Dodge Journey 2014: À apprécier avec modération

Points forts
  • Bonne habitabilité
  • Moteur V6
  • Rouage intégral efficace
  • Espaces de rangement multiples
  • Excellente cote de sécurité
Points faibles
  • Fiabilité moyenne
  • Plate-forme dépassée
  • Consommation élevée (V6)
  • Suspension sèche sur certains modèles
Évaluation complète

À sa première génération, le Dodge Journey était l’un des véhicules les moins recommandables sur le marché : sa motorisation était déficiente, sa tenue de route quelconque tandis que l’aménagement intérieur se démarquait surtout par des matériaux de qualité très moyenne et une ergonomie à revoir. On l'avait d’ailleurs dévoilé au Salon de l’auto de Montréal en 2009, et son seul élément positif était un prix de base inférieur à 20 000 $.

Après la faillite de Chrysler et sa prise en main par le groupe italien Fiat, on doutait que les choses s’améliorent. Pourtant, ce fut tout le contraire! Il faut souligner à cet effet que le groupe Fiat Chrysler est devenu maitre dans l’art de renouveler un produit déficient sans qu’il lui en coute trop cher. Ainsi, au lieu de tout transformer, on s’est attardé à modifier les éléments qui en avaient le plus besoin tout en conservant la plateforme et plusieurs composantes mécaniques. Si bien que le modèle 2011 du Journey devint beaucoup plus compétitif et attrayant.

Depuis ce temps, peu de choses ont changé tant sur le plan esthétique que mécanique. Histoire de savoir si ce Dodge était toujours dans le coup, nous avons fait l’essai d’une version à moteur V6 associé à une transmission automatique à six rapports. C’est immanquablement le seul choix digne de mention puisque le modèle propulsé par le quatre cylindres de 2,4 litres ne fait pas le poids. Non seulement sa puissance de 173 chevaux est un peu juste, mais il est jumelé à une transmission automatique à quatre rapports qui est carrément désuète. De plus, cette motorisation ne permet pas de commander le rouage intégral.

Élégance pratique

Il est difficile de discuter des gouts, mais il faut admettre que le Journey ne s’en tire pas trop mal avec sa silhouette juste assez agressive pour lui donner un peu de caractère visuel. Ses parois latérales sont planes, accentuées cependant par des passages de roue en relief et un renflement de bas de caisse qui rompt la monotonie. Les roues en alliage sont très élégantes et la calandre cruciforme propre à tous les modèles Dodge est en évidence et surplombe une prise d’air assez volumineuse. À l’arrière, les feux sont de très bonnes dimensions tandis que le parechoc est en relief.

Lors de la refonte, les stylistes ont transformé la planche de bord et ces changements sont impressionnants. En effet, c’est d’une élégante sobriété alors qu’une ligne en aluminium brossé en bas de la planche de bord donne un peu de relief visuel et délimite les sections supérieure et inférieure. Au centre, on retrouve un écran d’affichage de dimensions assez généreuses et dont l’affichage est facile à déchiffrer et à utiliser. Cependant, certains trouvent cette présentation simpliste. Entre les deux cadrans indicateurs enchâssés dans un module rectangulaire, figure le centre d’information qui s’est révélé fort pratique.

Il faut mentionner que la qualité des matériaux est plus qu’adéquate. Mais ce qui impressionne le plus est la multitude d’espaces de rangement, notamment celui placé sous le siège du passager avant fort utile pour cacher certains éléments de valeur. Par contre, la troisième rangée de sièges est plus symbolique qu’autre chose... Somme toute, l’habitabilité peut être qualifiée de très bonne et proportionnelle aux dimensions extérieures du véhicule.

Ne pas dépasser les limites

Pour apprécier le Journey à sa juste valeur, il faut se contenter de conduire en respectant les limites de vitesse affichées. En effet, si le V6 de 3,6 litres de 283 chevaux fournit un bon rendement, il est nettement supérieur à la qualité de la plateforme et de la suspension. Alors, si vous vous énervez au volant, vous découvrirez que les limites de la plateforme sont rapidement atteintes et que le véhicule semble balourd et beaucoup plus lourd qu’il ne l’est en réalité. Heureusement, les freins sont puissants et pourront redresser la situation. Le V6 a beau être performant, il est associé à une transmission à six rapports qui refuse parfois de collaborer en hésitant à rétrograder ou en effectuant des passages de rapport saccadés... Mieux vaut donc piloter en douceur. D’autant plus, que les palettes de passage manuel des rapports n’impressionnent pas non plus.

Ceci dit, les performances sont quand même correctes : un peu plus de huit secondes pour boucler le 0 à 100 km/h. Quant au freinage, l’exercice du 100 – 0 km/h s’est complété en 44,5 mètres. Pas mal quand on tient compte du poids du véhicule.

Popularité méritée

Le Journey jouit d’une très grande popularité sur notre marché. Les clients sont séduits par sa présentation extérieure dynamique, la possibilité de commander un V6 et une traction intégrale, tandis que l’habitacle regorge d’astuces de rangement. De plus, Dodge est passé maitre dans la mise en marché grâce à des campagnes fort intéressantes tant du point de vue du prix que du niveau d’équipement.

Le caractère pratique et polyvalent du Journey de même que sa traction intégrale assez efficace militent en sa faveur. D’autre part, le V6 est relativement gourmand tandis que le comportement routier est correct, tant qu’on demeure dans les limites du raisonnable.

Par ailleurs, en dépit du succès de ce modèle, une version plus moderne dotée d’une toute nouvelle plateforme est prévue pour 2016. En attendant, le Journey est suffisamment doué pour attirer les acheteurs.

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