Ford Escape 2020 : un VUS de son temps

Points forts
  • Moteur 2,0 L performant
  • Intérieur spacieux
  • Coffre volumineux
Points faibles
  • Moteur 2,0 L gourmand
  • Seuils de portes élevés
  • Freinage difficile à moduler
Évaluation complète

Depuis 20 ans, le Ford Escape compte parmi les utilitaires compacts favoris des Canadiens. Pour 2020, il se renouvelle de fond en comble et propose une variété de motorisations, dont deux hybrides.

Le Ford Escape est un pur produit du 21e siècle. Apparu en 2001, à l’aube d’un millénaire marqué par un changement radical des habitudes d’achat des consommateurs, il est rapidement devenu un favori de sa catégorie.

Aujourd’hui, au Canada, les utilitaires compacts ont largement remplacé les automobiles jusqu’à devenir les véhicules les plus vendus. L’Escape, pour sa part, occupe actuellement le troisième rang de son créneau au palmarès des ventes derrière deux champions japonais : le Toyota RAV4 et le Honda CR-V, des utilitaires qui le devancent de loin, lui et ses autres rivaux.

L’arrivée d’un Escape tout neuf pourrait cependant changer la donne, dans une certaine mesure du moins. Après tout, le modèle 2020, qui inaugure la quatrième génération de ce produit Ford, se distingue par une silhouette fort élégante faisant fi des formes anguleuses de l’ancien modèle; une silhouette qui n’est pas sans rappeler le Porsche Macan d’ailleurs.

Cet utilitaire offre aussi un choix de motorisations incluant désormais deux versions hybrides, une technologie mise de côté par Ford au moment de lancer la génération antérieure de l’Escape, en 2012.

Nouvelle plateforme

Ce nouveau venu partage une plateforme moderne appelée C2 avec la nouvelle Focus, un modèle qu’on n’aura pas, le Kuga, jumeau européen de l’Escape, et le Lincoln Corsair, une nouveauté qui se substitue au MKC.

Comparativement à l’Escape qu’il remplace, le modèle 2020 a des dimensions très similaires. L’empattement du châssis n’a gagné que 20 mm, alors que la carrosserie est marginalement plus longue (+61 mm), plus large (+43 mm) et plus basse (-4 mm).

Le constructeur fait miroiter un espace intérieur plus généreux pour les passagers. C’est le cas, mais les gains observés sont, là aussi, plutôt limités. Le dégagement supérieur au niveau des jambes des places arrière (+39 mm) constitue sans doute l’amélioration la plus significative à ce chapitre.

Par ailleurs, on dénote une légère diminution de volume utile du coffre des modèles à moteur thermique, de 2 à 4% selon l’usage que l’on fait de la banquette arrière. Rien d’important là, donc, puisque l’Escape a un coffre relativement volumineux. Même constat pour ce qui est du coffre moins volumineux des versions hybrides. L’écart entre les modèles thermiques et hybrides est d’environ 10%. C’est peu, si bien qu’on ne le remarque pas à l’usage.

Photo: Ford

Deux moteurs turbo

Assemblé à Louisville, dans le Kentucky, cet utilitaire peut recevoir diverses motorisations : des moteurs suralimentés à essence et des motorisations mixtes à essence et électricité.

Les versions les plus abordables, qu’on appelle Escapes S, SE et SEL, sont livrées avec une évolution du 4-cylindres turbo de 1,5 L utilisé pour l’Escape 2019. Ce moteur EcoBoost de 181 ch (+2 ch) livre 190 lb-pi de couple à régime moyen, soit 13 lb-pi de plus que l’ancien moteur.

L’amateur de performance optera plutôt pour l’Escape Titanium, le modèle le plus cossu auquel on réserve une nouvelle version du 4-cylindres EcoBoost de 2,0 L. Fort de ses 250 ch (+5 ch), il produit 280 lb-pi de couple, soit 5 de plus qu’en 2019. Autant de couple explique sa vivacité quelque soit le régime : il peut accélérer de 0 à 100 km/h en 7 s environ, soit deux de moins que l’autre EcoBoost.

Photo: Ford

Offert en guise d’option pour l’Escape SEL, au coût de 4 350 $, ce moteur de 2,0 L procure des performances satisfaisantes, certes, mais au prix d’une consommation 10% plus élevée. Voilà ce que suggèrent les cotes moyennes publiées par ÉnerGuide : 8,3 L/100 km pour le moteur de 1,5 L et 9,1 L pour le moteur de 2,0 L. La cote moyenne du moteur de 2,0 L, que nous avons d’ailleurs égalé lors d’un essai, révèle un côté gourmand indéniable, surtout à l’effort. Ce constat s’avère plus irritant encore lorsqu’on réalise qu’il faut faire le plein, tout comme pour l’autre moteur, avec du carburant super plus coûteux, à la recommandation du constructeur.

Pour contenir un peu la consommation de ces moteurs, Ford a d’ailleurs opté pour une nouvelle boîte de vitesses automatique à 8 rapports. À cela s’ajoute un dispositif d’arrêt-démarrage automatique au ralenti, qui, avouons-le, manque un peu de discrétion.

Force est d’admettre que certains acheteurs attacheront plus d’importance à la capacité de remorquage de 1 587 kg que procure le moteur de 2,0 L (avec l’ensemble de remorquage de classe II de série) qu’à sa consommation relativement élevée. Le moteur de 1,5 L, lui, limite la capacité de remorquage à 907 kg.

Hybrides en deux temps

Le nouvel Escape célèbre aussi le retour des motorisations mixtes (essence/électrique) au sein de sa gamme. D’ailleurs, Ford en proposera bientôt deux plutôt qu’une ! Dans chaque cas, on a recours à une variante à cycle Atkinson du moteur atmosphérique de 2,5 L bien connu. Ce moteur est jumelé à une boîte automatique à variation continue et à un moteur électrique de 88 kW (117 ch).

Pour l’hybride ordinaire, le moteur électrique est alimenté par une batterie au lithium-ion de 1,1 kWh. Logée sous le plancher du véhicule, elle a des dimensions environ trois fois moins importantes que la batterie de 2,1 kWh utilisée pour le premier Escape hybride, commercialisé à partir de l’automne 2004. En outre, cette motorisation se contente de moins de 6 L/100 km, ce qui représente un gain substantiel d’environ 30% comparativement aux Escape à moteur traditionnel. Cette consommation attrayante n’est toutefois pas gratuite, puisque cette version hybride reçoit la dotation d’un Escape Titanium.

L’Escape hybride rechargeable, pour sa part, dispose d’une batterie de 14,4 kWh lui permettant de parcourir près de 50 km en propulsion électrique. La recharge de cette batterie nécessitera jusqu’à 3,5 heures en utilisant une borne de recharge de 240 v, ou encore de 10 à 11 heures avec une prise murale de 120 v et le chargeur de niveau 1 fourni par Ford.

Photo: Ford

L’Escape hybride ordinaire est déjà en vente au pays, alors que l’hybride rechargeable fera son entrée chez les concessionnaires canadiens de la marque durant le printemps. De plus, ce dernier sera offert en versions SE, SEL et Titanium à des prix qui n’ont pas encore été annoncés.

Notons enfin que l’hybride ordinaire peut avoir deux ou quatre roues motrices, alors que l’hybride rechargeable ne sera proposé qu’avec des roues motrices avant. Tous les deux, par contre, offrent une capacité de remorquage de 680 kg. Voilà autant d’attributs qui font du nouvel Escape un véhicule de son temps !

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