Dodge Charger 2015: Bella Charger

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2015

Comment rendre plus italienne une pure américaine? Il suffit d’ajouter une légère pincée de Fiat au mélange explosif déjà bien rodé de Dodge. Le résultat ne plait évidemment pas à tous, mais ramène la Charger 2015 dans le giron de la famiglia.

Depuis l’acquisition de Chrysler par Fiat, l’influence du constructeur italien avait été jusqu’à tout récemment très discrète dans le design des modèles. L’incursion la plus marquée revient à la 500 qui fourmille maintenant partout au Canada et un peu moins chez nos voisins du Sud. Et dernièrement, Fiat s’est impliqué dans la création de la Dart, un produit directement dérivé de l’Alfa Romeo Giulietta. La nouvelle Charger, pur symbole américain, n’échappe donc pas à cette influence italienne puisque la version 2015 reprend de nombreux éléments de la Dart.

Modifications remarquées

Depuis son lancement, la Charger n’a pratiquement pas changé. Sa silhouette vieillit bien et les modifications apportées au fil du temps se sont concentrées aux extrémités. On a repensé la calandre, rajeuni les phares et complètement modifié les feux arrière. Cette année, on s’est surtout attardé à la partie avant. La nouvelle forme des phares, avec bande à DEL, entoure une calandre redessinée. L’effet macho de la voiture s’est légèrement estompé avec ce capot plongeant et cette calandre maintenant plus mince au-dessus du pare-chocs.

Mécaniquement, on observe quelques nouveautés pour la Charger 2015. La plus surprenante est certainement le retrait du moteur V8 HEMI de 6,4 litres qui se cachait sous le capot de la version SRT. Mais la plus intéressante concerne le rouage intégral qui équipe désormais les modèles à motorisation V6 seulement. Pour l’instant, Dodge ne confirme que deux moteurs, le V6 Pentastar et un V8 HEMI de 5,7 litres.

À l’intérieur, on propose une très légère épuration qui passe par un nouveau levier de vitesse à l’allure rétro, un volant redessiné et le repositionnement des boutons de la ventilation. Autrement, on conserve le bel aménagement de l’habitacle, rehaussé de matériel de meilleure qualité et de nombreuses lumières d’ambiance à DEL. Les dimensions généreuses permettent à tous les passagers de s’installer confortablement dans leur siège. Le dégagement pour les jambes est amplement suffisant à l’avant et généreux à l’arrière.

Trois personnalités

Si vous n’utilisez votre véhicule que pour vous rendre du point A au point B, la Charger de base en versions SE ou SXT conviendra parfaitement à vos besoins. Elle propose un V6 3,6 litres Pentastar de 292 chevaux et limite sa consommation à 11 l/100km au combiné, ce qui s’avère très raisonnable compte tenu des dimensions et de la puissance du véhicule. Les performances ne sont pas très loin de celles du V8 HEMI et suffisent à rendre la conduite agréable et rassurante, surtout lors des dépassements. La transmission automatique possède huit rapports et effectue de l’excellent boulot alors que les changements se font rapidement et efficacement, sans être trop nombreux. La Charger dispose cette année d’un mode Sport qui permet de diminuer de moitié les temps de changement de rapport, d’augmenter la réponse du moteur, d’ajuster le système de contrôle de stabilité et de raffermir la résistance du volant. Et croyez-moi, ça parait!

Pour un léger supplément, la version Rallye ajoute 8 chevaux au moyen d’une entrée d’air agrandie, d’un échappement sport et de la calibration spéciale du moteur. Jumelée à la transmission huit rapports, cette motorisation livre le meilleur compromis entre la consommation raisonnable du V6 et la puissance monstrueuse du V8 HEMI de 370 chevaux.

À l’autre bout du spectre, la Charger R/T rassemble tout ce qu’un muscle car se doit d’offrir. Un moteur puissant, des roues surdimensionnées, un style d’enfer, des freins robustes et une sonorité envoutante. Évidemment, la voiture n’a pas les capacités dynamiques d’une Viper ou d’un pur coupé sport, mais la Charger R/T peut tout de même se vanter de réaliser d'époustouflantes performances en accélération. La grande réserve de puissance qui se cache sous le capot ne demande qu’à être exploitée moyennant une consommation de 15 l/100km. Et merci à Dodge d’avoir écouté nos doléances des années passées en retirant la transmission automatique à 5 rapports au profit d’une efficace huit vitesses! Une version « de piste » (R/T Road & Track) est offerte en option et possède une suspension recalibrée, des freins de haute performance et des pneus à profil bas de 20 pouces.

Avec la tendance du marché de concevoir des véhicules de plus en plus petits, la Charger semble avoir pris du volume au fil du temps. Elle fait partie des berlines intermédiaires mais ses dimensions sont pour plusieurs, synonymes de voiture pleine grandeur. Néanmoins, les prix sont abordables, le produit de qualité, la consommation raisonnable et la tenue de route excellente.

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