Cadillac CTS 2014: Un modèle phare

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2014

Qu’on le veuille ou non, c’est avec la  CTS que la résurrection de Cadillac a vraiment pris son envol. Je n’oublierai jamais son lancement ou plus exactement le voyage qui nous y a menés à bord de l’avion privé de General Motors. Au moment d’atterrir à Buffalo pour les formalités de douane, notre avion fut violemment secoué par ce que l’on appelle un vent de cisaillement, un phénomène atmosphérique extrêmement dangereux réputé pour avoir causé de nombreux écrasements d’avion. Ce ne fut pas notre cas, mais j’avoue ne jamais avoir oublié cet incident, pas plus que la CTS.

Heureusement, cette voiture valait le déplacement, aussi dérangeant fût-il. Sa silhouette a soulevé la controverse, mais on a fini par s’y habituer. Et si vous êtes de ceux qui n’ont jamais été attirés par les lignes de la CTS, vous n’aurez pas à patienter longtemps puisqu’une nouvelle version fait son apparition sur le marché en 2014. Seule la berline est nouvelle. La familiale et le coupé sont maintenus au catalogue dans leur livrée actuelle. 

En effet, ce modèle de 3e génération épouse de nouvelles lignes plus élancées et plus basses qui allongent la voiture d’environ 13 cm. Que l’on se rassure tout de suite cependant puisque la CTS 2014 a perdu du poids, sans que l’on nous précise combien de kilos. GM a des visées très hautes avec la CTS en prétendant qu’elle veut s’attaquer aux meilleures intermédiaires de luxe, ce qui englobe les Audi A6, BMW de série 5 et les Mercedes de la Classe E. Voilà une bien grosse bouchée!

Une première dans l’histoire

Chez GM, on croit partir gagnant en ayant emprunté la plateforme à propulsion de la Cadillac ATS, choisie voiture de l’année en 2013. Les superlatifs ne manquent pas pour décrire la nouvelle venue qui sera la première voiture de la marque à adopter un moteur double turbo ainsi qu’une transmission automatique à 8 rapports. Ce joli « combo » sera exclusif à la CTS Vsport qui, grimpée sur ses roues de 19 pouces,  pourra se targuer de 420 ch et 430 lb-pi de couple transmis aux roues arrière. Ça promet, même si le coupé CTS V de génération actuelle dont il est question plus loin aligne des chiffres plus impressionnants. Parmi les autres enrichissements de cette CTS V, on peut citer la suspension magnétique, les freins avant Brembo, le différentiel antipatinage et un temps d’accélération de 4,6 secondes entre 0 et 100 km/h.

Les versions plus sages de la CTS ne seront pas des trainardes pour autant puisque le V6 est toujours au programme en compagnie cette fois du 4 cylindres turbo de 2 litres et de 272 ch que l’on trouve déjà dans l’ATS. Elles doivent toutefois se contenter d’une transmission automatique à 6 rapports, mais en contrepartie la traction intégrale est disponible en option.

La CTS 2014 est aussi à l’avant-garde en matière de dispositifs de sécurité, au point où elle s’approche de la nouvelle Mercedes-Benz de Classe S. Une légion de capteurs, de radars et de caméras est sans cesse aux aguets pour ramener la voiture dans le droit chemin. Même que le siège du conducteur, réglable en 20 positions, est muni d’une alerte de sécurité qui provoque des vibrations pour vous prévenir qu’il y a danger de collision avec un autre véhicule. Et pour ne pas être en reste avec ses possibles rivales, cette CTS offre une aide au stationnement, un gadget dont je ne suis pas encore convaincu de l’efficacité. Et je peux en dire autant du fameux écran multifonction CUE à réponse tactile qui multiplie les complications pour des gestes que l’on posait machinalement.

Méchant coupé 
Le coupé CTS V est aussi méchant qu’il en a l’air. J’ajouterais même qu’il est un pur ravissement tant que l’on ignore la jauge à essence... Même sans abuser de ses stupéfiants 556 ch, un déplacement Montréal-Québec s’est soldé par un magistral 13,5 litres aux 100 avec des pointes entre 20 et 25 litres aux 100 en ville. Et la rage de son moteur est appuyée par une tenue de route qui semble sans limites tellement l’adhérence des pneus est tenace. Le gros V8 de 6,2 litres est aussi fort bien servi par une transmission dont la réponse est instantanée. En désactivant le contrôle de la traction, le coupé CTS V soulève un tel nuage de fumée qu’il ne faudrait pas se surprendre de voir arriver les pompiers! La direction avec son volant à gros pourtour n’est pas aussi communicative qu’on le souhaiterait, mais le freinage mérite pour sa part 5 étoiles. Son mordant est tel que l’ABS n’intervient que sur des surfaces à faible adhérence.

L’intérieur est dominé par de très bons sièges Recaro et celui du conducteur jouit d’une infinie variété de réglages. Le seul désagrément vient du pilier A dont la grosseur gêne considérablement la visibilité en diagonale. Il ne faut pas trop compter non plus sur la caméra de marche arrière dont les lentilles se salissent facilement par mauvais temps.

Les places arrière sont peu généreuses et sont surtout dures d’accès en raison de la résistance du mécanisme servant à rabattre les dossiers avant.

Avec la gamme CTS, Cadillac a entrouvert la porte à une clientèle qui lui faisait la moue il n’y a pas si longtemps. C’est pourquoi l’on insiste autant pour dire que la nouvelle CTS a ce qu’il faut pour s’attaquer aux meilleurs intermédiaires de luxe sur le marché, quelle que soit leur provenance.

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