Toyota C-HR 2018 : un véhicule bizarroïde d’un constructeur conventionnel

Points forts
  • Style qui attire les regards
  • Bonne tenue de route
  • Design intérieur agréable
Points faibles
  • Pauvre en caractéristiques
  • Places arrière peu accommodantes
  • Pas trop abordable
Évaluation complète

Toyota aurait pu prendre la route facile en lançant un VUS sous-compact qui se serait fondu dans la masse. Toutefois, la marque a décidé de briser la convention – ce qu’elle fait rarement – afin d’attirer une clientèle plus jeune.

Un VUS sous-compact normal avec un rouage intégral disponible en option conviendra parfaitement à un couple plus âgé, dont les enfants ont quitté la maison familiale, qui désire un véhicule peu énergivore pour l’amener au chalet et courir les ventes-débarras la fin de semaine venue, avec le besoin occasionnel d’accommoder des passagers arrière. Les jeunes créatifs urbains, le croisement des yuppies et des hipsters catégorisés comme étant des yuccies (young urban creatives), ne veulent clairement pas acheter les mêmes véhicules que leurs parents.

Voilà où le Toyota C-HR 2018 entre en scène. C’est un véhicule au style bizarroïde classé comme un camion léger. Franchement, il s’agit plus d’un petit coupé quatre portes avec une garde au sol surélevée. Il brouille la ligne déjà floue entre les voitures et les multisegments, mais la chose importante à retenir est qu’il fait tendance. Il concurrence directement le nouveau Nissan Kicks, qui sera mis en vente à l’été de 2018.

Son design extérieur joufflu est loin de nous couper le souffle, mais il n’est pas repoussant non plus. On y aperçoit une, peut-être deux lignes qui s’étendent harmonieusement d’un bout à l’autre de sa carrosserie, et le reste est une combinaison de bosses et de plis qui semble avoir été redessinée par une équipe de stylistes sur un lendemain de veille arrosée de Vodka Red Bull. Bon, ça fait tourner les têtes.

Photo: Michel Deslauriers

Il y a un moteur sous le capot du Toyota C-HR 2018, cependant les yuccies se fichent probablement de ses spécifications techniques. Une bonne chose, étant donné que c’est un quatre cylindres de 2,0 litres qui développe 144 modestes chevaux et un couple de 139 livres-pied. Une boîte automatique à variation continue achemine ce troupeau d’étalons aux roues avant, puisque plus personne n’achète de boîte manuelle, et surtout pas les jeunes. Quelle horreur! C’est comme leur demander d’acheter un BlackBerry au lieu d’un Apple iPhone ou d’un Samsung Galaxy.

Les accélérations sont adéquates, et la boîte automatique fait un bon travail à extirper le maximum de puissance du moteur. La trame sonore de ce dernier est loin d’être enchanteresse, qu’importe, car c’est probablement le critère d’achat numéro 83 sur la liste des désirs des yuccies. En contrepartie, lors de notre essai, nous avons enregistré une moyenne de 7,4 L/100 km, ce qui est très bon.

Grâce à la structure solide du C-HR ainsi que les excellents réglages de sa suspension et de sa direction, son comportement routier est étonnamment amusant. Le roulement est un peu ferme, mais ce n’est pas pire qu’avec les autres VUS sous-compacts.

Le profil coupé du C-HR définit nettement sa mission d’être un véhicule pour des gens sans enfants. Il y a peu de place à l’arrière, que ce soit au chapitre du dégagement pour les pieds sous les sièges avant, de l’espace pour la tête ou pour les épaules, alors il s’agit d’une accommodation occasionnelle. Plus que dans le Mazda CX-3, le Hyundai Kona ou le Jeep Renegade. Les petites fenêtres arrière et l’absence d’un toit ouvrant – même en option – font des places arrière un endroit sombre et peu invitant. L’aire de chargement est évaluée à 538 litres, donc raisonnablement polyvalente, et les dossiers arrière peuvent se rabattre pour créer une surface presque plate, et un volume maximal de seulement 1 031 litres.

Le design du tableau de bord est stylisé par sa simplicité, contrairement à l’habituel empilage de textures et de lignes dans d’autres produits Toyota. La disposition des commandes est ergonomique, aidée par le fait qu’il y a peu de boutons pour commencer. Le système multimédia n’est pas des plus conviviaux, et l’absence d’une intégration Apple CarPlay et Android Auto est un sérieux défaut pour la gang de yuccies qui voudront brancher leurs téléphones. Un système de navigation n’est pas disponible non plus, et la caméra de recul affiche ce qu’elle voit dans le rétroviseur intérieur, et non sur l’écran central.

Photo: Michel Deslauriers

Avec un prix de base de 24 750 $ avant les frais de transport et de préparation, le Toyota C-HR 2018 comprend des articles tels qu’un climatiseur, un télédéverrouillage et des sièges avant chauffants. Les distraits au volant profiteront aussi d'un système d'avertissement précollision avec détection de piétons, une prévention de sortie de voie ainsi qu'un régulateur de vitesse adaptatif pouvant même immobiliser le véhicule dans le trafic dense. En optant pour l’ensemble XLE Premium à 26 350 $, on ajoute de plus grosses roues, une clé intelligente et une surveillance des angles morts. C’est une somme élevée pour un petit véhicule qui n’offre pas un rouage intégral et des caractéristiques que l’on retrouve dans bon nombre de voitures et de VUS sous-compacts. Avec le C-HR, on mise sur son style et son comportement routier, avec un petit côté pratique en bonus.

On comprend que cet utilitaire Toyota cible une clientèle différente que celle intéressée par les petits VUS traditionnels. La compagnie tente quelque chose d’unique et jusqu’à maintenant, les ventes ont été modestes. Peut-être que les yuccies ne sont pas attirés par les voitures après tout. Le C-HR peut être considéré comme une solution plus moderne à une sous-compacte plutôt qu’un VUS résolument pratique.

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