Suzuki XL-7, marketing, quand tu nous tiens...

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2004

Les services de marketing des différents constructeurs automobiles ont le bras long. Dans certains cas, ils se permettent de hausser la puissance réelle des moteurs (Hyundai, Mazda et Ford entre autres). Dans d'autres cas, comme chez Suzuki, ils abusent carrément de leur pouvoir. Au véhicule le plus dispendieux de la gamme Suzuki, ces gens sans scrupules ont donné le nom de XL-7 pour « eXtra-Long » 7 occupants. XL-4 aurait été suffisant.

Le XL-7 s'avère, en fait, un Grand Vitara dont l'empattement a été allongé de 32 cm et la longueur totale de 48,5 cm. Par contre, la largeur est demeurée la même, soit 178 cm, ce qui nous fait penser que plus on étire un élastique, plus il rétrécit? Cela donne aussi l'impression qu'il est plus long encore ! Pour compenser le poids supplémentaire, Suzuki a donné à son XL-7 un moteur plus puissant, soit un V6 de 2,7 litres développant 185 chevaux et 180 lb-pi de couple à 4000 tr/min, soit deux chevaux de plus que l'année dernière. Même si le XL-7 se montre un peu plus vivant que son géniteur, il ne faudrait surtout pas en faire l'achat pour s'éclater au volant. Le XL-7, essayé en plein hiver québécois il faut l'avouer, a démontré de bien belles qualités mais aussi quelques défauts?

Un saut dans le temps

À l'extérieur, sa bouille sympathique, retouchée cette année, lui permet d'attirer bien des regards. La finition se montre correcte même si quelques caoutchoucs mal ébavurés apparaissent Çà et là. L'ouverture des portières avant ? qui pourraient posséder des pentures plus généreuses ? donne sur un habitacle étroit mais fort moderne. Depuis l'arrivée des modèles 2003, les Suzuki XL-7, et Grand Vitara par ricochet, ont droit à un tout nouveau tableau de bord, ce qui n'est pas un luxe. De l'âge de pierre, Suzuki vient d'entrer dans le XXIe siècle ! La beauté, la fonctionnalité et la qualité y sont. Bravo. À l'avant, les occupants sont assis haut et la visibilité s'avère sans reproche. Les sièges confortables, le volant au pourtour généreux et les belles appliques de faux bois donnent le ton. Dommage qu'à la moindre courbe les passagers avant se promènent de gauche à droite à cause d'un manque flagrant de support latéral des sièges. De plus, les conducteurs de grande taille déploreront le manque de recul des sièges avant. Les deux personnes qui occupent la banquette médiane sont tout de même bien servies, mais une troisième se sentira choisie par une quelconque force surnaturelle pour expier tous les péchés de la Terre. Pour ce qui est de la triste banquette arrière, offerte uniquement dans les XL-7 JLX Plus et Limited, je ne vois personne d'autre que Bernard Voyer pour s'y rendre? Mais sans doute qu'il aurait moins de difficulté à surmonter l'Everest !

Moi, Ça me laisse froid?

Les commandes de chauffage sont heureusement devenues rotatives depuis l'année dernière, mais les gros boutons gagneraient à être juste un petit peu plus profonds. Avec de gros gants, il est quelquefois difficile de les manipuler avec précision. De plus, le chauffage n'a pas impressionné outre mesure (il faut avouer que le pauvre a été rudement éprouvé, l'essai s'étant déroulé une semaine où la température la plus chaude fut de ? 12 °C !). Pour la première fois en 25 années de conduite, j'ai constamment eu froid aux genoux ! De plus, même au débit maximum pendant une bonne période de temps, le pare-brise parvient à peine à se dégivrer complètement.

Dès les premiers tours de roues sur le beau manteau blanc de la nature, une constatation s'impose. Quatre bons pneus à neige tout de suite ! À moins que vous n'aimiez conduire avec les quatre roues motrices continuellement engagées, contribuant ainsi un peu plus aux profits des compagnies pétrolières. Dans le meilleur des mondes, des pneus à neige et le mode quatre roues motrices enclenché devraient vous permettre d'affronter la plupart des intempéries. D'ailleurs, sur chaussée glacée, il existe deux XL-7. Avec les seules roues arrière motrices, l'arrière valse comme la queue d'un chien retrouvant son maître après une semaine d'absence et les freins ABS, au fonctionnement particulièrement désagréable, interviennent trop rapidement. Dès que les quatre roues motrices sont engagées, le véhicule devient beaucoup plus stable et l'ABS se civilise. En conduite hors route, le système 4X4 à temps partiel est fort efficace et peut être enclenché à la volée, c'est-à-dire qu'il n'est point besoin de stopper le véhicule pour ce faire. Le seul bémol vient de la longueur hors normes du XL-7. Sur un terrain très accidenté, le fond accroche joyeusement.

Sur route dégagée, le XL-7 s'avère confortable, mais les trous et les bosses ont tôt fait de mêler la suspension qui ne sait plus si elle doit réagir verticalement ou horizontalement ! À l'occasion, ce comportement schizophrène peut surprendre et même devenir dangereux. Cette même suspension n'aime pas la provocation. Elle s'écrase mollement à la moindre sollicitation du volant, qui, en passant, n'est pas un parangon de sensibilité. Le roulis décourage toute sportivité.

Le XL-7 compte pour 60 % des ventes de VUS chez Suzuki et s'adresse à une famille avec un ou deux enfants. Même si le service de marketing de Suzuki voudrait bien nous le faire prendre pour un autobus capable de traverser une forêt tropicale, la réalité est tout autre. Il s'agit d'un véhicule pour gens sédentaires à la recherche d'un plus grand espace de rangement et d'un peu plus de traction que la moyenne. Comme le dit le proverbe : considérez le XL-7 pour ce qu'il est et vous en serez bien satisfait.

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