Lincoln Continental 2019: Une voiture américaine

Le marché de la berline traditionnelle américaine n’est plus aussi important qu’à une certaine époque, mais la Continental nous prouve qu’un bel effort peut donner des résultats surprenants.

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2019

Le paysage automobile n’aura jamais été si rempli. Suffit de tourner les pages de cet ouvrage pour réaliser combien de véhicules sont actuellement disponibles sur notre marché. Maintenant, plus de la moitié d’entre eux sont des VUS/multisegments, les voitures étant souvent reléguées aux oubliettes. Parmi elles, les grosses berlines américaines. Celles qui, pendant longtemps, ont sillonné nos routes en grand nombre, avec prestance, avec grâce. Aujourd’hui, ces voitures sont boudées parce que la clientèle n’a d’yeux que pour les camions. Dans cette optique, difficile pour un constructeur de tenter une nouvelle approche avec une berline de luxe, surtout lorsque celle-ci se la joue plutôt traditionnelle. Et pourtant, Lincoln a réussi son mandat avec la Continental.

Il faut d’abord rappeler que l’objectif de cette voiture, en plus de redonner un peu de noblesse à la marque, était de succéder à l’ennuyante berline MKS. Une tâche facile puisque 99,9% du public avait sans doute oublié son existence! Cela dit, on souhaitait aussi, avec cette berline, reconquérir des acheteurs tentés par les automobiles européennes, qui dominent ce segment de marché depuis plusieurs décennies. On est évidemment loin de crier victoire, mais avec plus de 13 000 ventes chez nos voisins du sud, l’an dernier, on peut y voir une lueur d’espoir.

Américaine…et un peu chinoise!

C’est dans la plus pure tradition américaine que Lincoln nous sert cette berline. Une voiture ornée d’une nomenclature pleine d’histoire, sur laquelle le chrome déferle de belle façon, tout en arborant une robe rappelant quelque peu la Chrysler 300. Par son approche, la Continental ne tente pas de jouer les sportives. Sa ligne démontre plutôt une certaine élégance, ainsi que plusieurs traits esthétiques qui lui sont exclusifs. Pensez à l’habillage des rétroviseurs, à la magnifique intégration des poignées de portières et à cette calandre grillagée, en voie de se retrouver sur tous les produits de la marque.

Sur le plan structurel, elle fait appel à la plate-forme CD4, également utilisée pour la berline MKZ. Maintenant, sa plus proche cousine réside du côté de la Chine, où Ford commercialise une berline Taurus bien différente de la nôtre. Cette dernière affiche à peu près les mêmes dimensions, les mêmes proportions, et fait appel aux mêmes éléments structuraux.

Heureusement, impossible de croire à une voiture chinoise lorsqu’on contemple la Continental. Élégante de l’extérieur, elle l’est en outre à bord, où la qualité des matériaux demeure exceptionnelle. On mise sur le mariage des teintes, sur la noblesse de la présentation et sur l’expérience sensorielle pour conquérir la clientèle. Cette dernière appréciera le galbe magnifique des sièges, où les coussins se détachent carrément de leur armature pour épouser les formes corporelles. On va même jusqu’à proposer une assise à longueur réglable, divisée en deux parties. Naturellement, les sièges sont chauffants, ventilés, mais aussi massants, pour une détente ultime. De son côté, l’instrumentation, efficace, ne demande que peu d’adaptation. Les fonctions sont simples à utiliser puisqu’on fait appel au dernier système multimédia de la famille, baptisé SYNC 3.

Le seul véritable bémol de cet habitacle concerne les places arrière. Non pas qu’elles soient inconfortables, au contraire. Toutefois, le trop faible dégagement à la tête gênera toute personne de plus de 1,80 m, ou qui porte un chapeau! Un problème que les concepteurs chinois n’ont probablement pas décelé.

Quatre roues motrices, et jusqu’à 400 chevaux

Deux choix mécaniques sont offerts avec la Continental, le V6 de 3,0 litres étant bien sûr celui qui propose les plus belles prouesses. Qui plus est, même le V6 de 2,7 litres se défend avec honneur, en dépit d’une masse très lourde à déplacer. Dans tous les cas, le rouage intégral est offert de série, un avantage non négligeable, surtout en considérant que le système est doté d’un vecteur de couple aux roues arrière permettant de redistribuer le couple à la roue ayant le plus d’adhérence.

Bien insonorisée, hyper confortable et exempte de tout bruit de caisse, la Continental déçoit toutefois par une direction plus ou moins précise et par une boîte automatique à six rapports seulement, affichant ainsi un retard sur la concurrence. La remplacera-t-on prochainement? Au moment de mettre sous presse, aucune information n’était disponible à ce sujet. Ceci dit, la Continental est une voiture solide, bien construite, réellement luxueuse et avec laquelle le souci du détail est remarquable. Elle ne battra aucun record du Nurbürgring et vous coûtera légèrement plus cher à la pompe que certaines rivales. Mais pour l’acheteur en quête d’un luxe traditionnel et d’un confort à l’américaine, la Continental est à considérer sérieusement.

Feu vert

  • Confort de haut niveau
  • Qualité de finition et de construction
  • Puissance du moteur 3,0 litres
  • Rouage intégral efficace

Feu rouge

  • Poids élevé
  • Forte dépréciation à prévoir
  • À quand la boîte à huit rapports?

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