses rivales
  • Interface du système multimédia détestable
Évaluation complète

Lorsqu’une marque de luxe introduit une nouvelle berline compacte, et dans ce cas-ci, un coupé compact, le véhicule se fait inévitablement et immédiatement comparer aux BMW Série 3 et Série 4, à la Mercedes-Benz Classe C et aux Audi A4 et A5. Ces voitures allemandes sont bien finies, rapides et disposent d’une belle dynamique de conduite. Elles mettent la barre bien haute pour tout constructeur qui souhaite accaparer une part du marché.

C’est tout un défi pour des compagnies telles que Lexus, Infiniti, Acura et Cadillac, qui proposent elles aussi des modèles de taille compacte, avec un certain succès. Chez Lexus, la IS est en vente au Canada depuis presque 20 ans, mais c’est récemment, avec la première génération de la RC apparue pour le millésime 2015, que la marque tente de tirer à boulets rouges sur les coupés bavarois.

La Lexus RC 2018 partage bon nombre de composants avec la berline IS. Au Canada, elle n’obtient pas la motorisation de base de cette dernière, soit un quatre cylindres turbo de 2,0 litres avec 241 chevaux. Pas de problème, puisque celui-ci ne peut être jumelé à un rouage intégral. Notre déclinaison de base se trouve donc à être la RC 300 AWD, équipée d’un V6 de 3,5 litres développant 260 chevaux, alors que la RC 350 AWD profite du même moteur, mais avec tous les brûleurs allumés pour produire 311 chevaux.

Lexus qualifie les performances du coupé RC comme étant exaltantes, mais on va plutôt dire qu’elles sont divertissantes. La RC 350 essayée était rapide, bien entendu, mais sans le couple généreux à bas régime que nous adorons dans les moteurs turbocompressés de la concurrence, son V6 atmosphérique n’est pas aussi enivrant. En revanche, il sera sans doute plus fiable au fil du temps que les moteurs survitaminés et plus sophistiqués. La RC 350 émet même une belle sonorité à plein régime, jusqu’à ce que l’on réalise qu’elle est équipée de ce que la marque appelle Contrôle sonore actif, ou ce que l’on qualifie de grognement de moteur factice. La plupart des gens ne remarqueront pas la différence ou s’en balanceront.

Photo: Michel Deslauriers

La boîte automatique à six rapports fonctionne comme un charme – pour une automatique à six rapports. Elle aiguise ses réflexes lorsque les modes Sport et Sport+ sont activés, mais pour le reste, elle est programmée pour l’économie de carburant et la douceur avant tout. Lors de notre essai, on a effectué un trajet aller-retour Montréal-Toronto, durant lequel on n’a pu abaisser la consommation en dessous de 10 L/100 km, et l’essence super est exigée. En comparaison, un coupé BMW 440i xDrive avec le six cylindres turbo consomme deux litres de moins sur la grand-route que le coupé RC 350 – 7,5 L/100 km contre 9,8.

L’habitacle de la Lexus RC 2018 est petit. C’est un coupé, on le sait, et on ne devrait pas critiquer les coupés compacts pour ça, mais il y a très peu d’espace pour s’étirer dans la RC. Les occupants arrière devront préalablement s’inscrire à une session de Pilates avant d’espérer monter à bord de la voiture et s’en extirper. Les passagers à l’avant sentiront leurs chevaux frotter contre le pavillon du toit, à moins d’incliner les dossiers des sièges au point de les inciter à s’endormir. Le pire, c’est la bosse dans le plancher tout juste devant l’accélérateur, forçant le conducteur à soit conduite avec la pointe du pied, soit reposer le bout de la jambe sur ladite bosse – qui risque d’être drôlement sale en hiver.

« Conduis-tu une Lexus par hasard? Une IS ou une RC, peut-être? »

« Oui, justement! Comment as-tu deviné? »

« Par ta jambe de pantalon droite sale. »

« (jurons étouffés) »

Autrement, le design intérieur de la RC est de bon goût, la qualité d’assemblage et des matériaux choisis est impeccable, bien que typiquement Toyota/Lexus, on assiste à un choc d’une foule de textures et de motifs différents. Les boutons arborent tous des formes et des tailles différentes, alors que la jauge motorisée et coulissante servant d’indicateur de vitesse ou de tachymètre, selon le mode de conduite choisi, est un gadget sans être réellement utile.

Quant au système multimédia, il est sérieusement compromis par son pavé tactile. Ce dernier fonctionne bien sur un ordinateur portable, mais dans une voiture en mouvement, alors que l’on cherche à rester concentré sur la route devant, c’est une autre histoire. Utiliser le système en conduisant est à la fois distrayant et frustrant. L’intégration Apple CarPlay et Android Auto n’est pas disponible, et même si l’écran multimédia était tactile, il est hors de portée. Les glissières pour régler la température ne sont pas faciles à utiliser non plus, et les boutons d’intensité de la ventilation sont petits. Vive la fonction automatique du système de climatisation!

Photo: Michel Deslauriers

Malgré ses défauts, la Lexus RC 2018 possède ses qualités. Elle est belle sous à peu près tous les angles, et l’on recommande fortement d’opter pour l’ensemble F-SPORT dans le RC 300 – qui est toutefois inclus avec la RC 350. Il ajoute une pléthore d’équipements de confort et de commodités ainsi qu’une suspension adaptative et des roues de 19 pouces. Et le Contrôle sonore actif…

On se retrouve avec un coupé compact qui coûtera près de 60 000 $, excluant les frais de transport et de préparation, alors que notre RC 350 à l’essai se détaillait à 63 250 $. Une somme considérable, et pourtant, c’est moins cher que les rivaux dotés d’un équipement similaire. Ces rivales – la BMW 440i xDrive, l’Audi S5 et la Mercedes-AMG C 43 4MATIC – sont plus puissants, plus athlétiques et plus sophistiqués que la Lexus. Il y a aussi le coupé RC F et son V8 de 467 chevaux, mais se vendant près de 90 000 $, il est plus dispendieux que la BMW M4, l’Audi RS 5 et la Mercedes-AMG C 63, trois machines passablement plus désirables.

D’une autre côté, l’avantage de la RC brillera comme un néon dans cinq ou dix ans, lorsque la valeur de revente des coupés allemands aura sérieusement déprécié et qu’ils coûteront plus cher à entretenir.

On cherche un achat à long terme? Il faut jeter un coup d’œil à la Lexus RC avant de signer pour l’une de ses concurrentes. Autrement, les BMW, Audi et Mercedes seront de meilleurs choix pour une relation à court terme.

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