Rolls-Royce Cullinan 2019 : un diamant pour les sentiers battus

Points forts
  • Seul sur son étoile
  • Mécanique et plate-forme signées Rolls-Royce
  • Moteur V12 doux et puissant
Points faibles
  • Design étrange
  • Dégagement du sol trop bas (pour un VUS)
  • Prix des options exagéré
Évaluation complète

PALM SPRINGS (Californie) - Si vous trouvez que la folie des VUS est devenue hors de contrôle, prenez le temps d’écouter les conférences de presse des constructeurs. Vous vous rendrez rapidement compte que l’existence de ces véhicules est tout à fait justifiée.

Pensez-y : quand les garages de votre clientèle cible sont remplis de véhicules de tous genres, et que l’un d’entre eux est un VUS, pourquoi ne pourrait-il pas porter un écusson Porsche, Lamborghini, ou dans ce cas-ci, Rolls-Royce?

Depuis l’apparition du Porsche Cayenne, en 2002, tous les constructeurs de véhicules de luxe ayant introduit un VUS à leur gamme se sont retrouvés avec un « best-seller » en l’espace de quelques mois. Rolls-Royce, comme toute bonne entreprise, veut, elle aussi, en profiter. C’est donc de cette logique qu’est né l’opulent Rolls-Royce Cullinan 2019.

Photo: William Clavey

L’excès à son meilleur

Croyez-le ou non, la clientèle fort exclusive, et très limitée, de la marque Rolls-Royce exigeait un VUS. Certainement pas pour tirer un bateau ou s’aventurer en hors route, mais plutôt pour se pavaner sur Sunset Boulevard à Beverly Hills!

Cela étant dit, les ingénieurs du véhicule affirment avoir développé un véritable camion, une Rolls-Royce comme vous n’en avez jamais vu. En effet, avec une apparence si étrange et des dimensions de gondole, l’énorme Cullinan, dont le nom a été inspiré du plus gros diamant du monde, est effectivement hors de l’ordinaire, presque extraterrestre.

Au moins, son devant est familier, orné d’une calandre qui semble venir tout droit d’une section de clôture d’un palais arabe, sans oublier l’iconique statuette Spirit of Ecstasy reposant sur son capot. Celle-ci peut, bien entendu, se rétracter afin d’éviter qu’elle se fasse voler. Évidemment.

Photo: William Clavey

Dans un autre univers

401 000 $. C’est le prix d’entrée pour ce magistral yacht haut sur pattes, faisant de lui le VUS le plus cher du marché.

Oui, ce Rolls-Royce est plus onéreux qu’un Lamborghini Urus ou qu’un Bentley Bentayga. Aucun VUS de grand luxe, même pas le Porsche Cayenne ni le Tesla Model X le plus équipé ne lui arrive à la cheville.

Et à ce prix, c’est le modèle « de base », car une fois que l’on empile les options, qui sont, sans surprise, très nombreuses, votre diamant sur roues cognera rapidement aux portes du million... Le Cullinan est seul sur son étoile.

À titre d’exemple, il existe 21 variantes de cuir, huit choix de boiseries, jusqu’à 32 couleurs de carrosserie et cinq types de roues différents pour un Cullinan. Notre modèle d’essai n’était pas très « équipé », ne comprenant que quelques ajouts, comme une chaîne Rolls-Royce bespoke audio d’une valeur de 13 000 $, ou si vous préférez, le même prix qu’une Chevrolet Spark 2019. Notre Cullinan dépassait déjà les 500 000 $.

Photo: William Clavey

Tout Rolls-Royce

La bonne nouvelle avec ce VUS, c’est que malgré le fait que Rolls-Royce appartienne désormais à BMW, il est monté sur une plate-forme exclusive au constructeur. C’est la même architecture que celle utilisée pour la toute nouvelle Rolls-Royce Phantom VIII.

C’est rafraîchissant, et nous apprécions que BMW n’ait pas fait comme le groupe Volkswagen avec le Lamborghini Urus et le Bentley Bentayga, des utilitaires qui empruntent leurs composantes mécaniques au Audi Q7 afin de réduire les coûts d’assemblage et de maximiser les profits.

Photo: William Clavey

Ce qui en résulte, dans le cas du Cullinan, est un VUS nettement plus luxueux, silencieux et raffiné que tout ce qu’offre la gamme BMW.

Un seul moteur l’anime, soit un V12 biturbo de 6,75 litres d’une puissance plus que suffisante de 563 chevaux et d’un monstrueux couple de 627 lb-pi. Il peut remorquer jusqu’à 7 275 lb ou 3 299 kg. Encore une fois, ce moteur est exclusif à Rolls-Royce, associé à une boîte automatique à huit rapports fournie par l’équipementier allemand ZF. Tous les Cullinan viennent de série avec une transmission intégrale, une première pour le constructeur britannique.

Photo: William Clavey

Notre essai fut bref, car il faisait partie de l’événement annuel BMW Test Fest où l’on nous offrait de conduire toute la gamme BMW, MINI et Rolls-Royce. Mais nous avons néanmoins pu profiter de sa douceur de roulement et de son confort royal, des qualités qui sont la raison d’être d’une Rolls-Royce.

C’est son silence absolu et ses accélérations sans tracas ni hésitations qui font de lui un véhicule hors du commun. Le V12 est tellement silencieux, que l’on croirait être assis dans un véhicule électrique. De plus, sa boîte de vitesses enfile les rapports si subtilement, qu’aucune secousse n’est ressentie dans l’habitacle. Même lorsque l’on enfonce l’accélérateur, tout demeure crémeux et d’une délicatesse inégalée.

Photo: William Clavey

Le Cullinan peut franchir le 0-100 km/h en 4,8 secondes, et atteindre une vitesse de pointe de 250 km/h, mais honnêtement, une fois à bord, on s’en fiche, car on sera trop occupé à boire une bonne bouteille à l’arrière, tout en écoutant notre film préféré, les pieds dénudés sur un tapis en laine de mouton.

Le salon des riches

Quand viendra le temps pour votre chauffeur de vous escorter en dehors de votre limousine – parce que, bien entendu, si vous possédez un Cullinan, vous « possédez » aussi un chauffeur – il n’aura qu’à appuyer sur un petit bouton pour faire ouvrir les portes-suicides électroniquement.

Photo: William Clavey

S’il pleut, pas de panique, car le Cullinan vient avec une paire de parapluies – bien cachés dans les portières arrière – pour vous protéger des éléments extérieurs.

Votre chauffeur, de son bord, sera également très gâté dans un habitacle garni de bois véritable, de cuirs exclusifs et de commandes argentées; sans oublier une paire de sièges plus épais qu’un matelas, incorporant toutes les fonctions de massage imaginables.

Photo: William Clavey

Il n’y a pas de plastique dans l’habitacle d’un Cullinan, c’est hors de question. Seules la planche de bord numérique et les commandes du système multimédia nous laissent croire qu’un autre constructeur s’est mêlé de sa conception.

Photo: William Clavey

Cependant, on vous chuchotera que l’interface du système multimédia ressemble étrangement au système iDrive de BMW, mais ne vous en faites pas, car personne ne s’en rendra compte.

Comment évaluer le Rolls-Royce Cullinan objectivement quand il ne dispose ni de concurrent ni de raison logique d’exister? On pourrait vous dire que son énorme coffre, accessible par un hayon multifonction – comme sur un BMW X7 –, propose un volume de 600 litres, mais nous ne croyons pas que cette information soit pertinente pour le consommateur moyen.

Photo: William Clavey

Opulent, exagéré et fascinant, le dernier VUS de Rolls-Royce peut sembler inutile pour plusieurs, certes, mais pour le constructeur, il représente déjà la plus grande part de marché de ses ventes. De notre bord, nous préférons l’autre raison de mise en marché : le Cullinan existe tout simplement parce que Rolls-Royce existe.

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