Mercedes-Benz E-Class - Efficaces, élégantes ou exubérantes

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2020

Les Classe E sont à la dérive, comme toutes les voitures de luxe, sur un océan de plus en plus envahi, sinon infesté par les VUS et leurs semblables. Y compris les sept séries que fabrique Mercedes-Benz à lui seul. Si elles sont néanmoins toujours les plus prisées de leur segment en perte de vitesse, c’est entre autres que leur créateur ne cesse de poursuivre leur raffinement et d’enrichir l’offre, même pour la quatrième année de la série actuelle.

Chose certaine, le simple fait que cette famille compte quatre berlines, trois familiales, deux coupés et deux décapotables est loin de nuire à sa popularité. Surtout que le registre des différents modèles est très large et que certains d’entre eux n’ont simplement pas d’équivalent chez la concurrence, donc aucun rival.

Familiale de choc

L’exemple le plus probant est évidemment celui de la superbe familiale AMG E 63 S 4MATIC, propulsée par un V8 biturbo de 4,0 litres qui libère la bagatelle de 603 chevaux et un couple de 627 lb-pi. Tout ce muscle transmis par une boîte automatique à embrayage multidisque et neuf rapports à un rouage intégral dont on peut désactiver l’essieu avant pour survirer à volonté en mode Drift. Uniquement sur circuit, bien sûr, au péril des pneus arrière...

On peut gonfler le prix de départ déjà substantiel de la familiale E 63 S du tiers en ajoutant toutes les options intéressantes. Elle hérite alors d’une douzaine de systèmes d’aide à la conduite et de sécurité qui se greffe à la dizaine qui est déjà incluse. Son habitacle est ensuite bardé de moulures en fibre de carbone et on en retrouve aussi sur les rayons du volant AMG dont la jante est drapée de cuir nappa et de microfibre Dinamica.

Sous le capot, on remarque maintenant un couvercle de moteur en fibre de carbone sur lequel est fixée une plaque qui porte le nom du technicien qui a monté le V8 turbo à la main, dans les ateliers d’Affalterbach. La E 63 S y gagne enfin l’échappement sport AMG modulable, dont la sonorité la plus libre est stupéfiante, des jantes d’alliage forgées AMG de 20 pouces, un pare-brise dégivrant pour les matins arctiques et des freins AMG à grands disques en carbone/céramique/carbone, une option qui coûte actuellement 13 750 $ à elle seule...

Toutes ces remarques s’appliquent évidemment à la berline E 63 S. Elle est même un peu plus agile que la familiale qui porte 70 kg de plus, surtout vers l’arrière, avec une cabine qui s’allonge jusqu’au pare-chocs. Qu’à cela ne tienne, puisqu’elle est beaucoup plus pratique et polyvalente et juste tellement plus cool. Le pare-brise dégivrant n’est d’ailleurs aucunement superflu, puisque les E 63 S sont parfaitement à l’aise sur une route étroite, bombée et méchamment glacée, malgré leurs 603 chevaux, grâce à un rouage intégral remarquablement efficace. Oui, nous avons vérifié.

À l’autre extrême, il y a la berline E 350 4MATIC, le seul des onze variantes de cette série à être animé par un quatre cylindres turbocompressé de 2,0 litres. Entièrement revu et bonifié, il produit 255 chevaux, soit 14 de plus que l’ancien. Entre les deux, les E 450 4MATIC, déclinées en versions berline, cabriolet, coupé ou familiale, ont mérité leur nouvelle appellation avec le V6 biturbo plus vigoureux de 3,0 litres et 362 chevaux qui se blottit sous leur capot.

Belle surprise

On peut en dire autant, sinon plus, des nouvelles E 53 4MATIC AMG qui offrent un tout nouveau groupe propulseur sur les quatre types de carrosserie. Cette mécanique inédite comporte un nouveau six cylindres en ligne de 3,0 litres suralimenté par un turbocompresseur, mais également un compresseur électrique qui élimine le temps de réponse et gonfle le couple à bas régime.

Mieux encore, à sa puissance louable de 429 chevaux s’ajoutent les 21 chevaux transmis à une boîte automatique à neuf rapports impeccable par le moteur électrique inséré entre les deux, qui livre des redémarrages prodigieusement doux et rapides après chaque feu rouge.

Et les performances, dites-vous? Un coupé E 53 AMG a ramené des chronos de 5,13 secondes pour le 0-100 km/h, 13,37 secondes sur le 1/4 de mille et 3,9 secondes pour la reprise 80-120 km/h. Agile, silencieux et stable, son roulement est par contre très sec et dur dans le moindre trou, avec ses pneus à taille très basse (245/35 et 275/30), montés sur les roues de 20 pouces.

À souligner, pour conclure, les deux grands écrans numériques configurables du tableau de bord des Classe E, dont l’ergonomie est nettement meilleure et le contenu technologique proportionnel au prix et aux options ajoutées.

Chose certaine, les E sont assez nombreuses et bien armées pour se maintenir, à tout le moins, face à leurs rivales. À défaut de pouvoir stopper le tsunami actuel des utilitaires sport et multisegments de toute nature.

Feu vert

  • Versions E 63 S exceptionnelles
  • Choix de variantes et de motorisations
  • Finition intérieure riche et soignée
  • Rouage intégral impeccable

Feu rouge

  • Les E 63 S sont chères aussi, hélas
  • Réactions sèches sur pavé mauvais (E 53 AMG)
  • Coffre limité (cabriolet et coupé)
  • Places arrière justes (cabriolet et coupé)

Partager sur Facebook

À lire aussi

Et encore plus

Commentaires