Merci, M. Duval!

Le week-end dernier, le chroniqueur automobile et fondateur du Guide de l’auto, Jacques Duval, fêtait son 86e anniversaire. Et puisque ces jours-ci, je travaille à la rédaction de la 55e édition de ce livre iconique, il m’était impossible de ne pas avoir une pensée pour celui qui a littéralement ouvert la voie au métier que je pratique avec passion depuis maintenant 20 ans.

Jeune garçon, Jacques Duval faisait déjà partie de mes idoles. Parce qu’il ne pouvait se passer une journée entre la sortie du Guide de l’auto en librairie et son achat, que j’allais effectuer à vélo dans une petite librairie de Saint-Jean-sur-Richelieu. Je buvais chacune des lignes de cet ouvrage, apprenant par cœur les spécifications des voitures et certaines des citations des auteurs.

N’étant à cette époque pas nécessairement aux faits de toute sa carrière, c’est au fil des ans que j’ai pu découvrir que Jacques Duval fut d’abord animateur de radio et pilote de course émérite. En 1971, il remportera d’ailleurs les 24 heures de Daytona en catégorie GT, devenant le premier Québécois à s’y illustrer.

L’idée de créer le Guide de l’auto émanera pour sa part de l’épouse de Jacques Duval. Elle lui suggère à l’époque de mettre en page ses impressions, issues d’une série d’essais routiers réalisés dans le cadre de l’émission Prenez le volant, alors diffusée à Radio-Canada.

Duval, s’exprimant dans un français irréprochable et à qui on pourra toujours attribuer le talent d’une très grande plume, lancera donc le premier Guide de l’auto en 1967. Au menu, 16 essais routiers, quelques trucs d’entretien, l’explication technique de divers composants d’une automobile ainsi qu’un lexique pour traduire en français quelques expressions et termes souvent mieux connus en anglais. Puis, au verso de l’ouvrage qui compte 158 pages, une brève explication à propos de Jacques Duval, qui commence à l’époque à se faire connaître grâce à la radio et la télévision.

À sa porte

Sans le réaliser avec grande certitude, je rêve déjà très jeune de pratiquer le métier de journaliste automobile. Mais je rêve surtout de rencontrer Jacques Duval. Le grand. Celui qui parcourt les quatre coins du globe pour essayer les dernières nouveautés et quelques-unes des plus belles voitures au monde.

Demeurant à quelques kilomètres de chez lui, le jeune adolescent que je suis à cette époque cognera maintes fois, non pas sans une certaine gêne, à la porte de son domicile. Chaque fois, son épouse m’ouvre, sourire aux lèvres, en me mentionnant que Jacques n’y est pas. Je repars bredouille, en me disant qu’un jour, j’aurai de la chance. De ces moments, je me rappelle du pas de la porte de sa maison entrevoir du coin de l’œil une tonne de disques compacts situés au fond du salon. Bien sûr, je ne savais pas non plus à cette époque que M. Duval est un grand amateur de chanson française, et qu’il possédait déjà une sérieuse collection musicale.

Ce ne sera que des années plus tard, alors étudiant dans un collège ontarien, que j’aurai la chance de rencontrer M. Duval pour une première fois. Un ami personnel me parlera d’une possible rencontre avec lui, étant invité d’honneur d’un petit événement automobile organisé par sa mère.

Jacques Duval se présente donc sur place, alors qu’il met à l’essai la nouvelle Volkswagen Passat TDI 1996 qui vient tout juste de débarquer chez nous. M. Duval constate sans doute que ce mélange de bégaiement et de mâchoire décrochée est pour moi synonyme d’un rêve qui se réalise. Il m’invite alors à prendre place à bord de cette Passat, avec laquelle il ira, dans un petit rang de campagne isolé, effectuer quelques tests d’accélération. Oh certes, j’aurais préféré qu’il conduise une Porsche, mais croyez-moi, même une Lada aurait fait l’affaire! S’en suivent donc quelques allers-retours chronométrés et quelques discussions sur le monde de l’automobile. M. Duval réalisera ainsi sans doute mon intérêt pour le domaine et m’invitera à lui remettre mes coordonnées, en me disant qu’il me serait possible un jour de participer de quelque façon que ce soit, à la production du Guide de l’auto.

Dès l’année suivante, il me confiera la confection des fiches techniques, puis m’invitera ensuite à participer à quelques matchs comparatifs du Guide de l’auto. C’est durant cette période que je rencontrerai aussi Denis Duquet, Marc Lachapelle et Philippe Laguë, qui ont aussi grandement contribué à faire de cet ouvrage ce qu’il est aujourd’hui. Mais surtout, c’est à ce moment que j’ai clairement réalisé dans quelle voie je me dirigerais.

Pour ça, merci M. Duval…et bon anniversaire!

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