Hyundai Nexo 2019: Le pari de l'hydrogène

Le Hyundai Nexo se conduit exactement comme un véhicule conventionnel, même si sa motorisation est loin de l’être.

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2019

Quatre ans après la commercialisation embryonnaire du Tucson Fuel Cell, Hyundai récidive avec le nouveau VUS Hyundai Nexo fonctionnant avec une pile à combustible alimentée par hydrogène. Ce VUS fera l’objet d’une production en petite série limitée à 3 000 exemplaires qui seront commercialisés dans certains marchés très ciblés, dont le Canada fait partie puisque 25 de ces véhicules seront offerts chez nous dès le quatrième trimestre de 2018 en tant que modèles 2019.

Il y a cependant fort à parier que Hyundai fera une sélection pour déterminer les acheteurs ou locateurs du Nexo au pays, car les stations de ravitaillement en hydrogène sont très rares. Au Québec, on n’en compte que deux, soit celle de l’Institut de recherche en hydrogène localisé à Trois-Rivières et celle du bureau régional de Toyota Canada à Brossard – la marque japonaise propose sa Mirai, une berline qui fonctionne elle aussi avec une pile à combustible alimentée à l’hydrogène. Les clients de Hyundai pourraient-ils ravitailler leur Nexo chez Toyota? On l’ignore pour l’instant mais, comme Hyundai et Toyota misent beaucoup sur la filière de l’hydrogène, un tel arrangement ne pourrait que favoriser une plus large diffusion de cette technologie.

De la vapeur d’eau comme échappement

En quelques mots, le Nexo est animé par un moteur électrique qui entraîne les roues avant et qui génère lui-même sa propre électricité par le biais de la pile à combustible, laquelle est alimentée en hydrogène. Ce processus a comme avantage de ne produire que de la vapeur d’eau comme émission. Dans le cas du Nexo, le ravitaillement complet en hydrogène se fait en cinq minutes, avec une pompe capable de livrer une pression de 700 bars, et l’autonomie du véhicule est chiffrée à 600 kilomètres, selon Hyundai. Le constructeur coréen précise que la nouvelle pile à combustible développée pour le Nexo convertit 60% de l’hydrogène consommé en énergie disponible pour mouvoir le véhicule, ce qui est plus efficace qu’un moteur à essence conventionnel dont l’efficacité n’est que d’environ 25%, le reste de l’énergie étant dissipée en chaleur.

Une conduite sans histoire

J’ai eu l’occasion de conduire le Nexo entre Séoul et PyeongChang, à l’occasion du lancement mondial du Nexo qui coïncidait avec les Jeux olympiques d’hiver. Le trajet nous a fait circuler en zones urbaines et sur l’autoroute, et le comportement du Nexo s’est avéré en tous points semblable à celui d’un véhicule électrique alimenté par batteries, avec une vie à bord sereine, exception faite d’un léger bruit de vent qui s’est manifesté sur l’autoroute alors que je roulais à 140 km/h. Le Nexo se conduit exactement comme un véhicule conventionnel, même si sa motorisation est loin de l’être. La puissance engendrée par le moteur électrique du Nexo est équivalente à 151 chevaux, ce qui permet à ce VUS d’atteindre 100 km/h en 9,7 secondes.

Par rapport à un véhicule à moteur à essence ou même un véhicule électrique alimenté par batterie, il faut attendre un certain temps après le démarrage du Nexo avant que la pile à combustible ne livre sa pleine puissance. D’après les ingénieurs de Hyundai, ce délai peut atteindre 30 secondes lorsque la température ambiante est de moins 30 degrés centigrades. Hyundai précise aussi que la durée de vie utile de cette nouvelle pile à combustible est doublée comparativement à celle du Tucson Fuel Cell et qu’elle est chiffrée à 5 000 heures, ce qui représente 10 ans d’usage pour l’automobiliste moyen, selon ses calculs.

Côté look, le Nexo affiche un design soigné, mais plutôt générique. On remarque sa calandre très typée ainsi que les poignées de portière rétractables semblables à celles du nouveau Range Rover Velar, mais le reste du véhicule adopte une facture tout à fait conventionnelle. L’habitacle du Nexo fait le pont entre le techno et le rétro. Si les écrans tactiles en couleur disposés sur la planche de bord émulent ceux d’une Mercedes-Benz de Classe E ou S, le design de la console flottante et sa myriade de touches nous rappelle le look des Toyota d’il y a dix ans; c’est dommage compte tenu du fait que ce VUS adopte une motorisation avancée à la fine pointe de la technologie.

Les Nexo commercialisés au pays sont dotés de plusieurs aides électroniques à la conduite comme un régulateur de vitesse adaptatif, un système automatique de maintien au centre de la voie, qui nécessite toutefois que le conducteur manie légèrement le volant au moins une fois toutes les dix secondes, et un système de stationnement automatisé.

Avec le Nexo, Hyundai fait le pari que les véhicules alimentés par hydrogène connaîtront un jour une diffusion plus large, tout comme Toyota avec sa berline Mirai. Mais pour que cela se produise, il faudra que le réseau d’alimentation en hydrogène se développe pour permettre à un plus grand nombre d’automobilistes d’adopter cette technologie et que le coût de ces véhicules soit concurrentiel, ce qui est loin d’être vrai aujourd’hui.

Feu vert

  • Feux verts
  • Technologie de pointe
  • Vapeur d’eau comme échappement
  • Autonomie de 600 kilomètres
  • Performances convenables
  • Bonne habitabilité

Feu rouge

  • Réseau embryonnaire d’alimentation en hydrogène
  • Délai de mise en route par températures froides
  • Prix élevé par rapport à un VUS conventionnel

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