Abonnement automobile : une alternative à la location?

Traditionnellement, il y a deux façons de se procurer une voiture neuve : l’achat et la location.

Mais depuis quelque temps, on voit arriver une nouvelle tendance d’achat, celle de l’abonnement directement auprès des constructeurs automobiles. L’idée semble intéressante, et quelques grandes marques l’offrent actuellement, mais est-ce que cette nouvelle option en vaut réellement la peine? Le Guide de l’auto s’est penché sur le sujet.

Comme sur Internet

Un peu comme Netflix ou Spotify, on peut désormais s’abonner au service d’un constructeur automobile. Par le biais d’une mensualité variable selon le véhicule choisi, on peut se retrouver derrière le volant d’une voiture différente à un moment de notre choix. Si l’on désire partir en voyage de ski avec ses amis lors d’une fin de semaine, le gros VUS représente un choix logique. Mais quand on revient à la ville, on peut changer pour quelque chose d’un peu plus urbain.

Photo: Porsche

Cadillac, la division de luxe de General Motors, a été l’un des pionniers en la matière. Afin de s’adapter à la nouvelle génération de consommateurs davantage portée vers l’achat en ligne, on a instauré sur le marché américain le programme Book by Cadillac.

Avec ce service, une bagnole est livrée directement à votre domicile et vos mensualités changent selon le modèle choisi. Une telle rotation peut être effectuée toutes les trois semaines. Ainsi, on espère, sur un autre volet, rivaliser contre les services de covoiturage comme Uber et Lyft.

Y a-t-il des avantages?

Étant donné que les consommateurs ne gardent plus leur voiture longtemps, l’idée d’un abonnement à court terme peut sembler intéressante.

Un abonnement, comme un forfait de téléphone ou un appartement, ne nécessite qu’une légère vérification au bureau de crédit, tout en permettant au consommateur de se libérer de l’entente financière plus rapidement qu’avec une location à long terme.

C’est ce que Volvo propose avec son programme Care by Volvo qui offre au consommateur la possibilité de s’abonner sur une période de deux ans, avec la possibilité de surclasser son véhicule au bout d’un an, sans pénalité.

Bien que moins flexible que celui de Cadillac, un tel service permettrait d’alléger la pression financière du consommateur. Rappelons-le, avec un achat ou une location, on finit par emprunter une somme d’argent à une institution financière, ce qui engendre une enquête de crédit, des taux d’intérêt et tout le tralala.

Réponse mitigée

Selon ce que nous avons appris auprès de concessionnaires Volvo franchisés, le programme d’abonnement du constructeur fait très peu d’efforts pour convaincre les consommateurs d’opter pour ce service plutôt que pour une location. Certes, l’idée de se faire livrer l’auto à la maison est plutôt alléchante. Idem pour le service de concierge en cas d’entretien, les pneus d’hiver inclus et les frais d’assurances intégrés dans les mensualités. Mais d’un point de vue financier, l’offre n’est tout simplement pas gagnante pour le consommateur.

Comparons : une Volvo S60 R-Design 2019 entraîne des mensualités de 780,54 $ par mois pour une location de 24 mois. Pour le même véhicule, l’abonnement Care by Volvo, qui comprend pneus d’hiver, livraison à domicile et assurance responsabilité civile, revient à 1 049 $ par mois, avec un dépôt de 500 $.

Finalement, on se retrouve à avoir déboursé 6 443 $ de plus pour l’abonnement au bout des 24 mois. Même avec la prime d’assurances la plus élevée et les pneus d’hiver les plus dispendieux – qui risqueront de durer au moins deux hivers de toute manière – l’écart de prix est difficilement justifiable.

L’abonnement n’est donc intéressant que pour un consommateur bien nanti et hyper occupé qui désire absolument recevoir un service clé en main.

De son côté, Cadillac a récemment mis fin à son programme d’abonnement, qui n’était qu’à l’étape de projet-pilote. Selon le constructeur, le projet a permis d’observer des éléments qui n’avaient pas été pris en considération lors de son inauguration.

Certaines sources nous laissent croire que le programme Book de Cadillac n’était pas non plus rentable pour le constructeur. Pour Cadillac, les coûts d’entretien des flottes de véhicules, le salaire des employés des centres d’appel et l’absorption des valeurs résiduelles une fois les véhicules retournés ont forcé le constructeur à arrêter ce service.

En somme, bien que l’industrie automobile semble vouloir ardemment changer ses façons de faire, l’achat et la location à long terme ne sont pas prêts de disparaîte.

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