Infiniti Q50 VS Lexus IS 350 : Une question de petits détails

Il n'y a pas si longtemps, les berlines intermédiaires sportives étaient une catégorie où il n'y avait que deux ou trois compétiteurs sérieux et ils étaient tous allemands. Aujourd'hui, chaque marque luxueuse a son modèle, et chacune apporte son lot de technologies et de théories sur la bonne façon de construire ce type de voiture.

Parmi ces bagnoles, il y en a une paire qui est plus directement en compétition : la Lexus IS 350 et l’Infiniti Q50. Elles sont toutes deux propulsées par un moteur V6, une boîte automatique et un rouage intégral, sont sensiblement vendues au même prix (environ 40 000 $ pour une version de base) et sont de dimensions très comparables.

Elles partagent aussi un historique similaire, puisqu'elles ont été créées par des sous-marques du géant japonais (Infiniti est une création de Nissan, tandis que Lexus est liée à Toyota, au cas où vous l'ignoriez). Finalement, elles ont toutes deux été remaniées récemment — 2013 pour l'Infiniti et 2014 pour la Lexus.

On se posait la question. Laquelle est la meilleure?

Impressionnisme ou surréalisme?
 

Placées côte à côte, les berlines affichent immédiatement des personnalités distinctes : la Q50 est la plus digne, ses phares à DEL arrondis complètent une grille cerclée de chrome. Ses lignes sont très réservées, mais transmettent tout de même une image de luxe et de raffinement. Par ailleurs, son nez plongeant et ses ailes avant élargies témoignent d'une pointe de sportivité.

À ses côtés, l’IS 350 détonne énormément : elle semble avoir été dessinée avec les termes « dynamisme » et « agressivité » comme seul mot d'ordre. Ses projecteurs avant sont mis en évidence par une rangée de diodes électroluminescentes (qui rappelle le logo Nike, selon moi!), sa grille a la forme d'un sablier et ses larges entrées d'air dans le bouclier avant pourraient engloutir un chat! Même sa ligne centrale est rehaussée par une courbe prenant naissance au milieu de la voiture et remontant jusqu'à l'aile arrière.

Ce style si particulier est une arme à double tranchant : bien que j’apprécie plusieurs détails dans l'apparence extérieure de l’IS 350, il faut reconnaître que la Q50 remporte la palme dans cette catégorie. Elle est plus homogène, et vieillira aussi probablement mieux.

Prendre des risques peut être payant
 

Le constat est semblable à l'intérieur. Infiniti a choisi de jouer la carte du luxe et de l'opulence, garnissant son habitacle de bois et de quelques touches d'aluminium du plus bel effet. Les cadrans bleutés sont faciles à lire, tandis que le petit écran central permet d'afficher une myriade d'informations utiles.

Le système d'infodivertissement demande de l'adaptation : il compte deux écrans tactiles, et l’on contrôle ce qui se passe sur le plus gros par l'entremise du petit. Par exemple, pour avoir une adresse dans le GPS, il faut entrer la destination dans l'écran inférieur pour que la carte vous montre l'itinéraire sur celui du haut. C'est bien joli, mais même après quelques jours de pratique, j'avais du mal à m'y retrouver.

Lexus, de son côté, a plutôt été puiser dans le style de son premier supercar, la LFA, pour dessiner la cabine de l’IS 350. Sa planche de bord est faite de lignes droites et il n'y a que de l'aluminium. Pas une fibre de bois n'est permise! Mon modèle d'essai était en plus paré de l'ensemble F Sport, lui donnant un petit volant sport à fond plat ainsi que l'instrumentation via un écran TFT mobile fortement inspiré de la FLA.

Sur pression d'un bouton au volant, le compte-tour rond s'écarte pour dévoiler un autre écran pouvant afficher soit les commandes de la radio, soit la navigation. Ce n'est guère plus qu'un gadget, mais j'avoue m'être surpris plus d'une fois à réaménager la planche de bord pour le plaisir d'admirer le mouvement du cadran.

Finalement, mentionnons que l'habitacle de la Lexus était teint en rouge, ce qui lui fait automatiquement gagner quelques points pour son originalité (un très joli cuir sable orangé est aussi offert).

De ce côté, c'est la Lexus qui l'emporte; ses concepteurs ont pris des risques, et le résultat est agréable à l'œil!

 
Mais pas toujours...

Côté conduite, un regard sur la liste de spécifications nous porterait à donner l’avantage à la Q50. L’Infiniti a un léger avantage côté puissance – son V6 de 3,7 litres développe 328 chevaux, soit 18 de plus que le 3,5 litres de la Lexus — et sa transmission à huit rapports est plus avancée et plus douce que celle à six vitesses de l’IS 350. La Q50 est aussi un moins gourmande, enregistrant des cotes de consommation de 12 litres aux 100 km en ville et 8,1 litres sur route contre 12,6/9,1 chez Lexus.

On pourrait croire alors que l’Infiniti Q50 est la voiture qui se conduit le mieux.

Mais il y a une différence majeure entre les deux protagonistes de ce match. Sur la Lexus, on retrouve une bonne vieille colonne de direction, semblable à celles installées sur les voitures depuis environ 50 ans. Son assistance électrique (plutôt qu’hydraulique) gomme un peu les sensations de conduite. Somme toute, elle n’est pas trop difficile à tourner, et se tire honorablement d’affaire.

Détail antisportif?

Infiniti a préféré pavé l’avenir en dotant la Q50 de la toute première conduite drive-by-wire : la façon la plus simple d’expliquer ce système est de prendre comme exemple le volant d’un simulateur de course.  Si le conducteur tourne le volant vers la gauche, un senseur détecte l’intensité du mouvement et sa direction. Il relaie l’information à un ordinateur, qui calcule la force nécessaire pour faire tourner les roues. Il envoie ensuite ces données à un moteur qui actionne la crémaillère. Résultat? Le volant n’offre absolument aucune sensation. Comment le pourrait-il puisqu’il n’est pas connecté à la route (en fait, il y a bien une colonne de direction, mais elle n'est là que pour des raisons de sécurité)?

Si la majorité des gens ne s’offusqueront pas de ce changement, j’ai eu beaucoup de difficultés à me faire à la dynamique occasionnée par ce système. Le fait que l’ordinateur puisse changer l’orientation appliqué aux roues avant selon son bon vouloir (dépendamment de la vitesse, tourner le volant de 10 degrés, par exemple, tournera plus ou moins les roues) est aussi dérangeante, et dans les chemins sinueux, je n’avais aucune confiance en la voiture.

Pour une berline sportive, c’est tout simplement inadmissible.

Rome fut perdue à cause d’un simple clou
 

Au final, c’est ce simple détail qui m’a gâché l’expérience de conduite de la Q50. J’apprécie la rapidité et la transparence de sa transmission, j’ai toujours eu un faible pour la sonorité du moteur VQ37 (sensiblement le même qui se retrouve dans la 370Z) et le style de la berline m’a impressionné.  Ceci dit, j’ai aussi beaucoup aimé l’apparence novatrice de la Lexus IS ainsi que son habitacle dynamique et de très haute qualité.

Si vous me demandez de trancher entre l’Infiniti et la Lexus, je choisirais à coup sûr celle qui m’inspire confiance lorsque je la conduis, la IS 350, plutôt que celle qui place un ordinateur supplémentaire entre moi et la route, la Q50.

Les deux voitures, face à face! Lexus IS350 vs Infinit Q50

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