Acura TSX, visa le noir, tua le blanc

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Pour 2010, Acura ajoute un nouveau moteur à la TSX puisque le V6 de 3,5 litres en provenance de la TL se retrouvera sous le capot de cette berline sport, si l’acheteur en fait le choix. De cette façon, Acura tente d’attirer les acheteurs qui souhaiteraient bénéficier d’un moteur plus puissant, cependant l’ajout de la motorisation V6 pénalise sévèrement la dynamique du comportement routier qui fait justement la force de la TSX. Bref, Acura s’est trompé de cible.

Renouvelée en 2008, la TSX est en réalité un clone de la Honda Accord qui est vendue en Europe et dont les dimensions sont moins grandes que celles du modèle Accord qui est commercialisé en Amérique du Nord. Ce format plus compact confère à la TSX une certaine agilité que la version nord-américaine de l’Accord ne peut émuler, ce qui en fait une voiture à la conduite plus directe et au comportement routier plus relevé. Sur une route sinueuse, la TSX fait preuve d’une belle agilité en raison d’une direction précise et directe et d’un comportement incisif aux réactions rapides. En fait, le seul problème majeur que l’on peut soulever à son propos, c’est qu’il s’agit d’une voiture performante en tenue de route… pour une voiture à traction avant.

En effet, dans ce créneau des berlines sport, toutes les rivales de la TSX sont des voitures à propulsion ou à traction intégrale, deux configurations qui sont nettement supérieures à la simple traction pour ce qui est des qualités dynamiques et de l’agrément ressenti en conduite sportive. C’est en parcourant la même route au volant de la TSX et d’une BMW de Série 3 que l’on constate rapidement que l’allemande est supérieure à la japonaise pour ce qui est de la dynamique en virage et de l’agrément de conduite. Ce n’est pas que la TSX est une mauvaise voiture, loin de là, c’est juste qu’elle ne peut offrir que le maximum de ce qu’elle peut donner compte tenu des limites imposées par sa configuration de traction avant.

Un V6 qui ne corrige pas le problème

Voulant donner un peu plus de tonus ou de sportivité à la TSX, Acura a décidé d’y greffer le V6 de 3,5 litres emprunté à la TL. Il ne m’a pas été possible de conduire cette nouvelle variante de la TSX avant la date de tombée de cet ouvrage, mais j’ai pu recueillir les impressions de conduite qui suivent auprès d’un collègue américain, qui lui a été en mesure de le faire.

Fort de 280 chevaux, ce nouveau moteur permet à la TSX de décoller beaucoup plus rapidement et surtout d’offrir plus de couple à bas régime, ce qui bonifie les accélérations comme les reprises. Le hic, c’est que le V6 ajoute une centaine de kilos et que cette masse additionnelle se retrouve juste au-dessus du train avant, entraînant un rééquilibrage des masses, mais dans la mauvaise direction… En effet, la répartition des masses se chiffre maintenant à 62 % sur l’avant et 38 % sur l’arrière de la voiture, ce qui provoque un sous-virage marqué en conduite sportive, la TSX à moteur V6 étant moins facile à inscrire sur la trajectoire idéale que celle à moteur 4 cylindres.

En quelques mots, la TSX à moteur V6 est plus rapide en ligne droite mais moins agréable à conduire sur une route sinueuse où son poids plus élevé et la répartition moins qu’idéale des masses a un effet pervers sur la dynamique du comportement routier. Aussi, le choix du V6 entraîne la sélection de la boîte automatique à cinq rapports, qui est la seule disponible sur ce modèle, privant le conducteur de la joie de manipuler le levier de la boîte manuelle dont la course à la fois courte et précise constitue justement l’un des points forts les plus appréciés de la TSX. Par ailleurs, le modèle à moteur V6 reçoit un écusson sur le coffre, des roues de 18 pouces, ainsi qu’un déflecteur avant reprofilé. Visuellement, ce sont les seuls éléments permettant de faire la distinction avec la TSX à moteur 4 cylindres.

Style discutable et équipement complet

L’autre constatation évidente que l’on peut faire au sujet de la TSX concerne les dimensions : celles de ce modèle sont beaucoup plus généreuses que celles de sa devancière. À preuve, la longueur de la voiture a augmenté de 61 mm et sa largeur de 76 mm, alors que l’empattement a été allongé de 33 mm et les voies élargies de 66 mm. Ces modifications en font un véhicule qui a un peu plus de présence de même qu’une habitabilité supérieure. Sous cette nouvelle carrosserie se cachent des éléments structurels considérablement modifiés qui sont désormais fixés en place au moyen de soudures plutôt que de boulons. Ces transformations se traduisent également par un gain de poids important de 60 kg par rapport au modèle précédent

Le nouveau design récemment adopté par Acura ne fait pas que des admirateurs, et les avis sont très partagés au sujet du style aux lignes très ciselées qui a été retenu par les designers de la division de voitures de luxe de Honda. Même le « visage » de la TSX, avec sa calandre surdimensionnée, ne semble pas s’harmoniser avec le reste et cette berline sport manque de présence par rapport à une concurrence directe beaucoup plus homogène côté style. À bord, la TSX marque des points avec sa dotation très complète d’équipements de série qui peut être enrichie par l’ajout de groupes d’options qui la rehaussent d’un cran. La fiabilité à long terme des véhicules d’Acura constitue également l’un des points forts de la marque qui se classe au 7e rang sur 37 marques pour ce qui est de la fiabilité après trois années d’usage, selon le sondage mené par la firme spécialisée J.D. Power and Associates aux États-Unis.

En conclusion, l’ajout du moteur V6 à la gamme ne fait rien pour améliorer la sportivité de la TSX qui gagne en puissance mais qui perd en équilibre et en homogénéité.

Feu vert
Moteur 4 cylindres pointu
Boîte manuelle précise
Qualité de finition
Bonne habitabilité

Feu rouge

Dynamique limitée par la traction avant
Sous-virage marqué avec moteur V6
Pneumatiques moyens
Style discutable

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