Dodge Durango 2021 : un dinosaure qu'on adore

Points forts
  • Look d'enfer
  • Performances remarquables
  • Poste de conduite modernisé
  • Capacités de remorquage
Points faibles
  • Qualité d'assemblage ordinaire
  • Conception vieillotte
  • Consommation gargantuesque
  • Facture au détail indécente
Évaluation complète

Depuis la disparition du Dodge Journey, le Durango est aujourd’hui le seul VUS de la famille Dodge. Une drôle de constatation, considérant que rares sont les marques qui proposent plus de voitures que de VUS.

Maintenant, il est difficile de comprendre où se dirige vraiment la division Dodge, qui perdait aussi cette année sa populaire Grand Caravan. Ne reste donc que le duo Charger/Challenger ainsi que le Durango qui, vous l’aurez compris, devient par défaut le modèle de masse de cette division.

En attendant de découvrir le sort que réserve la nouvelle société Stellantis à Dodge, on fonde beaucoup d’espoir envers le Durango. Un véhicule qui, depuis nombre d’années, demeure stable au chapitre des ventes, bien que plusieurs unités soient reléguées aux parcs de location à court terme. Néanmoins, entre 75 000 et 80 000 exemplaires de ce modèle trouvent preneur chaque année en Amérique du Nord, les ventes ayant chuté d’environ 19% en 2020, suivant tout naturellement la tendance du marché affecté par la pandémie.

Sous cette forme, le Durango fête sa onzième année d’existence. Une constatation surprenante considérant qu’il s’agit encore de l’un des VUS les plus aguichants sur le plan esthétique. Bien sûr, au fil des ans, Dodge a su renforcer son caractère, embellissant sa robe grâce à quelques coups de crayon… et un renflement de capot! Puis, parce que Dodge a pris une direction de plus en plus axée sur la performance, on a multiplié les versions musclées. Avec l’arrivée en 2020 de la variante SRT (475 chevaux) puis du nouveau modèle Hellcat pour 2021 (710 chevaux), le Durango se veut assurément le plus intimidant de tous les VUS intermédiaires à sept passagers du marché.

Photo: Antoine Joubert

En fait, il est difficile de comparer le Durango à ses véritables rivaux. Parce que rares sont les acheteurs qui hésiteraient entre un Honda Pilot, un Mazda CX-9, un  …et un Dodge Durango! Même les acheteurs de Ford Explorer ne le considèrent pas, la proposition de Dodge et de Ford prenant des directions totalement opposées.

Par exemple, l’Explorer récemment renouvelé fait appel à des quatre cylindres turbocompressés, à de petits V6 ainsi qu’à l’hybridation. Tout ce que Dodge n’a pas. En fait, le moteur de base du Durango demeure sans surprise le V6 de 3,6 litres Pentastar, lequel produit 293 chevaux, pour une moyenne de consommation avoisinant les 11 L/100 km. Un moteur fiable, éprouvé et peu coûteux en entretien, et qui se contente d’essence ordinaire. Venant de série dans les versions SXT, GT et Citadel, il s’agit de la seule option « raisonnable » des quatre mécaniques proposées.

En effet, le Durango donne aussi un choix de trois moteurs V8. Un facteur de différenciation marqué puisqu’aucun autre véhicule de la concurrence ne propose de telles options mécaniques. Cela lui permet d’ailleurs d’afficher la meilleure capacité de remorquage du segment, atteignant 8 700 lb.

Photo: Antoine Joubert

Trois V8!

En ordre décroissant de puissance, le Durango s’amène donc avec - comme grande nouveauté pour 2021 - cette version SRT Hellcat qui, vraisemblablement, ne sera là que pour un an. Un monstre de 710 chevaux qui reprend bien sûr la mécanique des Charger/Challenger/Grand Cherokee/Ram TRX, soit un V8 suralimenté de 6,2 litres. Une motorisation permettant au Durango de se catapulter de 0 à 100 km/h en 4 secondes, offrant du coup un spectacle enlevant doublé de frémissants effets sonores.

Maintenant, l’acheteur d’un « simple » Durango SRT de 475 chevaux n’est pas en reste, profitant d’un gigantesque V8 de 6,4 litres qui, lui aussi, peut faire preuve de comportements violents. Puis, comme V8 « d’entrée de gamme », le moteur HEMI de 5,7 litres et 360 chevaux, dont la réputation n’est plus à faire.

Photo: Antoine Joubert

C’est au volant d’une variante R/T équipée de ce V8 que se déroulait notre essai. Une mouture également dotée d’un nouvel ensemble de performance baptisé Tow N Go, lequel transforme un véhicule normalement confortable en une bête de performance. En fait, le véhicule profite d’une suspension nettement plus ferme, d’une direction plus lourde et d’un échappement sport qui donnent carrément l’impression de passer à une version SRT. S’ajoutent à l’ensemble des amortisseurs adaptatifs, un système 4x4 Quadra-Drive plus performant ainsi qu’un système de réduction actif du bruit, lequel ne semble être d’aucune utilité.

Évidemment, le vrombissement du V8 ainsi que le comportement plus sportif incitent à une conduite plus animée, expliquant sans doute la moyenne de consommation enregistrée à 16,7 L/100 km. Une moyenne qui fait mal, mais qui dans une conduite plus tranquille, pourrait davantage se situer entre 14 et 15 L/100 km. Oui, ça fait beaucoup d’essence! Voilà pourquoi plusieurs opteront pour le V6 qui, tout compte fait, demeure une option très intéressante.

Photo: Antoine Joubert

Profitant de quelques retouches esthétiques à la partie avant, aux phares et au bouclier arrière, le Durango cache sous sa jolie robe une structure qui commence sérieusement à dater. En fait, sa plate-forme est dérivée de celle du Jeep Grand Cherokee qui, elle, provient du Mercedes-Benz ML de seconde génération. Plusieurs rumeurs évoquaient pourtant l’arrivée en 2021 d’un châssis à échelle pour ce véhicule, lesquelles ont rapidement été atténuées. Or, il est clair que le Durango, lors de son renouvellement prochain, pourrait gagner en volume pour utiliser la structure du Ram 1500, que Jeep exploite désormais pour les Wagoneer/Grand Wagoneer récemment dévoilés.

Photo: Antoine Joubert

Vu de l’intérieur

Parmi les nouveautés d’importance du Durango 2021 figure le poste de conduite entièrement revu et plus moderne que jamais. Avec une partie centrale orientée vers le conducteur, une console centrale plus pratique et surtout, avec un écran tactile de 10,1 pouces, nettement plus intéressant que celui du Ram 1500. Selon la version, les contrastes des couleurs et surpiqûres créent une ambiance jamais vue dans un produit de la marque, malgré que la finition ne soit pas encore irréprochable.

Bien que le Durango soit conçu pour la famille, ne pensez pas y retrouver le confort et la polyvalence d’un rival comme le Honda Pilot ou le Chevrolet Traverse. On n’y manque certainement pas d’espace, mais l’accès à la troisième rangée nécessite des contorsions alors que le confort en prend pour son rhume. Mais les baquets avant, fermes et sans support, pèchent à ce chapitre par rapport à la concurrence.

Photo: Antoine Joubert

Il existe évidemment un monde de différence entre une version SXT ou GT et un modèle SRT Hellcat dont le prix de départ avoisine les 115 000 $. Or, de tous les VUS intermédiaires du marché, le Durango est certainement le choix le plus irrationnel que l’on puisse effectuer. Du moins, à première vue. Conception vétuste, consommation élevée, polyvalence de l’habitacle discutable, etc. Puis, il faut aussi s’attarder à la facture, laquelle fait dresser les poils sur les bras. À preuve, celle du véhicule d’essai dépassait le seuil psychologique des 80 000 $! Eh oui. Un prix qui, en tenant compte des incontournables rabais de FCA, allait toutefois se voir réduit à un peu plus de 72 000 $. En somme, une facture qui dépasse largement celle du plus équipé des Ford Explorer ST (400 chevaux) avec lequel on pourrait le comparer. 

Photo: Antoine Joubert

Irrationnel, vous dites? Absolument. Or, bien que la vente au détail soit toujours la meilleure des options, le plan d’affaires de Dodge avec le Durango cible davantage les ventes commerciales. En d’autres termes, des rabais « parc » sont accordés à des entreprises de location ou à des concessionnaires qui feront de la location maison, surtout sur des modèles R/T, pour ensuite les vendre comme modèles d’occasion.

Voilà donc pourquoi les options les plus intéressantes se trouvent dans le marché d’occasion, où des modèles 2019 et 2020 se négocient à des prix nettement plus raisonnables. Maintenant, comprenez aussi qu’une grande partie des Durango vendus au Canada prennent rapidement le chemin des États-Unis après seulement six mois de carrière, puisque les concessionnaires qui effectuent de la location maison y voient un profit plus intéressant, sans nécessiter de garder ces véhicules en stock pour une trop longue période.

Photo: Antoine Joubert

Alors, acheter un Durango chez un concessionnaire à prix courant? Ce n’est certainement pas la meilleure des idées. Du moins, sur le plan financier. En revanche, effectuer une location maison de six mois ou un an chez certains d’entre eux, en profitant des rabais « parc », pour ensuite en effectuer le rachat en modèle d’occasion, peut être une avenue intéressante.

Terminons en mentionnant que la qualité du Durango s’est beaucoup améliorée au fil des ans. Vous n’aurez peut-être pas la tranquillité d’esprit acquise avec un Toyota Highlander, et devrez composer avec une qualité d’assemblage parfois inégale. Cela dit, les risques de vivre des histoires d’horreur comme celles que l’on entend du côté de Ford avec le nouvel Explorer sont drôlement plus faibles.

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