Étiez-vous au courant... de l'existence du programme « Écocamionnage »?

Afin de favoriser la transition vers l’utilisation d’équipements et de technologies visant à améliorer l’efficacité énergétique du transport de marchandise tout en diminuant les émissions de GES, le gouvernement du Québec a créé en 2013 le programme Écocamionnage.

La clientèle visée par ce programme est : Les propriétaires et exploitants de véhicules lourds; les entreprises, institutions, organismes et personnes dont l’établissement est situé au Québec.

Les technologies admissibles à ce programme vont des systèmes antiralenti aux systèmes auxiliaires en passant par des ordinateurs de bord, des kits aérodynamiques, des camions à carburants de remplacement (gaz naturel, propane, biodiesel) et, bien entendu, des camions hybrides et électriques. Les rabais vont de quelques centaines de dollars à 75 000 $, dépendant des technologies.

Ainsi, le camion Lion8 dévoilé cette semaine, un camion 100% électrique québécois de classe 8 consacré au transport urbain de marchandise, sera bientôt admissible à un rabais de 75 000 $.

Photo: Lion

Les véhicules lourds, #1 des émissions de GES des transports routiers au Québec

Rappelons que la première source de GES au Québec est le secteur des transports avec 43% des émissions totales de gaz à effet de serre (GES) du Québec en 2016. Or, pendant que les émissions de GES des autres secteurs ont diminué ou stagné, celles des transports ont augmenté de 21,9% entre 1990 et 2016.

Du côté des transports routiers, celles-ci ont augmenté de 52,3% durant la même période. Le sous-secteur des transports routiers émettant le plus de GES n’est ainsi plus celui des automobiles depuis 2015, mais bien celui des véhicules lourds, c’est-à-dire celui des camions, tracteurs routiers et autobus.

En effet, les émissions de GES des véhicules lourds ont augmenté de rien de moins que 171,4% entre 1990 et 2016 pour représenter 36% des émissions totales de GES du secteur des transports routiers, ce qui en fait le secteur #1 en ce qui a trait aux émissions de GES des transports routiers, devant les voitures et les camions légers.

Or, si beaucoup de gens critiquent les augmentations de GES des camions légers, personne ou presque ne parle de l’impact des véhicules lourds dans notre bilan de GES québécois.

Voilà pourquoi un programme tel qu’Écocamionnage est logique.

Photo: MINISTÈRE DE L'ENVIRONNEMENT DU QUÉBEC

Écocamionnage: Un programme efficace

Dans le bilan de mi-parcours 2017-2018 du plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques, il est écrit que ce programme est parmi les plus efficaces du plan actuel , mais que « malgré le soutien offert depuis plusieurs années par ce programme et le succès de ce dernier, le taux de pénétration des technologies de réduction des émissions de GES dans l’industrie demeure limité, ce qui met en lumière la nécessité de mettre sur pied des mesures additionnelles de réduction d’émissions de GES ».

Le constat est donc clair : malgré le succès du programme, encore plus doit être fait pour encourager le virage vers des camions moins polluants.

Un énorme marché

Au Québec, environ 200 000 camions, tracteurs routiers et véhicules outils circulent sur nos routes, dont une majorité sont des camions de classe 8. En étant très conservateurs, nous pouvons donc déduire que si ces camions durent en moyenne 12 ans et que le quart des camions de classe 8 peuvent être électrifiés pour des parcours de 400 km/jour et moins, on parle d’un marché potentiel de plus de 4 000 camions électriques par année.

Or, à ce rythme, le budget total du programme Écocamionnage annoncé en novembre 2017 serait épuisé en... à peine trois mois.

Sachant tout cela, il semble logique de conclure que si le gouvernement du Québec soutient financièrement l’acquisition de voitures et camions légers électriques fabriqués à l’étranger, il n’y a pas de raison pour que ce même gouvernement ne soutienne pas de manière encore plus appuyée l’acquisition de ces camions électriques québécois.

Après tout, leur fabrication créent beaucoup plus d’emplois chez nous, non?

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