Honda Odyssey, la référence

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2008

Si de nos jours la fourgonnette de Honda est considérée par plusieurs comme étant la référence de la catégorie en fait de tenue de route, d’aménagement intérieur, de finition et de raffinement, les choses n’ont pas toujours été aussi roses. Plusieurs se souviennent de la première Odyssey avec portes à battants, dévoilée dans les années 90 et qui ne pouvait se faire justice. Pourtant, ce modèle était en avant de son temps. Par la suite, la direction a décidé de grossir les rangs des fourgonnettes traditionnelles avec le résultat que l’on connaît. Puis au fil des années, les ingénieurs ont continué d’améliorer leur produit et ont concocté une version revue et corrigée en 2005 et l’Odyssey y gagna en raffinement et en puissance. Nous sommes loin de la première génération aux dimensions modestes et ressemblant davantage à une grosse familiale qu’à une fourgonnette ordinaire.

Mécanique raffinée

Je ne cesse de le répéter : la force de Honda réside en grande partie dans ses groupes propulseurs qui sont performants, raffinés et d’une grande fiabilité. Alors que plusieurs concurrents se sont contentés pendant longtemps d’installer sous le capot de leurs fourgonnettes des moteurs d’une technologie assez commune, l’Odyssey a toujours bénéficié de ce qui se faisait de mieux chez ce constructeur. Il n’est donc pas surprenant de constater que l’unique moteur disponible sur ce modèle est un moteur V6 3,5 litres doté du système de désactivation des cylindres afin de réduire la consommation de carburant. Une fois la fourgonnette lancée, et que le moteur n’est plus en charge, trois des six cylindres sont désactivés encore dans le but d’économiser de l’essence. Fort de ses 244 chevaux, ce V6 est couplé à une boîte automatique. Celle-ci a connu sa part d’ennuis de fiabilité il y a une couple d’années, mais c’est réglé depuis.

Honda a toujours considéré cette fourgonnette comme un véhicule destiné à transporter presque exclusivement des passagers, tandis que d’autres constructeurs tentent de concilier usage familial avec une utilisation commerciale. Ce qui explique la présence d’une suspension arrière indépendante et d’un comportement routier plus associé à une automobile qu’à une camionnette.

Confort assuré

Si la mécanique est sophistiquée, il en est de même de l’habitacle alors que rien n’a été épargné pour que les occupants roulent dans le plus grand des conforts. Les sièges sont confortables, leur aménagement peut être varié presque à l’infini, et le nombre de porte-gobelets surpasse de beaucoup le nombre de places. La troisième rangée de sièges s’escamote dans le plancher, permettant ainsi de transporter plus de bagages. Et une fois ceux-ci en place, la dépression dans le plancher permet de loger plus de bagages qu’avec un aménagement habituel. Il faut également souligner que les banquettes de la seconde rangée se déplacent latéralement afin de créer un ou deux sièges, selon les besoins. Par contre, les portes latérales coulissantes motorisées sont d’une lenteur exaspérante...

On peut toujours se calmer en regardant un film sur l’écran LCD relié au lecteur DVD. Plusieurs prises permettent également de brancher une console de jeu vidéo. Et puisque les banquettes sont surélevées l’une par rapport à l’autre, les occupants de la 3e rangée bénéficient tout de même d’une visibilité acceptable. Le tableau de bord fait quelque peu Star War avec son levier de vitesse à même la planche de bord et l’écran de navigation. La disposition des commandes est correcte et leur utilisation sans problème. Par contre, certaines commandes placées à gauche du volant sont obstruées par ce dernier.

Même si les dimensions de l’Odyssey sont plus ou moins similaires à celles d’une Chrysler Town &Country, on a l’impression de se retrouver au volant d’un véhicule beaucoup plus gros. Je ne sais pas si c’est la position de conduite, la hauteur des places avant ou la présentation du tableau de bord qui crée cette impression, mais on se sent d’attaque ! Sur la route, la suspension est confortable et les performances du moteur correctes. Il faut un peu moins de 11 secondes pour boucler le 0-100 km/h, ce qui est dans la moyenne de la catégorie. Nous avons mis à l’essai la version Touring, la plus luxueuse du lot avec ses sièges en cuir et une longue liste d’équipement. Si le confort de l’habitacle est bon, il faut déplorer une insonorisation perfectible à haute vitesse, surtout lorsque la troisième rangée de sièges est en place. Le comportement routier est bon dans son ensemble, mais la direction est passablement engourdie tandis que le roulis en virage est assez prononcé dans les virages serrés. Et si vous roulez plus vite que la moyenne sur une route sinueuse, un sous-virage marqué se fera sentir. Malgré tout, la Honda devance la Sienna de Toyota au chapitre de la tenue de route et de l’agrément de conduite. Le seul avantage du Toyota par rapport à l’Odyssey est qu’il est possible de commander la traction intégrale.

Feu vert

Moteur sophistiqué, équipement complet,
silhouette politiquement correcte, polyvalence de l'habitacle,
essence régulière

Feu rouge

Direction engourdie, sous-virage permanent,
prix élevé, insonorisation perfectible,
rouage intégral non disponible

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