Lincoln MKC 2017: Pari gagné

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2017

En 2017, si un constructeur automobile de luxe n’offre pas d’utilitaires compacts, il risque de ne pas être considéré par les consommateurs. Dans le cas de Lincoln, il était grand temps que le MKC arrive. Disons-nous les vraies choses : Lincoln lutte pour se tailler une place parmi les grands joueurs depuis des années. La marque de prestige de Ford est encore loin des Allemands, mais elle se rapproche à grands pas des Japonais.

Le MKC est parmi nous depuis la fin de l’été 2014 et, en un rien de temps, il est devenu le meilleur vendeur chez Lincoln. Voici une belle preuve de l’importance de ce type de véhicule au sein d’une gamme de produits. L’espoir placé sur cet utilitaire a donc porté ses fruits.

Par contre, le MKC mérite-t-il le succès dont il jouit en ce moment? La réponse est un grand « oui ». Cette réponse n’est pas basée sur le fait qu’il est plus abordable que la concurrence car sa gamme de prix est identique, ou presque, aux véhicules allemands et japonais. L’estime des consommateurs est donc purement méritée.

Pour jouer avec les autres

Parfois, il vaut mieux ne pas tenter de réinventer la roue... Même si Lincoln aurait bien aimé introduire un design unique, elle s’est tournée vers l’Europe pour s’inspirer.

Le résultat est un utilitaire sobre et élégant. Trop souvent, les Américains se jettent sur le chrome pour rendre leurs véhicules plus « classe » mais les consommateurs d’aujourd’hui ne sont pas aussi facilement dupés. Sous tous les angles, le MKC a fière allure et dans son cas, il n’est pas nécessaire d’opter pour la version la plus huppée pour jouir de belles jantes ou d’accents haut de gamme. En cela, il est d’inspiration davantage européenne qu’américaine.

La présentation de l’habitacle est réussie. La planche de bord est conçue de façon à ce que toutes les commandes soient le plus près possible des occupants avant. Ce faisant, l’espace normalement réservé au levier de vitesses disparaît, ce qui explique la présence des boutons sélecteurs de la transmission. On aime ou l’on n’aime pas ces derniers, mais on ne peut nier qu’ils sont efficaces.

L’affichage tactile de l’écran de 8 pouces rend la navigation des menus d’infodivertissement simple, et le système SYNC 3 est une belle progression mais n’est toujours pas le plus convivial du genre. La finition d’ensemble est bonne et les matériaux utilisés sont d’une qualité plus qu’acceptable.

Le MKC est conçu pour le transport de quatre adultes dans un confort relatif et possède un coffre généreux. Les sièges avant manquent de support pour les cuisses tandis que le dégagement pour les jambes est limité à l’arrière.

EcoBoost ou EcoBoost?

En voilà un magnifique coup de marketing de la part de Ford! Le mot EcoBoost est devenu synonyme de « vert », par contre, nous sommes loin d’une technologie écoénergétique comme l’est une voiture hybride.

Le nom EcoBoost signifie la présence de moteurs turbocompressés qui développent beaucoup de puissance pour leurs cylindrées. Le quatre cylindres de 2,0 litres est emprunté au Ford Escape et ses 240 chevaux sont plus que suffisants pour s’attaquer à toutes les situations. Équipé comme tel, avec la traction intégrale et une boîte automatique à six rapports de série, le MKC se débrouille admirablement bien en ville comme sur l’autoroute. En fait, il est si efficace qu’il rend le 2,3 litres de 285 chevaux (qu’on retrouve aussi dans la Mustang) superflu car à part être légèrement plus rapide, la consommation réelle est identique, tout comme la capacité de remorquage qui peut aller jusqu’à 1 361 kilos.

Pour extirper le maximum de puissance des deux moteurs, Lincoln suggère fortement l’utilisation d’essence super, ce qui blesse un peu car les moyennes de consommation observées s’élèvent d’environ 10%par rapport à ce qu’indique Ford. On peut malgré tout faire le plein de « régulier »; en revanche, une légère baisse du rendement des moteurs est possible.

Sur la route, le MKC démontre de belles aptitudes qui s’agencent à merveille avec son aura. En mode Confort, il se comporte comme une berline luxueuse tandis qu’en mode Normal, il fait preuve de stabilité, en particulier sur l’autoroute. Le mode Sport n’est pas calibré pour nos routes, célèbres pour leur piètre état.

Le MKC est le symbole de la relance de l’écusson de luxe de Ford. Ce dernier doit faire attention car la concurrence est en pleine évolution. Lincoln ne doit donc pas s’asseoir sur ces lauriers, car le progrès réalisé pourrait facilement et rapidement s’effacer.

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