Maserati Ghibli - Ce que l'Allemagne ne fait pas...

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2020

Vous avez 90 000 $ à mettre sur une voiture? Alors, vous avez probablement 99 000 $! Voilà pourquoi Maserati Canada éliminait pour 2019 l’offre de la version « de base », laquelle proposait un V6 de 345 chevaux sans rouage intégral, coûtant tout près de 90 000 $. On ne se concentre donc désormais que sur la version S Q4, nettement plus convaincante.

L’an dernier, 34 Québécois se sont procuré une Ghibli neuve. Essentiellement, trois ventes par mois. Une chute de 56% par rapport à 2017, qui s’explique sans doute par l’arrivée de l’utilitaire Levante. Or, pour ces acheteurs, c’est une bonne nouvelle. Parce que rareté est synonyme d’exclusivité, un aspect clairement recherché par celui qui jette son dévolu sur ce bolide.

Une affaire de cœur

Ne regardez pas la Ghibli d’un œil analytique. Et ne tentez pas une comparaison pragmatique avec une berline allemande. Parce qu’à presque tous les niveaux, les BMW M550i xDrive ou Mercedes-AMG E 53 4MATIC viennent lui damer le pion. Presque, parce que la Ghibli possède un charme et une personnalité débordante d’authenticité. Une saveur italienne assurément plus séduisante que celle de ses rivales, certes compétentes, mais peut-être un peu trop parfaites! Et puis, il y a sa robe, qui demeure l’une des plus élégantes du segment. Une ligne caractérisée par un long devant plongeant, intimidant, et qui malgré son âge, ne vieillit pas.

Maserati propose trois habillages pour la Ghibli, soit de base, GranSport et GranLusso. Une formule reprise par Alfa Romeo pour l’élégante Giulia. Or, dans le cas de Maserati, il ne s’agit que d’une question esthétique, sans impact sur les performances. Un habillage plus dynamique comprenant becquet avant, étriers de frein rouges et diffuseur arrière pour la GranSport, alors que la GranLusso joue une carte plus classique définie par diverses touches de chrome.

À l’intérieur, la plus récente addition se nomme Pleine Fleur. Pieno fiore en italien, se traduisant aussi en un cuir de haute couture, très souple et entièrement naturel, lequel crée une ambiance riche et qui éveille les sens olfactifs. La présentation y est donc remarquable, considérant de surcroît la superbe instrumentation sur fond bleuté ainsi que cette traditionnelle horloge analogique juchée au centre de la planche de bord. Mentionnons au passage que Maserati a grandement amélioré la qualité d’assemblage de ses habitacles. Une constatation notée lors de nos plus récents essais. Certes, nous sommes encore une fois bien loin d’une finition comparable à celle de la nouvelle Audi A6, mais disons que l’on a sérieusement resserré les boulons depuis l’arrivée du modèle en 2014.

Le meilleur de Chrysler

À quoi bon développer une interface et un système multimédia exclusif à Maserati, alors que FCA possède le système Uconnect, l’un des meilleurs de l’industrie? Un dispositif efficace, facilement activable par commande vocale, et qui intègre Apple CarPlay et Android Auto. Certes, on pourrait ainsi se moquer du fait que l’on obtient ici le même système qu’à bord d’un Ram 1500, tout comme en ce qui concerne les commutateurs de vitres et le levier des essuie-glaces. Or, encore fois, ça marche! Maserati exploite même diverses technologies de sécurité empruntées à Chrysler telles la détection de piétons ou la conduite semi-autonome, autre avantage de cette association.

Soyez toutefois sans crainte, le V6 se trouvant sous le capot n’a rien d’un Pentastar! Il s’agit plutôt d’un moteur maison, un 3,0 litres biturbo de 424 chevaux qui, jumelé à la boîte ZF à huit rapports, livre des performances remarquables. La puissance y est, le couple aussi. Et pour le son, c’est l’extase! En outre, l’absence d’un réel délai à l’accélérateur comme du côté des voitures allemandes ajoute au plaisir de conduire et à la vivacité de la voiture. On y retrouve d’ailleurs une conduite à la carte qui permet une balade en tout confort ou un comportement réellement dynamique, en modifiant les traditionnels paramètres de suspension, direction, boîte de vitesses et de gestion de la puissance. Et, bonne nouvelle, la direction est ici précise, ne nécessitant pas de constante correction comme le Levante.

Maintenant… son prix. Entre 100 000 $ et 120 000 $ selon les options choisies. Une facture affolante, surtout considérant la forte dépréciation et le fait que la concurrence mieux établie soit tout simplement moins chère. Et pour la fiabilité… ouais, bon, un coup de dés. Comme pour les bagnoles allemandes d’ailleurs! Consolez-vous toutefois avec l’entretien inclus pendant quatre ans, ce qu’offriront également certaines rivales. Alors oui, il existe mieux dans le segment. Par exemple, une Tesla Model S, plus rapide, plus techno et juste un peu moins gourmande! Or, pour réjouir les cinq sens, comme c’était le cas du désormais défunt coupé GranTurismo, la Ghibli est difficile à battre.

Feu vert

  • Ligne sublime
  • Sonorité et puissance du moteur
  • Comportement routier inspirant
  • Cuirs somptueux

Feu rouge

  • Facture indécente
  • Technologiquement en retard sur la concurrence
  • Dépréciation catastrophique

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