Bentley Mulsanne 2018: La vedette du country club

Dans ce segment de marché où la vantardise est souvent le principal critère d’achat, plus le prix est élevé, plus la voiture est attrayante.

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2018

Pour 99% des gens, le prix de la Mulsanne la rend hors d’atteinte. Pour les autres, c’est une démonstration de leur richesse et de leur pouvoir, et plus le prix d’une automobile est élevé, plus elle leur est attrayante. À ce niveau stratosphérique, Bentley pourrait ajouter 100 000 $ au prix de ses voitures et elle en vendrait autant. Peut-être même davantage.

Voyez-vous, la Mulsanne possède tous les atouts permettant à son propriétaire de se péter les bretelles au country club. Elle est puissante, somptueusement bien finie et des plus exclusives — surtout au Canada, où seulement quatre unités ont été vendues en 2016.

Quelques changements esthétiques lui ont été apportés l’an passé. La calandre arbore désormais des bandes verticales en acier inoxydable, le détail à l’intérieur des blocs optiques a été redessiné et les feux arrière ont également été révisés. Les différences sont très subtiles, et il faut avoir l’œil averti pour les apercevoir. D’autant plus que l’on croisera une Mulsanne très, très rarement.

Une expérience d’achat hors du commun

Évidemment, la richesse ouvre des portes normalement fermées à la classe moyenne. En se procurant une Bentley la firme anglaise nous invite à son usine d’assemblage à Crewe afin de choisir les matériaux, les couleurs et les textures qui habilleront l’habitacle de notre Mulsanne, tasse de thé à la main. Malgré la rareté de la voiture sur nos routes, on ne voudrait surtout pas en croiser une identique à la nôtre! Aucun problème, puisque Bentley comblera les besoins et les désirs de tous ses clients. Même de ceux qui n’ont aucun talent pour agencer les couleurs.

Le corps dénudé de la Mulsanne est fabriqué par un sous-traitant et arrive à Crewe, prêt pour la peinture, l’aménagement intérieur et la mécanique. Les cuirs proviennent de taureaux élevés dans la partie sud de la Scandinavie, passant leurs journées dans un champ libre de clôtures en barbelé qui risqueraient de laisser des cicatrices sur leur peau. Pas moins de 17 bêtes doivent être déshabillées pour habiller l’intérieur d’une Mulsanne, et 24 teintes différentes sont disponibles... Les boiseries arrivent de plusieurs pays, dont l’Espagne, le Japon et les États-Unis. Ou d’un arbre de notre choix, puisque le client a toujours raison. On prépare 24 couches de placage pour chaque voiture; 17 sont utilisées et les autres sont conservées par le manufacturier si jamais l’auto a besoin de pièces de rechange. 

Les sièges, les accoudoirs et les panneaux de porte ont été redessinés, mais sinon, cet endroit a peu changé depuis 2013. Selon Bentley, des ressorts pneumatiques et des coussinets hydrauliques révisés ont permis une réduction du bruit de quatre décibels dans ce havre de paix, alors que le moteur est également plus silencieux de 25 décibels. Entrelacé dans cette orgie de cuirs, de boiseries et de métaux, on a aussi droit à un système multimédia revu et corrigé.

Enfin, pour ceux qui préfèrent se faire reconduire plutôt que s’asseoir au volant, la Mulsanne à empattement allongé procure 250 millimètres de dégagement supplémentaire pour les jambes à l’arrière. Cette version de la berline comprend également des fauteuils inclinables et un toit ouvrant arrière.

Toute une cavalerie

Le moteur de la Bentley Mulsanne est également assemblé à Crewe. Ce bon vieux V8 biturbo de 6,75 litres parvient à demeurer moderne malgré le poids des années, et produit actuellement 505 chevaux et un couple massif de 752 livres-pied. Le tout est acheminé au sol par l’entremise d’un rouage à propulsion et d’une boîte automatique à huit rapports. Le constructeur promet des accélérations de 0 à 100 km/h de 5,3 secondes et une vitesse maximale de 284 km/h. Pas mal pour une berline de plus de 2 700 kg!

Fait étonnant, et malgré la rapidité de la Mulsanne, cette puissance s’exploite sans violence, sans brasser ses occupants. Comme si l’on nous tirait d’un canon enveloppé d’une immense boule de ouate pour absorber le choc et le bruit. On entend le moteur, bien sûr, mais il souffle comme une tornade au lieu de grogner. La Mulsanne Speed, elle, dispose de 530 chevaux et d’un couple de 811 livres-pied, pour ceux qui voudraient ajouter un peu de sportivité à leur salon sur roues. Elle retranche 0,4 seconde sur le 0-100 et franchit le cap des 305 km/h. Malade.

Malgré tout, cette berline n’est pas des plus enivrantes à conduire, surtout considérant son prix et son gabarit. L’arrivée de la Rolls-Royce Phantom VIII risque de causer des ennuis à la Mulsanne, puisque l’aspect de la nouveauté incitera probablement les acheteurs de ces berlines de prestige à délaisser la Bentley. À bien y penser, ils s’achèteront sans doute les deux parce qu’ils en ont largement les moyens. Quel dilemme!

Feu vert

  • Luxe quasi inégalé
  • Performances étonnantes
  • Aura de prestige indéniable
  • Le confort d’un salon
  • Exclusivité garantie

Feu rouge

  • Prix démesuré
  • Poids excessif
  • Apparence peu changée depuis 2011
  • Consommation exagérée
  • Manque de caractère

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