Audi A5 2015: Le coupé oui, le cabriolet non

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2015

Je ne pense pas que l’on ait besoin de 450 chevaux pour se promener cheveux aux vents par une belle journée d’été dans un cabriolet. Voilà qui exclut illico la version décapotable de la récente Audi RS5, d’autant plus que son prix exorbitant donne sérieuse matière à réflexion.

En plus, qu’importe la rigidité de la structure de ce cabriolet, je suis persuadé que la caisse souffrira au fil des kilomètres et se chargera de vous faire entendre quelques couacs en guise de protestation contre l’état délabré de notre réseau routier... Cela dit, c’est tout de même la version découvrable de l’Audi RS5 que la marque allemande a choisi de nous faire essayer récemment.

Cette voiture a de la poigne, nul doute là-dessus. Et elle se déplace avec une rare vélocité. À tel point, qu’elle s’adonne au culte de l’inutilité en ne nous permettant pas de profiter à plein régime des performances époustouflantes qui sont siennes. Ce qui remet en cause la nécessité d’avoir une telle cavalerie sous le capot. La même voiture avec un moteur moins déshumanisé peut s’acheter à un prix inférieur d’environ 40 000 $, ce qui devrait, en principe, clore le débat sur la raison d’être de ce modèle.

Le juste milieu

Sans négliger totalement cette RS5 carabinée, je pense qu’il y a lieu de brosser un portrait de l’une des gammes les plus étoffées du catalogue Audi. Elle comprend pas moins de 8 modèles proposés en deux types de carrosseries (coupés et cabriolets) avec 3 motorisations différentes et autant de boîtes de vitesse. Partisan du juste milieu, la S5 avec son moteur V6 de 3 litres et 333 chevaux m’apparait comme la version idéale. Acclamé comme l’une des plus belles voitures du monde à son apparition sur le marché, le coupé n’accuse aucune ride 7 ans plus tard et a merveilleusement résisté à l’épreuve du temps. Raison de plus d’opter pour ce modèle, même si le plaisir de rouler à ciel ouvert n’est pas négligeable.

Avant de faire grimper à nouveau mon taux d'adrénaline au volant de ma RS5 d’essai, il est bon de rappeler que la version d’accès à la gamme, l'A5, est la plus répandue et que son 4 cylindres turbo de 2 litres et 220 chevaux peut se jumeler à une boîte manuelle à six rapports ou une automatique à 8 rapports chargée principalement de réduire la consommation. Cette combinaison doit sa popularité à un prix qui n’est rien de moins que la moitié de celui de la RS5. Son tempérament sportif n’est évidemment pas aussi affiné, mais elle n’en constitue pas moins une voiture agréable en usage quotidien. Et, comme toujours chez Audi, la traction intégrale est de rigueur, faisant de cette série des voitures quatre saisons.

La ligne suave de ce coupé doit toutefois assumer la responsabilité de rendre les places arrière difficiles d’accès et strictement réservées à des occupants de taille moyenne. Le coffre souffre aussi d’une capacité réduite par rapport à celui d'une berline. À l’intérieur, les sièges sont fermes (peut-être trop pour certains), mais le conducteur est choyé par la position légèrement décalée de l’écran central posé sur la console. Il l’est beaucoup moins par après quand il doit se dépatouiller pour démêler l’avalanche de boutons qui sévit au tableau de bord. Heureusement, ils sont clairement identifiés, soit par un symbole ou une abréviation.

Sur la ligne de départ
De retour dans le cabriolet RS5, la puissance est exaltante tout comme le son du V8 qui nous ramène à la belle époque des pony cars américains. Il reste que les chevaux piaffent et qu’ils sont loin de s’exprimer en douceur. Il en résulte une atteinte au confort avec des réactions brutales du châssis. Les envolées du moteur jusqu’aux 8 250 tr/min de la zone interdite sont contrôlées par les palettes d’une boîte robotisée à double embrayage brillante d’efficacité. On peut la programmer selon son humeur, mais il est préférable d’oublier le mode Dynamic plutôt inconfortable. Le petit volant, plat dans sa partie inférieure, est bien joli quoique l’on puisse lui reprocher une trop grande légèreté. Autre détail : dans la RS5 de 103 000 $, ledit volant se règle en hauteur ou en profondeur manuellement et non électriquement comme toute voiture de ce prix qui se respecte.

Projetée vers les 100 km/h en tout juste 4,6 secondes (telle une Tesla), on a nettement l’impression d’être sur la ligne de départ tellement cette RS5 est rapide et collée au bitume. J’oubliais, à plus de 200 km/h, la capote du cabriolet est impeccablement étanche et ne laisse filtrer aucun bruit d’air. N’empêche que si j’ai envie d’aller vite, je préfère le coupé. Au moins, j’ai un vrai toit au-dessus de ma tête.

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