Dodge Journey 2015: "Fourgonnette", ce mot tabou

Points forts
  • Ensemble Crossroad agréable à l'oeil
  • V6 et transmission 6 rapports bien adaptés
  • Beaucoup d'espace de chargement
  • Possibilité de transporter 7 passagers
  • Qualité de l'habitacle en nette amélioration
Points faibles
  • 4 cylindre et boite à 4 rapports vétuste
  • Quelque peu gourmand
  • Versions tout équipées un peu chères
  • Modèle de base sobre
Évaluation complète

Dans les années 80, Chrysler a révolutionné le concept de transport familial avec la Caravan (il n’a pas inventé le concept, mais il l’a certainement popularisé en Amérique). Par contre, quelques années plus tard, un phénomène étrange s’est produit : puisque leurs parents ont conduit des Caravan, la génération suivante ne voulait pas faire comme leurs géniteurs, ce qui fait que les fourgonnettes sont soudainement devenues l’antithèse de la popularité.

Pourtant, Chrysler savait bien que le concept d’un véhicule avec beaucoup d’espace, une garde au sol pas trop relevée, ainsi que la possibilité de transporter sept personnes pouvait satisfaire les familles. Mais comment leur refiler un tel véhicule sans qu’il porte le nom de « fourgonnette »?
C’est ainsi que le Dodge Journey a vu le jour en 2008, basé sur la plateforme JC de Chrysler (qu’on retrouvait aussi sous l’Avenger et l’ancienne Chrysler 200). Ce véhicule reprenait la recette de la Caravan : traction avant, moteur de base à quatre cylindres et prix de base abordable. Il a aussi pris la place de la Caravan à empattement court, puisque celle-ci n’est plus fabriquée depuis sa plus récente refonte, laissant la Grand Caravan continuer seule.

Ne m’appelez pas Caravan

L’apparence du Dodge Journey n’a presque pas changé depuis son lancement, mais la version Crossroad qui m’a été confiée pendant une semaine est actuellement l’ultime itération de ce multisegment : avec ses énormes roues noires de 19 pouces, sa calandre noircie, ses échappements chromés, sa robe rouge pompier ainsi que les protège-parechoc argentés, la familiale a fière allure. Comme la capacité intérieure oblige une certaine verticalité dans les parois latérales, il ne faut pas s’attendre au style d’un coupé. Cependant, puisque le Journey n’est pas un VUS pur et dur, il n’est pas trop haut sur patte, et l’accès à bord est facile autant à l’avant qu’à l’arrière. Sur les modèles plus basiques, il y a beaucoup moins d’artifices visuels, mais la ligne générale est la même. Peu tape-à-l’œil, le Journey réussit à ne pas trop ressembler à sa consœur Grand Caravan.

La fourgonnette des temps modernes

Puisque beaucoup de gens qui ne veulent pas d’une fourgonnette n’en ont jamais conduit une, Dodge n’a pas eu à déguiser la conduite du Journey. En conséquence, le multisegment n’est pas difficile à conduire : le volant est facile à tourner, et l’assistance à la direction est plus que suffisante. Il y a bien un léger flou dans la conduite, mais puisque personne n’utilisera un Journey sur une piste d’autocross, ce ne sera jamais un problème.

Le moteur d’origine est un quatre cylindres de 2,4 litres associé à une boite automatique qui envoie ses 173 chevaux aux roues avant. Cette mécanique est dépassée, mais elle est également très poussive et suffit à peine à déplacer le Journey. Par contre, ce petit moulin permet d’offrir le véhicule de base à moins de 20 000 $. Si vous voulez la traction intégrale (ou accélérer plus vite qu’un escargot léthargique), il faudra vous tourner vers les versions plus équipées : celles-ci ont droit au moteur V6 Pentastar accouplé à une boite automatique à six rapports. Cette motorisation a non seulement beaucoup plus de punch, mais elle est aussi à peine plus énergivore, dépensant moins d’un litre aux 100 km de plus que l’engin de base (selon les données du manufacturier. Dans le vrai monde, nous avons quelquefois vu des Journey à quatre cylindres consommer du carburant à un rythme prodigieux). Le rouage intégral s’active sur demande : dès qu’il sent que les roues avant patinent, le système transfère la puissance aux roues arrière.

Sur la route, le Dodge Journey se conduit comme un véhicule utilitaire sportif qu’on aurait rabaissé de quelques centimètres. Puisqu’il est un peu plus haut que la majorité des voitures, la visibilité est plus que suffisante. Le capot plongeant aide aux manœuvres de stationnement, et la caméra arrière aide à reculer le véhicule dans les endroits les plus exigus. Sur les modèles à moteur V6, on peut sélectionner l’option d’une troisième rangée de sièges : l’espace pour les jambes n’est pas énorme, mais c’est assez pour les enfants. Parlant d’enfants, le véhicule a une fonctionnalité bien pratique pour faciliter l’accès à bord : les portes arrière s’ouvrent à 90 degrés (versus 45 pour une portière ordinaire).

À la fin de la Journey

Puisque le Dodge Journey débute à 19 945 $, plusieurs familles y voient une alternative moderne aux fourgonnettes que leurs parents conduisaient, et elles ont entièrement raison. On en remarque d’ailleurs une énorme quantité sur nos routes. Par contre, même si les versions à moteur V6 sont confortables, puissantes et permettent de tracter une petite remorque, la facture peut grimper rapidement : tel qu’équipé, mon modèle d’essai se vend 41 085 $.

Le Journey est appelé à être modernisé sous peu. D’ici là, la génération actuelle est une bonne affaire, et permettra de transporter toute votre marmaille dans le confort. Un de ses plus grands attraits? Ce n’est pas une Grand Caravan.

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