Jaguar XJ 2017: Shocking, indeed

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2017

En 2011, Jaguar créait une commotion chez ses amateurs, très conservateurs. La noble et surannée XJ, dont le style n’avait guère changé depuis la fin des années 60, faisait place à une toute nouvelle venue, parfaitement moderne. Certains n’en sont pas encore revenus. Pourtant, comme sa devancière, ses lignes longues, basses, voluptueuses même, lui donnent de la prestance, qu’elle soit immobile ou qu’elle roule à 200 km/h. L’an dernier, Jaguar a apporté quelques menus changements, les plus marquants étant de nouveaux phares, à cette nouveauté.

L’habitacle, lui, n’a pas changé depuis 2011. Seul le système multimédia a été révisé l’an dernier. Le InControl Touch Pro, qui fonctionne aussi bien avec iOS qu’avec Android, peut devenir une borne Wi-Fi. Ce système est davantage moderne et plus complet que celui qu’il remplace et ses graphiques sont nettement plus clairs qu’avant. En général, il est aussi plus convivial même si, après une semaine au volant d’une XJ, je n’avais toujours pas trouvé comment régler les stations de la radio. Dommage aussi que les designers n’aient pas profité du nouveau système pour doter la XJ d’un écran central plus grand. Au moins, lorsque la carte de navigation est activée, elle peut s’afficher en grand devant le conducteur.

Il convient de mentionner que malgré les ambitions luxueuses de la XJ, son équipement et surtout son niveau de technologie font plutôt pic-pic lorsque comparés à ce qu’offrent les BMW Série 7 ou Mercedes-Benz Classe S, plus chères on en convient.

Tradition oblige

Sur chaque portière de la XJ, on retrouve une large bande de bois (véritable, il va sans dire). Ces deux bandes sont reliées par une autre, plus mince, qui surplombe le tableau de bord. Autant je trouvais ça beau en 2011, autant aujourd’hui l’ensemble me fait penser aux meubles en acajou du salon de tante Juliette, celui dans lequel les enfants n’avaient pas le droit d’aller. Heureusement, il est possible d’opter pour du noir laqué ou de la fibre de carbone.

Les sièges, on s’en doute, sont fidèles à la tradition anglaise, procurant un haut niveau de confort, tant à l’avant qu’à l’arrière, même si l’espace pour la tête, surtout à l’avant, est compté. La version à empattement standard propose des places arrière accueillantes et l’espace pour les jambes ne fait pas défaut. Imaginez alors quand le propriétaire a eu la sagesse de commander la livrée allongée! Certains plaideront que ces 13 cm supplémentaires en longueur ajoutent 7 000 $ au prix d’une XJ, mais quand on fait le calcul, cela donne à peine 538 $ le centimètre. Le nouveau pont Champlain coûtera bien davantage.

La XJ de base est dotée d’un très potable V6 de 3,0 litres développant 340 chevaux et 332 livres-pied. Il livre des performances décentes malgré les quelque 1 900 kilos qu’il a à traîner. Sa sonorité est malheureusement étouffée par des kilos de matériel insonore et la boîte à huit rapports qui l’accompagne n’est pas la plus rapide qui soit. Cependant, son rouage intégral ajoute un élément de sécurité non négligeable durant la blanche saison.

Le sport dans la noblesse

Les choses deviennent royalement intéressantes avec la XJR, offerte en version courte ou longue. Son V8 de 5,0 litres surcompressé développe 550 chevaux et 502 livres-pied. C’est amplement suffisant pour effectuer des dépassements sécuritaires. Surtout, cette XJ adopte un comportement davantage sportif que la V6. La boîte à huit rapports n’est pas encore parfaite, mais elle réagit plus rapidement. Et là, du son en accélération, il y en a. Et du beau son! Contrairement à la XJ de base, la XJR est propulsée (roues arrière motrices). Quelle belle image que celle de près de deux tonnes de noblesse lancées dans une courbe, maîtrisées uniquement par les pneus arrière fumants!

L’amateur de voitures anglaises et de conduite inspirée (généralement, les deux vont de pair) sera parfaitement satisfait avec une version V6. Si les performances ne sont pas échevelées, le comportement général de la XJ fait preuve de dynamisme et de raffinement grâce, entre autres, à un châssis en aluminium aussi solide que moderne. La tenue de route est largement supérieure aux besoins de la plupart des gens, le confort est toujours préservé et la direction, autrefois un modèle de lenteur, est désormais précise et offre même un certain retour d’information. Le modèle V8 est beaucoup plus pointu, sportif même, surtout en mode Dynamic.

Si Jaguar pouvait améliorer la qualité de la finition (qui a fait d’immenses progrès, mais qui n’est toujours pas à la hauteur des Allemandes), augmenter l’offre technologique et enfin, rétablir sa piètre réputation au chapitre de la fiabilité, la XJ serait promise à un extraordinaire avenir. D’autant qu’au rythme où les choses changent pour elle, elle est là pour longtemps!

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