Audi A5/S5, splendide à longueur d'année

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2009

Pendant des années, les stylistes d’Audi ont eu le coup de crayon un brin discret et modéré. Certes, les voitures à quatre anneaux affichaient une élégance évidente, mais elles se ressemblaient toutes énormément et ne démontraient aucune excentricité. Depuis une dizaine d’années, cette marque en plein essor a cependant choisi d’épicer la sauce. Ainsi, des modèles comme la TT et le Q7 ont vu le jour. Bien sûr, la R8 aura également pris tout le monde par surprise, mais je considère que l’ultime beauté de la gamme repose en ce coupé A5/S5 lancé l’an dernier, et qui se définit à mon sens comme une grande oeuvre d’art. P P eut-être n’avez-vous pas le coup de foudre comme moi pour cette voiture, et si c’est le cas, je ne tenterai pas de vous convaincre de tomber amoureux de la A5/S5. Les goûts ne se discutent pas. Toutefois, si mon opinion m’amène à affirmer qu’il s’agit de l’une des plus belles voitures du monde actuellement commercialisées, c’est parce que j’ai eu la chance de la courtiser pendant deux semaines.

Je vous entends déjà me dire que la R8 est une bien plus grande réussite esthétique que ce coupé ; je répondrai à cela qu’elle n’est pas plus belle mais plus impressionnante. En revanche, le coupé A5 fait partie de ces voitures qui nous émerveillent davantage de jour en jour. Il ne suffit que de poser ses yeux sur elle pour lui découvrir chaque fois de nouveaux traits formidables. Son regard félin, sa calandre imposante, sa ceinture de caisse élargie et ses lignes d’une rare fluidité contribuent sans équivoque à embellir l’environnement dans lequel elle se trouve.

A5 ou S5, la différence principale de ces deux modèles réside dans leur mécanique respective. Vous les distinguerez cependant facilement de l’extérieur, la S5 arborant un museau plus agressif, des jantes à cinq rayons doubles et des rétroviseurs extérieurs en aluminium brossé. À bord, la S5 propose également un environnement plus sportif, notamment au niveau des baquets qui offrent davantage de support. Le piquage du cuir ainsi que quelques logos S5 relèvent aussi cet habitacle, histoire de vous rappeler que vous êtes à bord d’un coupé de haute performance. Mais croyez-moi, vous n’avez nullement besoin de ces éléments pour savoir à quel type de voiture vous avez affaire. Autrement, l’intérieur des deux versions est pour ainsi dire le même. La qualité d’assemblage et de finition est irréprochable et la présentation est aussi élégante que moderne. Étonnamment, ce coupé propose à l’avant un espace plus généreux que plusieurs autres modèles de la marque. On n’est ici nullement gêné par la largeur de la console centrale ou par un faible dégagement aux jambes. En revanche, il est clair que le dégagement à la tête n’est pas aussi généreux que dans une berline classique.

Joli et déroutant

Comme c’est la pratique chez la presque totalité des constructeurs allemands, l’instrumentation impressionne autant qu’elle déroute. Vous apprécierez donc la présentation des cadrans indicateurs et l’ergonomie des commandes, mais ragerez aussi contre la complexité du fonctionnement du système MMI (commande centrale qui permet de gérer le système audio, la navigation et tous les réglages de la voiture). L’ordinateur multifonction demande aussi une période d’adaptation, quoique ce dernier utilise le même procédé depuis longtemps. La S5 est évidemment la version à favoriser si vous êtes en quête de performances ultimes. Et pardonnez-moi si je vous semble modéré, mais je crois qu’il serait inutile de débourser davantage pour encore plus de puissance, par exemple pour une RS5 qui devrait nous parvenir dans une couple d’années. Voyez-vous, des voitures comme la défunte RS4 (420 chevaux) proposent tout simplement trop de puissance pour que l’on puisse bénéficier d’une conduite équilibrée.

Les 350 chevaux proposés dans la S5, qui sont livrés par un splendide V8 de 4,2 litres, permettent cet équilibre. Vous pourrez avec cette mécanique profiter d’une puissance appréciable et d’une sonorité exotique, tout en bénéficiant d’une conduite qui n’est pas enrageante lorsque l’on se retrouve dans le flot de la circulation. La puissance se dose facilement, les accélérations sont linéaires et la plage de puissance est très large. Le désavantage principal de cette mécanique réside cependant dans sa consommation, qui n’est jamais raisonnable.

Neige ou bitume

Bien sûr, le système de traction intégrale Quattro est évidemment un avantage non négligeable sur ce modèle, surtout dans notre coin de pays. En fait, mis à part le coupé de Série 3 de BMW, aucun autre coupé de luxe ne propose un équivalent mécanique. Et comme Audi excelle dans l’art de la traction intégrale, vous vous doutez que les performances routières sont tout simplement sublimes.

En réalité, A5 comme S5 s’accrochent au bitume avec un tel mordant qu’on n’en revient absolument pas. Les voies larges et la suspension ferme permettent une tenue de route hallucinante, le châssis démontre une rigidité sensationnelle et la direction est d’une stupéfiante précision. Il en résulte un agrément de conduite digne des plus grandes sportives de ce monde. Sur la route, seuls quelques craquements provenant du toit ouvrant dérangent, ce que j’appellerais un véritable moment de bonheur. Plus exotique, plus jolie et certainement pas moins fiable que le coupé concurrent de BMW, l’A5/S5 est une voiture tout simplement fantastique. Et contrairement à cette même rivale, l’A5 est bien plus qu’une A4 avec deux portières en moins…

FEU VERT

Élégance digne du grand art
Comportement routier sensationnel
Traction intégrale de série
Performances relevées (S5)
Finition superbe

FEU ROUGE

Consommation élevée (S5)
Complexité du système MMI
Craquements provenant du toit ouvrant
Visibilité arrière perfectible
Je ne peux me la payer ! ! !

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