Lexus IS 2017 : pour la route, mais pas pour la piste

Points forts
  • Design unique
  • Habitacle joliment dessiné
  • Fiabilité légendaire
  • Sièges confortables
Points faibles
  • Direction peu communicative
  • Version IS 300 manque de muscle
  • Performances de la version IS 200t
  • Boîte à huit rapports antisportive
Évaluation complète

Le segment des berlines de luxe compactes est plus populaire que jamais, et voilà une catégorie où tous les joueurs se doivent d’être impeccables, sans quoi c’est la gamme au complet qui est pénalisée. Eh oui, les belles années où la Classe E faisait le pain et le beurre sont terminées! Bon, dans le monde, la Classe E de Mercedes-Benz continue d’être d’une popularité impressionnante, mais au Québec, c’est la Classe C qui domine.

Et cette Classe C ne domine pas que dans les ventes. Côté qualité, Mercedes-Benz offre une voiture quasi parfaite, une voiture qui excelle à tous les niveaux. Chez Acura, c’est la débandade, Infiniti offre un produit qui ne plaît pas aux critiques, et chez Lexus, la IS fait bonne figure.

Eh oui, chez les constructeurs japonais, Lexus est la marque qui se rapproche le plus des fabricants allemands. En fait, dans la vie de tous les jours, la IS se défend merveilleusement bien, mais côté motorisations, on repassera…

Photo: Marc-André Gauthier

Mais pourquoi lancer « la 2017 »?

Bonne question. La version 2017 de la IS représente un rafraîchissement de milieu de cycle pour la génération actuelle, et à première vue, il n’y a pas beaucoup de différence. En fait, si l’on prend le temps de comparer un modèle 2016 et un modèle 2017, on remarque immédiatement que l’avant a été redessiné, tout comme certains éléments à l’arrière. Ces changements ont pour but de rendre la voiture encore plus agressive, et ce, en dépit d’un design que beaucoup avaient jugé très agressif lors du lancement de cette génération.

À l’intérieur, peu de changements dans la disposition de l’habitacle, si ce n’est qu’un gros écran horizontal de 10 pouces est maintenant disponible sur certaines versions, tandis que les sièges sont conçus selon un nouveau procédé qui consiste essentiellement à remplir de mousse mémoire une enveloppe en cuir.

D’ailleurs, ces sièges sont réussis, super confortables, et le faux cuir employé dans les versions de base est convaincant. Cela dit, les sièges sport disponibles via l’ensemble F SPORT sont étroits à cause des supports latéraux prononcés, ce qui pourrait déplaire à certains.

Dans le domaine de l’invisible, on a supposément revu la calibration des suspensions et du châssis pour obtenir un comportement plus sportif.

Les motorisations demeurent les mêmes. À la base, nous avons la IS 200t, à propulsion seulement, où le quatre cylindres turbocompressé procure une puissance de 241 chevaux et un couple de 258 livres-pied, accouplé à une boîte automatique à huit rapports. La version IS 300, à rouage intégral seulement, utilise un V6 de 3,5 litres de 255 chevaux accouplé à une boîte à six rapports, tandis que la version IS 350, elle aussi uniquement proposée en intégrale, utilise le même moteur, dont la puissance est portée à 306 chevaux, et la même boîte automatique.

Pour les gens qui aiment se dire qu’un ordinateur veille constamment sur leur sécurité, toutes les Lexus IS 2017, même la version la plus basique, sont offertes avec le système Lexus Safety Sense, qui comprend la détection de piétons, le freinage d’urgence automatique, le régulateur de vitesse intelligent et plus.

Photo: Marc-André Gauthier

Je me répète, ne l’amenez pas en piste

Lexus est la marque automobile la plus fiable sur le marché, et la IS, l’un de ses véhicules les plus fiables. On peut donc dire que la Lexus IS est une voiture pour ceux qui aiment passer du temps au volant de leur voiture, plutôt que dans le gymnase d’un concessionnaire Audi, en attendant que le cappuccino soit prêt.

Sur une route ordinaire, la IS, peu importe la version, offre le confort d’une voiture de luxe, et l’aspect sportif auquel on s’attend de cette catégorie. Toutefois, Lexus est confiant envers son produit, et pendant le lancement de la IS 2017, nous avons passé la moitié de notre temps sur une piste très technique située sur l’île de Vancouver…

Ouf…

Par où commencer? La version IS 200t, pourquoi pas! Étant déclinée qu’en version à propulsion, on peut s’attendre à un comportement amusant, et à une direction qui permet prendre facilement les virages. On n’a rien de cela. Trop de systèmes électroniques et une direction imprécise nous donnent constamment l’impression de nous battre avec l’auto.

De plus, le moteur quatre cylindres turbo manque de vigueur, surtout si on le compare au moteur Mercedes-Benz équivalent. La boîte à huit rapports change de rapports sans le consentement du conducteur, même en mode manuel, faisant qu’on se retrouve en quatrième rapport alors que l’on devrait être en deuxième. En sortie de virage, donc, on doit patienter le temps qu’elle retourne en deuxième rapport, changement suivi d’une longue complainte d’un moteur essoufflé.

La version IS 300 AWD apprécie un peu plus la piste, mais encore là, la puissance n’est pas très convaincante. Ses 255 chevaux ne sont pas suffisants pour compenser le poids supplémentaire du rouage à l’avant, comparativement à la IS 200t, mais la boîte automatique à six rapports se comporte mieux que la boîte à huit rapports, surtout en mode manuel!

La version IS 350 AWD, qui devrait sauver la mise, le fait, mais à peine. Les 306 chevaux extirpés du V6 sont les bienvenus, surtout en sortie de virage, et l’on doit saluer le travail du système intégral qui nous permet d’accélérer agressivement, même en virage. Toutefois, version sport ou pas, le manque de communication de la direction ne nous met pas en confiance derrière le volant, et étrangement, on arrive mal à lire la voiture, à savoir si l’on se trouve près de la limite de celle-ci, en virage. Encore une fois, la boîte à six rapports n’est pas trop mal, mais elle paraît antique si on la compare à ce qui se fait chez Audi, BMW, et Mercedes-Benz.

Châssis bonifié? On sent effectivement une rigidité additionnelle, mais cette rigidité ne contribue pas à faire de la Lexus IS 2017 une voiture très sportive…

C’est donc ce qu’il faut retenir de la IS 2017. Sur la route, c’est une voiture confortable, sans souci, et raffinée. Sur piste, elle n’est pas à sa place, et c’est là que l’on remarque à quel point l’ingénierie allemande est supérieure dans ce segment, quand vient le temps de s’éclater. Mais bon, pourquoi parler de la piste, alors que la quasi-totalité des acheteurs dans ce segment ne feront pas de piste avec leur compacte de luxe? On ne peut donc pas planter la IS 2017 pour cette raison. Si vous songiez à vous procurer ce modèle, allez-y, vous allez apprécier.

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