Porsche 718 Boxster S 2017 contre Mercedes-AMG SLC 43 2017 : une bataille de vraies sportives

Prenons le terme de voiture de sport pour le disséquer : à l'origine, celui-ci dénotait un modèle ayant deux portières, deux places assises, généralement un toit amovible, un poids le plus bas possible et qui était destiné à être conduit de façon dynamique. Cette description exclut donc bon nombre de voitures modernes. La Ford Mustang? Pas une voiture de sport, mais bien un muscle car. La Nissan GT-R? Pas une voiture de sport non plus, elle est bien trop lourde... et on parle plutôt d'une voiture de grand tourisme. C'est d'ailleurs de là que vient la partie GT de son nom, mais avec des performances dignes d'un supercar.

J'utiliserai cette description pour comparer deux des derniers « vrais » représentants de ce segment autrefois fertile : la Porsche 718 Boxster S 2017 et la Mercedes-AMG SLC 43 2017. Pourquoi ces deux voitures en particulier? Elles ont un prix de base relativement similaire (entre 70 900 $ pour la Mercedes-AMG et 78 000 $ pour la Porsche, sans compter les équipements), et une puissance presque égale, soit 350 chevaux dans la Boxster S et 362 sous le capot de la SLC. En plus du plaisir de conduire et des balades à ciel ouvert qu’elles procurent. Elles sont aussi toutes deux allemandes et présentent un glorieux pedigree.

Représentant Stuttgart, la Porsche 718 Boxster S 2017

On ne présente plus la marque Porsche, mais on peut s'attarder au cas de la 718. Anciennement connue comme les Boxster et Cayman, la petite bagnole sportive est maintenant vendue sous la bannière 718 (718 Boxster pour la décapotable et 718 Cayman pour le coupé). À part le changement de nomenclature, le renouvellement de 2017 a aussi apporté un changement côté motorisation : plutôt que d'utiliser un six cylindres à plat, la 718 est désormais mue par un quatre cylindres, également placé à plat. Ce moteur est accompagné d'un turbocompresseur aidant non seulement les performances, mais aussi l'économie de carburant.

Vivant dans l'ombre de sa grande sœur la 911, la 718 mériterait cependant plus de considération : son architecture à moteur central la rend incroyablement précise et joueuse sur un circuit, mais aussi plutôt pratique. On peut faire entrer deux ou trois sacs d’épicerie dans le coffre arrière, et l'autre rangement à l'avant surprend par sa profondeur. L'habitacle est sans fioritures, éminemment bien construit, confortable et, une fois que l'on s'est habitué aux quelques spécificités du constructeur (porte-gobelets faiblards et mal placés, bouton du volant chauffant situé derrière ledit volant...), relativement intuitif.

Du clan d'Affalterbach, la Mercedes-AMG SLC 43

Même si elle n'est pas aussi sportive que la Porsche, la Mercedes-AMG ne laisse pas sa place. Contrairement à l’ancienne SLK 55 AMG, elle n'est pas pourvue d'un V8; sous son long capot, on retrouve plutôt un V6 de 3,0 litres et une paire de turbocompresseurs. Comme mentionné plus haut, l'ensemble développe 362 chevaux et un couple de 384 livres-pied.

Plus important encore, le moteur gronde, crache et tousse comme le veut la tradition de la branche haute performance de Mercedes-Benz. La seule boîte de vitesses disponible est une automatique à neuf rapports, et la puissance se dirige uniquement vers l'essieu arrière. La SLC 43 vient aussi d'office avec un toit rigide rétractable et, en option, offre un plafond vitré. Sur pression d'un bouton, celui-ci se teint et devient presque noir. Cette voiture est faite pour rouler confortablement, mais elle est aussi plus qu'apte à dévorer une route sinueuse si le besoin s'en fait sentir.

Comparons donc les deux, voulez-vous?

Conduire une sportive... comme une sportive

Premièrement, commençons par la partie facile : même si la SLC 43 a reçu beaucoup d'attention de la part d'AMG pour améliorer sa maniabilité et qu'elle est très amusante à piloter, elle ne peut faire autrement que de jouer un rôle secondaire par rapport à la 718 Boxster S. Ce n'est pas que la voiture grise n'est pas bonne, bien au contraire... Mais la Porsche s'approche tout simplement plus près de la perfection!

Bien que la 718 ait une direction assistée par moteur électrique — reconnue pour saper les sensations de conduite — elle fait un excellent travail pour rassurer le conducteur en lui communiquant exactement ce qui se passe sous les roues avant. Lorsqu'on la lance dans un virage, la Porsche ne fait pas que tourner; elle pivote sur un axe central. Cet axe, c'est le moteur; cela fait en sorte qu'il est très facile de changer l'angle de la voiture, et donc sa direction.

Parlons du moteur : on pourrait penser que le changement vers un quatre cylindres turbocompressé aurait pu limiter la nervosité typique de la petite 718 Boxster, mais il n'en est rien. Il y a bien un délai de réponse de la part du turbo, mais il est négligeable. Mon modèle d'essai était équipée de la boîte automatisée de Porsche, la célèbre PDK. Possédant sept rapports, celle-ci est un monstre de précision, passant les vitesses avec une rapidité presque surnaturelle.

Les sièges de la bagnole vous maintiendront en place sans jamais être inconfortables, la visibilité vers l’avant est excellente... Un régal, je vous dis! Pour la conduite dynamique, la Boxster S bat la SLC 43 à plate couture.

Mais pour le reste?

En conduite normale, et lorsqu’on est coincé dans la circulation, c'est à ce moment que la Porsche perdra du terrain... ou que la Mercedes-AMG redorera son blason, dépendamment de comment vous le voyez.

En conduite de tous les jours, on ne peut faire autrement qu'admirer la SLC 43; elle est douce et silencieuse, sa boîte automatique conventionnelle ne donne pas d'à-coups et sa sonorité à bas régime est suffisamment sourde pour que l'on devine la puissance du bolide sans devenir dérangeante. Ces deux points sont malheureusement des domaines ou la Porsche ne peut gagner : sa boîte à double embrayage, de par sa construction, sera toujours plus sèche lors d'un changement de rapport.

De même, le son du nouveau quatre cylindres n'est pas des plus dignes à bas régime : autour de 2 000 tours/minute, on jurerait entendre une Subaru WRX STI avec un échappement modifié... Inacceptable pour une Porsche, selon moi. De plus, la position de conduite basse de la Porsche que l'on apprécie tant pour sa stabilité n'est pas idéale pour entrer et sortir du véhicule; ici, on préfère beaucoup les sièges plus relevés de la Mercedes-AMG.

Au jour le jour, on choisirait donc la SLC 43.

Qu'en est-il du choix final? Je suppose que cela dépendra de l'acheteur qui signera le chèque. Chaque voiture est excellente dans son propre domaine et repousse les limites d'une auto sport utilisable tous les jours. La Porsche 718 Boxster S satisfera l'amateur de conduite dynamique, tandis que la Mercedes-AMG SLC 43 plaira à celui qui préfère une voiture sport plus confortable.

Personnellement? La 718 Boxster S serait celle que je stationnerais devant chez moi... puisque mon confort passe au second plan par rapport à la conduite et que l'attrait d'une Porsche m'a séduit!

Partager sur Facebook

Plus sur le sujet

Premiers contactsMercedes-Benz SLC 2017 : un goût plus sucré
NICE (France) — Lorsque la première Mercedes-Benz SLK fut lancée en 1996, elle n’était pas le roadster allemand le plus affûté du groupe. La BMW Z3, et surtout la Porsche Boxster, offrait une expérience de conduite plus enivrante et des motorisations plus puissantes. La SLK s’est tout de même démarquée …
BloguePorsche : de la route à la piste
Comme mentionné dans mon article relatant à quel point il était devenu facile de faire du hors route en Porsche Cayenne, le Guide de l’auto a eu le plaisir de faire partie du Porsche East Performance Tour . Rapidement, il s’agit d’un événement qui a lieu durant trois jours, auquel …
Commentaires