Maserati Ghibli 2019: Pouvoir de séduction

La Ghibli possède un pouvoir de séduction indéniable, mais son achat et son entretien seront loin d’être abordables.

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2019

Lorsqu’on s’achète une berline intermédiaire de luxe, on recherche évidemment une voiture bien équipée, dotée d’un habitacle somptueusement fini et propulsée par une motorisation puissante et raffinée. Plusieurs d’entre nous voulons également faire étalage de leur bonne fortune et de leur bon goût.

Ce dernier critère est important, parce que c’est ce qui nous fera pencher du côté d’une marque de luxe, bien qu’honnêtement, une berline de marque populaire est capable de nous offrir toutes ces choses à prix plus abordable. Toutefois, quand tout le quartier se prête au jeu du voisin gonflable, une Mercedes-Benz ou une Audi ne suffit tout simplement plus. Il faut se tourner vers une marque plus obscure, mais qui procure un impact visuel et qui engendre un pincement de jalousie. Ça, c’est ce qui permet à Maserati Ghibli de se démarquer.

Le design d’abord

La génération actuelle de la berline intermédiaire Ghibli a été introduite en 2014, par contre, elle ne semble pas avoir pris une ride depuis. Sa grille de calandre concave, son capot plongeant et ses blocs optiques courbés lui confèrent un caractère agressif, adouci par une carrosserie tout en rondeurs. Pour 2018, la Ghibli a reçu une révision esthétique, mais les changements se limitaient aux parties avant et arrière, avec l’heureux résultat d’un coefficient aérodynamique passant de 0,31 à 0,29 – une amélioration de 7%. Outre la version de base, la Ghibli S Q4 peut être rehaussée de l’un des deux habillages, GranLusso accentuant le côté luxueux de la voiture, et GranSport, le côté sportif. Elles se distinguent par quelques éléments esthétiques, sans que l’une soit plus ou moins belle que les autres déclinaisons.

L’habitacle est également très élégant, qu’on peut rehausser d’un plafonnier en alcantara, d’une sellerie de cuir perforé plus souple, et même de garnitures en soie confectionnées avec l’aide de la maison de couture Ermenegildo Zegna. Sans compter un grand choix de couleurs avec coutures assorties ou contrastantes. Des sièges en cuir noir? Rouge? Brun? Beige? Marron? Bleu? Ils sont tous magnifiques.

En revanche, si l’on s’est assis dans un produit Fiat Chrysler Automobiles récemment, on pourrait être surpris de remarquer quelques boutons et commutateurs familiers. Même chose pour le système multimédia: le Maserati Remote Touch Control Plus est quasi identique à l’excellent système Uconnect de FCA, mais avec une molette de contrôle. On bénéficie donc d’un écran tactile de 8,4 pouces avec intégration Apple CarPlay et Android Auto.

Dommage, cependant, que les Ghibli qu’on a conduites au cours des dernières années aient été embarrassées de craquements et de bruits de caisse. Bref, la présentation est sublime, ce qui n’est pas le cas de la qualité d’assemblage, surtout si l’on considère le prix demandé. Et le prix est élevé.

La mélodie sous le capot

Il y a deux façons de faire oublier les lacunes mentionnées ci-haut. Soit on opte pour la chaîne ambiophonique Bowers & Wilkins à 15 haut-parleurs pour camoufler le bruit, soit on fait rugir la motorisation de la Ghibli. Ou les deux.

La version de base a droit à un V6 biturbo de 3,0 litres, un moteur mis au point avec la collaboration de Ferrari (selon Maserati), qui développe 345 chevaux. Il est jumelé à une boîte à huit rapports et un rouage à propulsion. C’est bien, mais au Québec, on est mieux d’opter pour le rouage intégral, signifiant qu’on doive passer à la version S Q4. Dans ce cas-ci, même moteur, mais avec 430 étalons bien fringants, qui accordent à la voiture un 0-100 km/h de 4,7 secondes, aux dires du constructeur. Contrairement à certaines de ses rivales qui simulent des bruits de moteur dans l’habitacle, dans la Ghibli, la mélodie du moteur est nettement réelle.

Pas mal, et comparable aux prouesses d’une Mercedes-AMG E 53 4MATIC et d’une BMW M550i xDrive. Par contre, la consommation d’essence n’est pas aussi comparable, alors que la Ghibli S Q4 engloutit presque 13,0 L/100 km de super sans plomb en conduite mixte ville/route. Bah! On a le budget pour s’acheter une bagnole frisant les 100 000 $, on a les moyens de mettre du gaz dedans, pas vrai? De plus, la voiture obtient une nouvelle direction à assistance électrique permettant ainsi d’ajouter des aides électroniques à la conduite sécuritaire. Le comportement routier de la berline est très dynamique, mais la suspension ferme sur nos routes craquelées finit par nous épuiser. Et ce, malgré les amortisseurs réglables.

La Ghibli se démarque du lot des berlines intermédiaires de luxe par son unicité et son pouvoir de séduction. Il faut néanmoins savoir que la fiabilité de cette marque demeure précaire et que les coûts d’entretien risquent d’être élevés. C’est le prix à payer pour se pavaner devant ses voisins dans les bras d’une telle beauté.

Feu vert

  • Design séduisant
  • Sonorité de moteur enivrante
  • Habitacle somptueux
  • Système multimédia efficace

Feu rouge

  • Rigueur d’assemblage discutable
  • Suspension ferme
  • Prix élevé
  • Fiabilité à améliorer

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