Mercedes-Benz Classe R, confusion des genres

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Véhicule sport-utilitaire d’asphalte ou minifourgonnette de luxe ? C’est la question que l’on se pose au premier contact avec la Classe R qui reprend plusieurs caractéristiques communes à ces deux genres de véhicules tout en leur associant les critères de luxe qui ont fait l’apanage de la marque. Ce type de véhicule n’est pas nouveau, Mercedes-Benz le commercialise depuis plusieurs années déjà, mais il est relativement rare d’en croiser un sur nos routes.

Les dimensions de la Classe R sont semblables à celles des plus grandes fourgonnettes avec une longueur de plus de 5,1 mètres, ce qui vient sérieusement compliquer les manœuvres de stationnement ou les déplacements en ville aux heures de pointe. Vue de profil, la Classe R fait montre d’un capot plongeant et d’un pare-brise à forte inclinaison qui se fond dans une ligne de toit s’abaissant vers l’arrière. De plus, les ailes sont prononcées et les roues en alliage de 19 pouces aident à donner plus de caractère au véhicule. Le gabarit surdimensionné de la Classe R, de même que son rouage intégral, a cependant une incidence directe sur le poids qui est extrêmement élevé, soit plus de 2 200 kilos.

Le diesel au programme

Compte tenu du poids élevé et de la vocation de grande routière de la Classe R, le choix du moteur V6 de 3,0 litres diesel s’impose presque de par lui-même en raison de sa plus faible consommation dont la moyenne se chiffre aux environs des 10 litres aux 100 kilomètres, mais également en raison de son excellent couple chiffré à 400 livres-pied. Le moteur V8 (R500) a été délaissé il y a quelques années déjà, mais la Classe R peut toujours être équipée d’un moteur à essence, soit le V6 de 3,5 litres, que l’on retrouve sous le capot de plusieurs autres modèles de la marque dont le GLK, mais au prix d’une consommation moyenne se chiffrant à plus de 14 litres aux 100 kilomètres, ce qui donne un avantage marqué au modèle à motorisation diesel. Quel que soit le moteur choisi, l’excellente boîte automatique à sept rapports fait partie de la dotation de série, tout comme le rouage intégral 4Matic qui rend la conduite sûre et stable, peu importe les conditions de la météo.

La mission première de la Classe R étant de transporter six personnes avec un confort digne de la classe affaires, son comportement routier met l’emphase sur le confort de roulement et le silence à bord. C’est donc le véhicule idéal pour faire le trajet de Montréal à New York avec plusieurs passagers, mais il faut carrément évacuer toute notion d’agrément de conduite sur routes sinueuses.

La tenue de route est compétente et le freinage adéquat pour un véhicule de ce gabarit et de ce poids, mais il faut apprendre à doser efficacement la sensibilité de la pédale de frein et l’effort de freinage. Compte tenu du fait que les spécialistes de la mise en marché de la marque présentent la Classe R comme un sports tourer, on se demande où est passé le mot sport qui ne fait certes pas partie de l’équation...

La grande vie à bord

Les portières normales, plutôt que coulissantes, donnent accès à bord de la Classe R qui propose amplement d’espace. En fait, les places avant sont aussi spacieuses que celles de la Classe S, alors que celles de la deuxième rangée offrent autant de dégagement que celles de la Classe E. Quant aux deux places de la troisième rangée, précisons que le confort accordé n’égale pas celui des deux premières, mais que des adultes pourront quand même s’y asseoir sans trop de mal, après quelques contorsions pour y accéder. Incidemment, les sièges se rabattent facilement pour transformer l’habitacle en une gigantesque soute à bagages de plus de 2 000 litres.

La vocation « luxe » du véhicule est assurée par les systèmes audio et vidéo qui y sont intégrés, la Classe R étant dotée à la fois d’une interface iPod et d’un lecteur DVD avec deux écrans. De plus, il est possible de commander en option un toit ouvrant surdimensionné de 179 cm de long qui fait partie de l’ensemble d’options Premium, ce qui ajoute à l’impression d’espace que l’on ressent à bord. La conception de la planche de bord s’inscrit plus dans le registre d’un véhicule sport-utilitaire que dans celui d’une berline, tout comme la position de conduite surélevée. Les sièges avant fournissent un bon soutien latéral en virage.

Polyvalence et confort remarquable sont donc les grandes forces de ce modèle au style singulier dont le concept semble en voie d’être émulé par d’autres constructeurs, notamment BMW qui lance en 2010 sa Série 5 Gran Turismo qui met justement l’accent sur ces deux aspects. Malgré ses qualités, la Classe R n’a obtenu qu’une diffusion limitée.

Cet étrange véhicule qui chevauche ce territoire flou entre la fourgonnette et le multisegment est impressionnant de confort, de luxe et d’habitabilité tout en offrant une tenue de route quand même assez intéressante. Sa faible diffusion s’explique en partie par ses formes qui ne sont pas tellement au goût du jour. Et même si la Classe R a été utilisée par les Rolling Stones lors de leur dernière tournée mondiale, cela ne semble pas influencer les acheteurs outre mesure car ceux-ci sont se font tirer l’oreille. Il faut ajouter qu’un prix de détail suggéré assez corsé et une liste d’options toute aussi épicée ne facilitent pas les choses.

Feu vert
Habitacle spacieux et confortable
Moteur diesel performant et efficace
Rouage intégral 4Matic de série
Équipement complet

Feu rouge

Agrément de conduite inexistant
Dimensions encombrantes
Portières arrière très longues
Diffusion limitée

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