Infiniti Q50 2015: Un pas en avant, un pas en arrière

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2015

Le moins que l’on puisse dire à propos de la récente Infiniti Q50, c’est que ce n’est pas la voiture exceptionnelle qu’ont été ses devancières, la G35 puis la G37. Je me souviens encore de l’enthousiasme que celles-ci avaient suscité chez moi lors de leurs débuts sur le marché autour de 2002. C’étaient, à mon sens, les premières créations japonaises à pouvoir enfin s’opposer aux meilleures berlines sport germaniques, que ce soit la Mercedes de Classe C, la BMW de série 3 ou l’Audi A4. Bref, elles avaient un moteur plein d’entrain et leur comportement routier bonifié par la propulsion faisait figure d’exception à l’époque dans les voitures en provenance du pays du Soleil levant.

On ne peut malheureusement en dire autant de la Q50 dont l’appellation a même été modifiée pour la distinguer de la G35. Et cette distinction ne l’avantage sûrement pas. Pourquoi? Son moteur est chatouilleux et il devient difficile de bien doser l’accélérateur qui ne s’accorde pas toujours très bien avec la transmission automatique à 7 rapports. Serait-ce particulier au modèle AWD hybride qui me fut confié pour cet essai? Probablement, étant donné le caractère « l’économie à tout prix » de cette version. Car, si l’on se montre circonspect et en sachant tirer profit d’une route en pente, on peut atteindre 100 km/h en mode électrique.  Avec un peu d’habitude, on peut même maintenir un rythme de 90 km/h avec la seule aide du moteur électrique. Ce qui est moins réjouissant toutefois et plutôt étonnant, c’est que cette Q50 bouffe tout de même 8 litres aux 100 km d’essence super. Ce n’est qu’environ 10 % de moins qu’une voiture aux dimensions comparables sans assistance hybride. Pourtant, son coefficient aérodynamique est on ne plus favorable et le freinage récupère bel et bien son énergie cinétique à chaque intervention. Même que le moteur à essence prend congé dès que l’on soulève le pied de l’accélérateur.    

Si c’est plutôt la puissance qui vous intéresse, cette Infiniti hybride n’en est pas avare avec un V6 de 3,5 litres totalisant 360 ch et un couple monstre, lesquels sont gérés par une transmission automatique séquentielle à 7 rapports pourvue des plus grosses palettes qu’il m’a été donné de voir à ce jour. Encore là, ladite boîte ne paraît pas toujours d’accord avec l’accélérateur qu’il faut enfoncer lourdement et qui s’avère difficile à moduler. La direction n’aide en rien au plaisir de conduire en étant indument lourde. La tenue de route mériterait un accessit, si ce n’était de cette fâcheuse tendance qu’ont les pneus à suivre les anfractuosités du revêtement, une ombre à la tenue de cap.  

On peut évidemment contourner les petits irritants de l’hybridation en optant pour la même voiture avec un simple moteur à essence, un 3,7 litres. On y perdra une trentaine de chevaux en échange d’un gain de près de 300 kilos à la pesée. 

Accidents interdits

Cela dit, l’Infiniti Q50 est pourvue d’une armada électronique particulièrement étoffée sur le plan de la sécurité active. Si jamais, vous voulez changer de voie et qu’une autre voiture interdit une telle manœuvre, le contrôle actif de sécurité vous repoussera, assez brutalement dois-je le dire, dans la trajectoire préalable. Ajoutons à cela un système de surveillance et d’intervention relié aux angles morts, un détecteur de collision frontale et toute une panoplie de garde-fous électroniques qui confèrent à la Q50 l’étiquette « accidents interdits ». En somme, si l’agrément de conduite de ce modèle n’est pas aussi poussé que dans les anciennes G, on a au moins la consolation de bénéficier d’une sécurité active de premier plan.

Oui et non
La voiture n’est pas avare d’informations ou de réglages prodigués par deux écrans tactiles placés à la verticale sur l’immense console centrale. L’un affiche la caméra de marche arrière grand-angle, l’une des meilleures du genre, même si la visibilité est très potable sans cet accessoire. On a évidemment accès aussi à une multitude de réglages de l’électronique embarquée. En matière de perception de la qualité, l’intérieur de la Q50 mérite plus que la cote de passage grâce à une finition ultrasoignée qui confère une ambiance exquise de luxe et de confort. Des sièges répondant correctement aux normes orthopédiques et un petit volant agréable à tenir en main contribuent aussi au bien-être que l’on éprouve à l’intérieur. Seuls vos passagers arrière seront moins à l’aise, surtout s’ils sont un peu costauds. Quant au coffre à bagages, son volume est lourdement entamé par la présence des batteries de la version hybride. Encore là, cette dernière déçoit, surtout qu’elle commande un supplément frisant les 10 000 $.

L’Infiniti Q50 s’éloigne passablement de la berline sport qu’était la G37 et s’engage dans la cohorte des voitures privilégiant le luxe, le confort et une sécurité active très poussée, surtout avec l’assistance des quatre roues motrices.

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