Subaru Impreza 2015: La raison a ses raisons

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2015

L’Impreza actuelle est apparue il y a trois ans en s’excusant presque pour des silhouettes jugées trop sages et discrètes, berline ou hatchback. C’était pourtant une compacte nettement améliorée qui s’est glissée immédiatement dans le peloton de tête. L’utilitaire sport compact XV Crosstrek est arrivé l’année suivante, construit sur la même architecture mais enveloppé d’une carrosserie plus jazzée. Dans les deux cas, l’essentiel est sous la carrosserie.

En dépit de la taille imposante du conglomérat japonais Fuji Heavy Industries dont il fait partie, Subaru est un petit constructeur où les ingénieurs font manifestement la loi. Tant mieux pour leurs clients et inconditionnels qui y gagnent des voitures et utilitaires conçus avec une minutie et un souci du détail incontestables. Tant pis pour les amateurs de style. Pourtant, l’un n’empêche pas l’autre comme l’ont récemment prouvé les constructeurs coréens.

Des valeurs fondamentales

L’Impreza est donc à la fois confortable, spacieuse, pratique, sûre et d’une belle frugalité pour une compacte à rouage intégral. Tant pis si elle n’est pas tellement sexy, de dire les logiques et les pragmatiques, qui ont parfaitement raison. Sa carrosserie autoporteuse plus rigide et néanmoins plus légère lui a valu des notes et cotes de sécurité exceptionnelles dans les tests sans merci des agences américaines.

Ces diables d’ingénieurs de Subaru ont quand même trouvé le moyen de lui tailler des montants de toit avant plus minces et d’ajouter de petites glaces en trapèze juste derrière pour lui offrir en plus une remarquable visibilité vers l’avant, vers les côtés et sur l’intérieur des virages. Une qualité éminemment discrète et pourtant rare et précieuse dont profitent aussi le XV Crosstrek et les nouvelles berlines WRX et STI, construites sur la même architecture. Parce que ces mêmes ingénieurs n’oublient jamais la sécurité active dans leur quête obligatoire de sécurité passive.

Mutation mécanique

Si l’Impreza est nettement moins assoiffée que sa devancière avec un moteur qui compte un demi-litre de cylindrée et 22 chevaux en moins, c’est parce que son quatre cylindres à plat de 2,0 litres est à double plutôt qu’à simple arbre à cames en tête et qu’il profite à la fois de l’injection directe et du calage variable en continu de ses soupapes. Le gain est encore plus net avec la transmission automatique à variation continue. Le sprint 0-100 km/h en 10,4 secondes de cette version n’arrache rien mais les cotes ville/route de 8,7 / 6,6 l/100 km (normes RNC 2015) sont louables pour une compacte à rouage intégral.

Le même 2,0 litres atmosphérique de 148 chevaux fait grimper le XV Crosstrek à 100 km/h en 10,8 secondes avec la boîte TVC (ou CVT en anglais). Le XV Crosstrek Hybride y parvient en 9,6 secondes grâce au moteur électrique intégré à sa propre transmission TVC. Il ajoute ses 48 lb-pi de couple instantané, alimenté par une batterie au nickel-métal-hydrure (NiMH) de Panasonic.

Le groupe propulseur hybride ajoute pourtant 150 kg à la masse du Crosstrek qui y perd également une part de volume de chargement. Son coffre contient 609 litres avec les dossiers arrière en place et 1 422 litres lorsqu’ils sont repliés, tandis que ces données sont de 632 et 1 470 litres pour le XV ordinaire.

La cote de consommation urbaine du Crosstrek Hybride (aux normes RNC 2015) est de 8,1 plutôt que 9,5 l/100 km pour les autres Crosstrek à boîte TVC. Leur cote pour la route est la même à 7,2 l/100 km. Ce gain théorique de 1,4 l/100 km en conduite urbaine est assez faible et exige sans doute des conditions idéales. Lors d’un essai au cœur de l’hiver, le XV Hybride n’a pas roulé en mode électrique une seule fois, même à une température relativement douce de 0 Celsius, alors qu’il est censé pouvoir le faire jusqu’à 42 km/h.

Traits de famille

Quelle que soit la version, le XV Crosstrek se démarque clairement de ses rivaux par son aplomb et sa belle tenue de route. On note toutefois d’abord la facilité d’accès au siège, le confort et le maintien qu’on y trouve de même que la précision et la qualité des contrôles. Toutes ces vertus ajoutées à l’excellente visibilité mentionnée plus haut.

Le XV Hybride s’est révélé impeccable sur des routes de campagne au revêtement méchant. Il s’y trouvait parfaitement à l’aise, stable, agile et prévisible à souhait. Peut-être un effet bénéfique du gène du rallye dans son code génétique. Le roulement est ferme, mais la carrosserie solide et une suspension bien amortie émoussent les chocs pour vous éviter un inconfort sérieux. L’efficacité du rouage intégral est à l’avenant. Pour le XV comme pour l’Impreza, le différentiel central est à viscocoupleur avec la boîte manuelle et de type multidisque à contrôle électronique avec la TVC.

Chose certaine, Impreza ou XV Crosstrek, on gagne beaucoup chez Subaru à chercher la substance au-delà de l’apparence.

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