Cadillac DTS, un pont avec le passé !

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

GM a réussi un coup de maître avec sa gamme Cadillac au cours des dernières années. Le constructeur a modernisé avec succès ces véhicules et les a rendus à nouveau désirables pour une toute nouvelle clientèle qui ne les aurait pas considérés autrement. La seule voiture qui persiste dans le style classique de Cadillac et qui sert de pont avec la clientèle traditionnelle est sans aucun doute la DTS, connue précédemment sous l’appellation Deville. Cependant, malgré son évolution tout en sagesse, elle n’est pas dénuée d’attraits.

La DTS, une berline de luxe pleine grandeur, a très peu de concurrentes dans son créneau. Cette situation n’est pas due à ses caractéristiques mécaniques ou à sa taille, mais bien à sa vocation et à sa philosophie. Elle représente toujours, pour une clientèle plus âgée, la voiture de luxe soulevant l’admiration et la reconnaissance pour celui qui la possède, notamment en raison du riche passé de la célèbre marque. Si vous appréciez les berlines sport, modernes et sophistiquées, cherchez ailleurs, la DTS n’est pas pour vous.

Un seul moteur offert

Sous le capot, la DTS reçoit un moteur V8 Northstar multisoupapes de 4,6 litres qui développe 292 chevaux pour un couple de 288 livres-pied. Une variante de ce moteur, qui équipe le modèle de base, dispose d’une puissance légèrement inférieure, soit 275 chevaux. Une seule transmission est au menu, soit une boîte automatique à quatre rapports, un autre élément classique, car les boîtes modernes disposent de cinq rapports et bien souvent six ou plus. Malgré tout, c’est une puissance largement suffisante, surtout en raison du couple élevé de ce moteur qui permet de bonnes reprises et des accélérations mordantes. La boîte automatique tire bien profit de la puissance disponible, mais un nombre de rapports supérieur permettrait d’obtenir des régimes moins élevés, donc une économie d’essence supérieure. Voilà un élément qui serait fort appréciable par les temps qui courent.

Un autre élément unique à la DTS est la motricité avant, Cadillac ayant en effet privilégié un retour à la propulsion pour ses autres modèles. Comme l’électronique a permis de minimiser plusieurs désavantages liés à la propulsion, certains constructeurs privilégient à nouveau ce rouage qui favorise les performances grâce notamment à une meilleure répar tition des masses.

Avec cette configuration et la puissance du moteur V8, il devient évident que la DTS, sans toutefois être anémique, n’est pas un bolide orienté vers la performance, mais plutôt vers le confort. Sous forte accélération, on note un bon effet de couple, un élément typique des voitures à traction plus puissante. En conduite, le châssis offre une bonne rigidité, mais la direction et la suspension sont calibrées en fonction d’une conduite confortable, non pas sportive. Cependant, la suspension magnétique, optionnelle et inaugurée sur les modèles STS et XLR, permettra d’obtenir une conduite plus ferme tout en réduisant les mouvements de carrosserie.

Style modernisé

Au chapitre des lignes, une fois encore, on remarque une sage évolution. Les stylistes ont apporté dans le passé quelques changements destinés à associer la DTS aux nouvelles lignes Cadillac. De ce lot, on note les phares ainsi que les feux arrière qui sont un peu plus profilés. Du reste, les lignes de la DTS demeurent classiques, histoire de plaire à la clientèle ciblée. Un changement trop radical pourrait déplaire aux acheteurs et miner les ventes. Le constructeur essaie cependant d’attirer une clientèle plus jeune en proposant la DTS avec un groupe « performance », qui ajoute notamment des jantes sport. L’idée est certainement louable, mais l’esprit de la voiture demeure. La DTS est une voiture imposante. Ceux qui apprécient les grosses carrosseries et les intérieurs spacieux seront servis à souhait.

Le tout se transmet d’ailleurs en conduite. On sent la voiture massive et moins agile en zone urbaine. Il faut dire qu’on est maintenant habitué à des voitures au gabarit beaucoup moins imposant. Cependant, les passagers héritent d’un très bon dégagement et le volume du coffre est certainement l’un des plus importants dans ce créneau. Les sièges baquets favorisent le confort et pourront accommoder avec aise les personnes plus corpulentes. La finition est aussi très correcte, malgré qu’il reste toujours quelques éléments à peaufiner.

Un avenir incertain

Il faut des voitures pour plaire à tous les types d’acheteur et, pour le moment, la DTS continue de remplir une mission précise, sans avoir l’air d’un dinosaure de la route. Ses composantes mécaniques sont certes moins modernes que ce que l’on retrouve à bord des nouveaux modèles du constructeur, mais le tout demeure acceptable. Il sera intéressant de voir combien de temps la DTS continuera à tenir le coup avant de disparaître ou de subir une nette cure de jeunesse.

FEU VERT

Moteur vif
Habitacle spacieux
Confort de roulement
Espace cargo généreux
Mécanique éprouvée 

FEU ROUGE

Effet de couple marqué
Transmission à quatre rapports
Peu performante
Image vieillissante

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