Kia Rio, Ça pourrait être pire

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2003

Depuis deux ou trois ans, la petite Rio de Kia a le triste privilège de remplacer la Lada dans les conversations automobiles. Il faut bien un souffre-douleur ! Mais, n'en déplaise à quiconque se cherche une victime facile, la Rio est bien meilleure que son inénarrable devancière.

Extérieurement, la Rio se défend avec brio. Notre voiture d'essai, une Rio RX-V Sport de couleur « Soleil de Santiago », une espèce de vert malade, ne laissait personne indifférent et intéressait surtout les jeunes (de c?ur, bien entendu). Ce coloris saura-t-il bien vieillir ? Ça, c'est une autre histoire ! Heureusement pour nos rétines, d'autres couleurs moins agressives sont proposées. Le style hatchback qui revient en force apparaît est ici bien réussi (c'est mon opinion et je la partage?) et l'aileron arrière, au-dessus de la lunette, donne un petit air sportif pas vilain. Si seulement, en hiver, la poignée du hayon ne se salissait pas autant ! Mentionnons que les différentes pièces de la carrosserie s'alignaient très bien et que la finition, sur la voiture d'essai en tout cas, était loin d'évoquer les histoires d'horreur déjà entendues au sujet de la Rio. Certes, la navrante minceur des portières peut porter à questionnements mais puisque je n'ai pas encore vu de Rio sans portières, Ça ne doit pas être trop dramatique !

À l'intérieur, le bon côtoie le pire. Par exemple, la radio à la faÇade détachable est une atrocité à manipuler. Les boutons sont microscopiques et les commandes trop complexes pour être utilisées en conduite. Il devrait exister des lois sévères pour réglementer ce genre d'appareil. Au moins, la réception, tout comme la sonorité, est fort décente. Heureusement, car la voiture se révèle assez bruyante merci. J'aurai amplement l'occasion d'y revenir !

Dans ma Kia Rio, je t'emmènerai?

Même si l'habitacle bénéficie de cinq ceintures de sécurité, la Kia Rio n'est, essentiellement, qu'une quatre places. La pauvre personne qui devra voyager sur le renflement au centre du siège arrière envisagera rapidement de prendre la place des bagages. Et cela même si l'espace pour ces derniers se trouve déjà fort réduit (pour la berline du moins, dont les dossiers de la banquette arrière ne se replient point). C'est un peu mieux dans le cas de la familiale, mais ne comptez pas sur ses 621 litres, sièges arrière rabattus, pour vous faire des amis le 1er juillet. Le conducteur, lui, s'assoit sur un banc pas trop rembourré, mais confortable malgré tout, qui lui permet de trouver rapidement une bonne position de conduite devant un tableau de bord minimaliste et peu jojo, mais facile à consulter. Les espaces de rangement se comptent sur les doigts d'une main et demie, les plastiques d'une qualité désolante, et les commandes semblent aussi solides qu'une tour Eiffel en cure-dents . Cependant, l'assemblage s'avère très, très correct.

Là où Ça fait mal?

Les designers de Kia ont su concocter de bien belles lignes qui donnent une impression de sportivité. Impression seulement? Tout d'abord, le levier de la boîte de vitesses manuelle rendra perplexe même les moins difficiles. On croirait qu'une forme de Jell-O maléfique s'amuse à engluer son mécanisme. De plus, la course entre les rapports est trop longue pour inspirer une conduite sportive. L'automatique à 4 rapports représente un choix plus judicieux malgré son fonctionnement parfois un peu sec et sa propension à saper les ardeurs du moteur.

Ledit moteur de 1,5 litre développe 96 chevaux et dispose d'un couple de 98 lb-pi à 4500 tours. Si les accélérations et les reprises sont pertinentes en conduite normale, il en est bien autrement dès qu'on veut pousser la machine. Les reprises sont à l'occasion laborieuses et il ne faut pas hésiter à rétrograder pour aller chercher un peu de cheval. Mais cet élan se paye par un grondement peu subtil des 96 pauvres picouilles ! Et même si Kia installait un engin plus puissant sous le capot de sa Rio, il faudrait repenser complètement les suspensions. Trop flasques et combinées à un châssis qui pourrait gagner en rigidité, elles font de la Rio, lorsqu'on la pousse au-delà du raisonnable, une voiture résolument sous-vireuse qui ne déteste pas le roulis. Dans une longue courbe prise avec un peu trop d'enthousiasme, on sent un flottement peu rassurant de la suspension arrière. Et si vous croyiez que la RX-V, à l'allure plus sportive possédait un comportement routier supérieur aux versions de base, détrompez-vous. Ni le moteur ni les suspensions n'ont reÇu une once supplémentaire de sportivité. Seule la dimension des pneus est un peu plus étoffée. De plus, les éléments suspenseurs se voient responsables d'une forte sensibilité aux vents latéraux (sur la version hatchback du moins). Quant aux freins, le duo disque/tambour serait à sa place sur une boîte à savon? et encore ! En ligne droite, je ne vous surprendrai pas en affirmant que plus la vélocité augmente, plus le poids de la voiture diminue? Au moins un point positif : le bourdonnement du moteur devrait vous faire lever le pied avant de recevoir une contravention ! Malgré tout le mal qu'on peut en dire, le comportement à haute vitesse de la Rio s'avère plus inspirant que celui d'une Toyota Echo, par exemple.

La Rio déÇoit si on veut en faire la voiture sport que ses lignes suggèrent (particulièrement dans le cas de la RX-V). En conduite mononcle, cependant, elle remplit parfaitement son mandat de petite-voiture-pour-aller-du-point-A-au-point-B. Pour cette raison, je recommande plutôt la Kia berline de base, une aubaine, certes, mais à la présentation triste, triste comme Ça se peut pas ! Il y a aussi la Rio RS, un peu mieux habillée mais plus chère. Heureusement, ces voitures sont appuyées par une excellente garantie de 5 ans ou 100 000 km qui vient mettre un peu de baume sur une fiabilité et une valeur de revente moins intéressantes que celles de la concurrence.

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