Mazda CX-9, profiter du momentum

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Certains appellent cela de la chance. D’autres parlent de fatalisme positif. Certains, plus prosaïques, jugent que « Ils l’ont l’affaire, que cé que tu veux que j’te dise d’autre? ». Oui, Mazda l’a, l’affaire. Outre une camionnette vétuste (Série B) et un VUS compact (Tribute) qui fait quasiment office de souris dans la cuisine du Château Frontenac, Mazda propose une gamme des plus relevées. Certes, il y a eu des erreurs dans le passé et il y en aura d’autres un jour ou l’autre. Le CX-9, lui, fait partie des bons coups!

N’allez pas croire que cet imposant multisegment est parfait! Prenez les modifications que Mazda lui a apportées cette année. On a doté le CX-9 d’une partie avant qui reprend les thèmes de la toute nouvelle Mazda3. La grille arbore donc un large sourire qui donne peut-être du caractère à la bagnole, mais qui me semble moins esthétique qu’avant. Mais il s’agit d’une question éminemment personnelle. Outre ces modifications à la partie avant, les seuls changements notables pour 2010 consistent en une révision mineure de la partie arrière et d’une réorganisation des groupes d’options.

Un gros qui s’assume

Le CX-9, le plus gros véhicule de Mazda, peut accommoder jusqu’à sept personnes. L’habitacle, comme il se doit, est vaste et luxueux. Le tableau de bord est bien pensé et son assemblage, bien réalisé. Il se consulte aisément grâce à de grands cadrans. Par contre, les données diffusées par l’étroite bande placée au centre supérieur du tableau de bord sont trop petites pour être facilement lisibles. Et puis il y a ce gros bouton central qui permet de changer de station de radio. Lorsque je voulais jouer avec le volume, j’étais toujours porté à utiliser ce gros bouton, ce qui devenait frustrant. Les sièges avant sont très confortables, de même que ceux de la deuxième rangée, même si la place centrale fait figure de tiers-monde comparée aux deux autres. Quant à la troisième rangée, elle fait preuve de confort… pour une troisième rangée! Les gens de plus de 5 pieds 10 pouces risquent d’y trouver le temps long.

Tout véhicule qui possède trois rangées de sièges propose un grand espace de chargement. C’est vrai et faux en même temps. Si le coffre est immense lorsque tous les dossiers sont baissés, il le devient beaucoup moins lorsqu’ils sont relevés. Et c’est à ce moment qu’on aurait besoin de plus d’espace, puisqu’il y a plus de passagers! Le hayon du CX-9 s’ouvre (en tremblant sur un des exemplaires essayés : une question d’ajustement du hayon motorisé, sans doute) sur un coffre plus grand que celui de l’Acura MDX, mais moins que celui du Buick Enclave, deux fiers concurrents. Même s’il est le cousin pas très germain du Ford Edge, qui, lui, n’offre que deux rangées de sièges, sa soute est plus imposante, gracieuseté d’un empattement et d’une longueur totale supérieurs.

Mécanique au point

Lors de son lancement, le CX-9 recevait un V6 de 3,5 litres. Dès l’année modèle 2008, Mazda amenait ce moteur à 3,7 litres. Si la puissance n’augmentait pas beaucoup, le couple, lui, gagnait passablement. Ainsi, les performances sont relevées malgré un poids de 2000 kilos. Le hic, c’est que performances et économie d’essence vont rarement de pair… Le CX-9 est même l’un des plus goinfres de la catégorie. Au moins, il ne requiert que de l’essence ordinaire. S’il consomme autant, ce n’est assurément pas la faute à la transmission automatique à six rapports. Cette boîte fonctionne comme un charme et possède même un mode manuel… qu’on se lasse rapidement d’utiliser, puisqu’il n’apporte rien sur le plan de la conduite. Peut-être que si on trouvait des palettes derrière le volant, on l’utiliserait plus souvent. Ce mode manuel n’est vraiment utile que lorsqu’on doit remorquer dans une région montagneuse. Puisqu’on en parle, mentionnons que la capacité de remorquage du CX-9 est de 1588 kilos, ce qui est loin d’être la meilleure cote de la catégorie, mais ce n’est pas la pire non plus. Dans sa version de base GS, le CX-9 est une traction, mais il devient une intégrale si on coche cette option ou si on choisit le modèle haut de gamme GT. Cette possibilité d’avoir le rouage intégral sans devoir forcément payer pour une version tout équipée est une bénédiction. Bravo Mazda.

Là où le CX-9 brille de tous ses feux, c’est lorsque vient le temps de prendre la route. On est loin de l’agilité d’une Mazda MX-5, on s’entend, mais le gros CX-9 n’a de comptes à rendre qu’à bien peu de multisegments. Grâce à ses suspensions indépendantes savamment étudiées pour offrir le meilleur compromis confort / tenue de route, il est possible d’avoir un peu de plaisir à son volant. Je me suis même surpris à le conduire assez rapidement dans des routes très sinueuses et toutes en dénivellations entre La Tuque et la pourvoirie du Triton, un endroit où je n’ai les moyens d’aller que si on m’y invite! Bien sûr, les transferts de poids sont impressionnants. La direction pourrait être plus vive et les freins avoir plus de mordant, mais dans l’ensemble, c’est diguidou comme ils le disent si bien à l’Académie Française après une soirée bien arrosée.

Dans l’esprit de plusieurs personnes, le CX-9 est une version allongée du CX-7, un autre multisegment de Mazda. Le CX-9 n’est pas aussi agile, mais il offre un espace habitable bien plus grand, de même que des capacités de remorquage accrues. Bref, ces deux véhicules ne s’adressent pas au même public. Pour en revenir aux CX-9, son gabarit est intimidant, surtout dans la circulation lourde ou dans un stationnement souterrain alors qu’il faut l’extirper d’une place serrée située entre une colonne et une Mercedes-Benz SL63 AMG! C’est à ce moment qu’on découvre que la visibilité trois quarts arrière n’est pas fameuse. Heureusement, notre véhicule d’essai possédait une caméra de recul et, comble de chance, elle n’était pas sale à ce moment.

Feu vert

Mécanique bien choisie
Intégrale efficace
Habitacle confortable
Tableau de bord esthétique
Comportement routier digne

Feu rouge

Dimensions intimidantes
Consommation exagérée
Freinage un peu mou
Capacités de remorquage peu élevées
Pneus de 20 pouces à proscrire

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