Mini Cooper/Clubman, l'émotion et la logique

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

Il est dit que le côté droit du cerveau est celui de l’imagination, de la création, de la spontanéité et que le côté gauche est celui de la logique et du sens pratique. Si tel est le cas, la décision d’acheter une Mini Cooper ou une Cooper S proviendrait certainement du côté droit du cerveau de l’acheteur. Avec un style unique et des qualités dynamiques qui font de ces voitures de véritables go-karts, les Mini Cooper et Cooper S font preuve d’un pouvoir de séduction qui est bien réel.

Cependant, pour beaucoup d’acheteurs, ces voitures très tentantes ne passaient pas le test des caractéristiques pratiques, principalement en raison d’un volume d’espace restreint. Voilà pourquoi les Mini Clubman et Clubman S existent aujourd’hui, soit afin de proposer une voiture plus polyvalente à ceux et celles qui sont tombés sous le charme sans toutefois passer à l’acte. À partir de l’avant jusqu’au pilier B, la Clubman est identique à la Cooper. C’est donc après les portes avant que ces deux modèles se distinguent l’un de l’autre. La Clubman est plus longue de 240 mm et offre 60 mm de plus pour le dégagement des jambes des passagers assis à l’arrière. Son volume d’espace cargo passe de 160 à 260 litres, avec les sièges arrière en place, et de 680 à 930 litres avec les sièges arrière repliés. Enfin, le volume du réservoir d’essence est de 50 litres, comparativement à 40 pour la Cooper.

Voilà pour les chiffres. Passons maintenant aux commentaires subjectifs. Avec la Clubman, il est possible pour un adulte de s’asseoir à l’arrière, alors que ce n’est pas vraiment le cas avec la Cooper. À titre d’exemple, si je règle le siège du conducteur ou du passager pour ma grandeur, il m’est impossible de m’asseoir sur la banquette arrière dans la Cooper, en raison du manque d’espace pour les jambes et je mesure 5 pi 10 po ; avec la Clubman, le dégagement obtenu permet au passager de voyager avec plus de confort. Somme toute, la Cooper est pour ainsi dire une deux places, alors que la Clubman peut être considérée comme une quatre places et devient donc une candidate mieux adaptée à la vie de tous les jours.

L’accès aux places arrière est grandement facilité par la porte « Clubdoor » du côté passager et la Clubman hérite non pas d’un hayon mais bien d’une paire de portes arrière rappelant les Mini Traveller et Countryman des années soixante. Cependant, il ne faut pas oublier que la Clubman demeure une petite voiture et faire l’erreur de la considérer comme si elle appartenait à une catégorie supérieure à celle de la Cooper, ou encore comme si elle était une familiale.

Les dimensions supérieures de la Clubman se traduisent également par une augmentation du poids de la voiture, qui fait 80 kg de plus dans le cas de la Clubman et 85 kg de plus pour la Clubman S. Les motorisations sont inchangées par rapport à la Cooper.

En montant à bord, on constate que la présentation intérieure est identique à celle de la Cooper. La disposition des cadrans et des commandes est la même, avec la présence de l’indicateur de vitesse surdimensionné en plein centre de la planche de bord et la rangée d’interrupteurs à la base de la console centrale. La seule différence est que le conducteur doit maintenant composer avec une visibilité réduite vers l’arrière en raison de la présence des montants verticaux des portes arrière.

Un gain de poids important

Sur la route, il devient rapidement évident que le poids supérieur de la Clubman a une incidence directe sur les performances en accélération, ce qui représente le point faible le plus évident de ce nouveau modèle. En effet, traîner 80 kg de plus avec les mêmes 118 chevaux demande beau- coup d’effort au moteur de la Clubman et l’on doit continuellement flirter avec les hauts régimes en jouant du levier de vitesse afin d’en extraire le maximum de performance. C’est la principale lacune de la Clubman qui, autrement, séduit autant que la Cooper par ses qualités dynamiques, exception faite de la direction assistée électriquement qui est un peu vague. Avec ses 172 chevaux et surtout une plage de couple maximal beaucoup plus large (177 livrespied de 1 600 à 5 000 tours/minute), la Clubman S est davantage en mesure de composer avec son excédent de poids, sa conduite est beaucoup plus inspirée, et ce modèle représente de loin la meilleure configuration compte tenu des dimensions supérieures et du poids plus élevé de la voiture. En effet, autant la Clubman s’est montrée lente et décevante en conduite à flanc de montagne, autant la Clubman S nous a permis de retrouver le sourire et le plaisir de rouler sur ces mêmes routes.

Les Cooper

Pour ce qui est de l’agrément de conduite, la Cooper et la Cooper S présentent sensiblement le même scénario, la variante S étant beaucoup plus agréable à conduire et faisant presque figure d’un véritable go-kart. Dans la refonte vers le modèle actuel, les ingénieurs ont allégé et recalibré les suspensions tout en adoptant des barres antiroulis à l’avant comme à l’arrière, avec le résultat que le comportement routier de la Cooper actuelle est plus prévisible lorsque l’on enfile les virages à haute vitesse sur circuit. Bref, il s’agit toujours d’une voiture agile et incisive, mais elle est plus facile à piloter en conduite sportive, ses réactions étant toujours prévisibles. Le secret de ces performances améliorées tient non seulement au moteur turbo, mais également aux boîtes de vitesse, dont les versions manuelle ainsi qu’automatique comptent six rapports qui ont été allongés par rapport au modèle de la génération précédente.

Dans la boule de cristal

L’avenir nous réserve d’autres déclinaisons de la Mini puisque, tout comme la Cooper S, la Clubman S sera également offerte en variante John Cooper Works. Lancée au Salon de l’auto de Genève, cette dernière fait appel à une motorisation plus performante, forte de 208 chevaux, soit 32 de plus que la S. Les modifications apportées au moteur quatre cylindres comprennent des pistons renforcés, de nouvelles soupapes d’admission, une culasse révisée et une augmentation de la pression du turbo qui passe de 13 à 19 psi, alors que le taux de compression a été revu à la baisse. De plus, une éventuelle version à rouage intégral de la Mini devrait voir le jour en 2010 en tant que modèle 2011. Les premiers échos concernant ce modèle laissaient envisager que son nom serait « Crossman », mais cette appellation n’a cependant pas été retenue par les dirigeants de la marque et le nom qui lui sera attribué demeure inconnu au moment d’écrire ces lignes.

Il faut s’attendre à ce que les éléments mécaniques de ce modèle à venir soient les mêmes. De plus, la Mini à rouage intégral devrait être construite sur la base de la Clubman, et il est question que cette nouvelle version soit équipée de roues surdimensionnées ainsi que d’une garde au sol surélevée afin de composer avec sa nouvelle mission. À l’image de la Clubman, les performances en accélération seront probablement moins relevées que celles de la Cooper, puisque le nouveau modèle sera plus lourd en raison de la présence d’un rouage intégral. Par ailleurs, cette nouvelle version de la Mini ne sera pas assemblée en Angleterre, mais bien à l’usine du sous-traitant Magna Steyr de Graz en Autriche, qui assure aujourd’hui l’assemblage du X3 dont la production sera alors déménagée à l’usine BMW de Greenville-Spartanburg en Caroline du Sud.

Avec l’arrivée de la Clubman et de sa variante S, Mini ajoute deux nouveaux modèles à sa gamme, qui devient plus étoffée en offrant à sa clientèle une option plus pratique. Le charme et la plupart des qualités du modèle original sont conservés, en même temps que certains de ses défauts sont corrigés. Toutefois, dans les deux cas (Clubman et Cooper), il faut composer avec des prix élevés à la base qui atteignent rapidement des sommets avec l’ajout d’options et de groupes d’options vendus à fort prix. Et comme le catalogue regorge d’accessoires qui permettent de personnaliser une Mini à l’extrême, il faut constamment faire attention à la tentation ou plutôt jouer d’équilibre entre l’émotion et la raison.

FEU VERT

Version Clubman plus pratique
Modèles « S » très agréables à conduire
Bonnes transmissions
Style inimitable
Série rétro qui a de l’avenir

FEU ROUGE

Moteur de base faiblard
Places arrière abominables (Cooper)
Suspensions très sèches
Prix des options élevé
Visibilité réduite vers l’arrière (Clubman)

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