Chevrolet Cruze 2015: Toujours trop sage et raisonnable

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2015

La Cruze a fait une entrée plutôt triomphale il y a quatre ans en décrochant le titre de Voiture de l’année de l’AJAC, rien de moins. Cette berline compacte a certainement de belles qualités, surtout qu’on peut maintenant se l’offrir avec un moteur diesel très frugal. Si elle ne fait pas de plus grands ravages chez nous, c’est entre autres parce que les versions les plus séduisantes sont restées en Europe. Il serait peut-être temps de les inviter.

C’est peu dire que Chevrolet n’a pas toujours brillé avec ses petites voitures créées pour le marché nord-américain. La Vega fut un cuisant échec, en dépit de sa jolie bouille. La Cavalier était quelconque, malgré ses chiffres de vente. Et la Cobalt est passée inaperçue, à peu de choses près. Les Américains ont cependant fait leurs devoirs très correctement pour la Cruze.

Cette réussite est certainement due au fait qu’elle allait être distribuée dans plus de soixante pays. GM avait finalement compris, comme Ford, Honda, Toyota et Volkswagen, que ces histoires de « voiture mondiale » ont du bon. La Cruze est d’ailleurs rapidement devenue la Chevrolet la mieux vendue sur la planète, toutes versions confondues.

Où sont les autres?
La Cruze actuelle se débrouille assez bien aux États-Unis et correctement chez nos voisins canadiens. Au Québec, par contre, elle est distancée par la majorité de ses rivales. Il faut dire qu’on ne nous offre qu’une berline guindée, comme les aiment nos voisins, avec une présentation intérieure à l’avenant. La familiale et la « cinq portières » qui permettraient à la Cruze de taquiner des succès comme les Elantra, Civic et Mazda3 sont réservées aux Européens. Et pour rivaliser avec la Corolla, une autre berline, la Cruze a du chemin à faire en termes de réputation et de fiabilité.

Chevrolet a pensé encore à sa clientèle américaine en se contentant cette année de retoucher la calandre et la partie arrière de la Cruze pour qu’elle ressemble plus à ses grandes sœurs, les Malibu et Impala. Pour le style audacieux, on repassera. De toute manière, elle a toujours affiché le tempérament paisible d’une intermédiaire plutôt que le caractère enjoué des meilleures compactes.

Si ce nouveau style a peu de chances d’attirer des acheteurs plus jeunes, ces derniers risquent de s’intéresser à une nouvelle fonction qui permet la lecture de messages texte par les haut-parleurs et à l’ajout du logiciel de reconnaissance vocale Siri Eyes Free pour le iPhone. Il y a aussi la disponibilité d’une version du système de communication OnStar qui permet de créer un point d'accès sans fil (un hot-spot wi-fi, quoi) pour plusieurs appareils, lequel tourne sur un réseau 4G LTE ultrarapide. Espérons que ces ajouts et mises à niveau ont amélioré du même coup l’efficacité des commandes vocales et la fiabilité du système de navigation optionnel qui n’étaient pas toujours irréprochables.

De bonne lignée
La Cruze partage la plate-forme ou architecture Delta II de GM avec les Volt et Orlando chez Chevrolet mais également la Buick Verano et la Cadillac ELR. Ce qui lui vaut, entre autres, une structure solide et un comportement routier très honnête, surtout pour le confort et la qualité de roulement que lui procure une suspension arrière à roues indépendantes bien conçue. Elle n’a rien d’une sportive, par contre, et sa servodirection électrique manque de sensibilité. Surtout en position centrale, où le volant passe le plus clair de son temps. Ça tombe mal.

La Cruze est malgré tout une très bonne routière, à défaut d’offrir la tenue de cap fine et tactile des meilleures. Surtout si l'on choisit le moteur diesel de 2,0 litres qui en fait une des voitures les plus frugales que nous ayons conduites. Nous avons même obtenu une consommation remarquable de 4,8 L/100 km sur un trajet vers l’est de plus de 1 000 km, en roulant presque constamment à 120 km/h. Au rythme du trafic, quoi. Avec une moyenne affichée de 5,3 L/100 km pour la virée entière de plus de 2 200 km.

La Cruze Eco, moins chère et pas aussi frugale que la 2.0 Diesel, est néanmoins sympathique à conduire. Leurs performances sont très semblables avec un sprint 0-100 km/h de 9,2 secondes pour la Diesel et 9,9 secondes pour l’Eco, qui est propulsée par le quatre cylindres turbo de 1,4 litre et 138 chevaux qu’on retrouve sur d’autres versions. Il est préférable d’éviter le 1,8 litre atmosphérique de base qui n’est ni agréable ni tellement fiable.

Espérons maintenant que Chevrolet offrira son moteur diesel dans les modèles moins cossus et qu’un miracle nous amènera ces jolies familiales et beaux hatchbacks lorsque la Cruze aura droit à un remodelage complet.

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