Maserati Levante - Ne jamais dire jamais

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2020

Il n'y a pas si longtemps, les marques exotiques disaient qu'elles n'étaient pas intéressées par les VUS. Or, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts puisque Bentley, Lamborghini et Rolls-Royce produisent des VUS alors que Ferrari et Aston Martin s'apprêtent à franchir le pas. Il reste McLaren, Lotus et Bugatti.

McLaren a déjà affirmé haut et fort qu'aucun compromis ne serait fait, car sortir un VUS ne correspond pas à sa philosophie qui consiste à offrir une expérience de conduite ultime. Chez Bugatti, la réponse est également un non catégorique parce que les dirigeants tiennent mordicus à respecter l'histoire et l'héritage de leur emblème. On sait que Lotus a de grandes ambitions depuis son rachat par le groupe chinois Geely, et deux VUS seraient sur les tables à dessin. Mais attendons de voir, car la marque anglaise a vu souvent ses projets finir en queue de poisson. Qu'à cela ne tienne, Maserati a osé s'aventurer dans ce segment avec le Levante.

Maserati a le vent dans les voiles depuis les lancements de la Ghibli en 2013 et du Levante en 2016 – lequel est le véhicule le plus vendu de la gamme au trident. Les ventes mondiales de Maserati sont passées de 6 288 unités en 2012 à 15 393 unités en 2013. Le pic fut atteint en 2017 avec 51 500 ventes. Cependant, les ventes ont piqué du nez en 2018 avec une baisse de 32% à 34 900 unités. Qui plus est, les parts de marché de Maserati demeurent considérables par rapport à Ferrari qui écoule annuellement plus de 9 000 unités alors que Lamborghini frise les 6 000 unités. Cela dit, les profits ne sont pas les mêmes pour tous! Pour relancer ses affaires, Maserati doit s'empresser de concocter un VUS compact afin de tenir compagnie au Levante.

Ha amore!

La partie n'est jamais gagnée d'avance pour un constructeur italien qui veut s'implanter en Amérique du Nord. Certes, le charme du Levante est indéniable aux yeux des acheteurs en quête d'un produit exclusif. Par contre, la piètre réputation de fiabilité des véhicules italiens peut freiner l'ardeur des gens qui préféreront un VUS allemand ayant fait ses preuves. Malgré tout, l'achat d'un véhicule italien est comme un coup de foudre : il ne faut pas laisser son esprit raisonner, mais plutôt laisser son cœur parler!

Il n'y a pas à dire, les stylistes italiens maîtrisent l'art d'amincir la silhouette d'un véhicule avec de petites retouches ici et là. En effet, qui pourrait croire que le Levante mesure cinq mètres, soit le modèle le plus long de sa catégorie? En revanche, il est plus léger que ses rivaux grâce à l'utilisation d'aluminium au niveau des portes, du capot, du hayon et du châssis.

L'habitacle adopte un look moins tape-à-l’œil que la carrosserie qui exhibe une grosse calandre béante, un capot sculpté et des jantes mesurant jusqu'à 22 pouces. Le design du tableau de bord est quelconque et pourrait s'assimiler à un VUS américain. À ce chapitre, le décor typiquement italien de son cousin lointain, l’Alfa Romeo Stelvio, fait plus original même si les matériaux sont moins raffinés. On ne peut toutefois reprocher à Maserati de lésiner sur l'élégance des cuirs, des boiseries et des appliques. Pour un habitacle personnalisé, le nouveau matériau Pelle Tessuta a été créé exclusivement pour Maserati par le couturier Ermenegildo Zegna, l'ébénisterie est assurée par la firme Giorgetti et le fini artisanal des appliques en métal revient à De Castelli.

La fin des moteurs Ferrari

D'entrée de gamme, le Levante retient les services d'un V6 biturbo de 3,0 litres qui développe 345 ou 424 chevaux. Pour décupler l'adrénaline, le V8 biturbo de 3,8 litres est un impératif. Développant 550 chevaux dans la GTS et 590 chevaux dans la Trofeo, ces deux versions réalisent des performances comparables sinon supérieures aux BMW X6 M, Mercedes-AMG Coupé GLE 63 S et Porsche Cayenne Turbo. Ainsi, le Levante GTS accélère de 0 à 100/h en 4,2 secondes tandis que le Trofeo bat tous ses adversaires avec un chrono de 3,9 secondes. Seul le Lamborghini Urus – fort de ses 650 chevaux – est plus rapide à 3,6 secondes. La vitesse maximale du Trofeo est démente avec une pointe de 300 km/h mais le Bentley Bentayga Speed domine la catégorie (pour l'instant) à 306 km/h.

Sur la route, le Levante jouit d'un centre de gravité bas avec une répartition idéale du poids (50:50) entre les essieux avant et arrière. Somme toute, la conduite d'un Levante à moteur V8 est enivrante. Hélas! Après 2020, il serait surprenant que l'on retrouve encore ces V6 et V8 sous le capot du Levante puisque Maserati a décidé de ne pas renouveler l'entente qui la liait avec Ferrari pour la fourniture de moteurs. Pour l'instant, on ignore les projets de la marque au trident qui a sûrement un plan B en chantier. Verra-t-on un gros V8 Dodge de 5,7 litres ou de 6,2 litres apparaître chez Maserati?

Feu vert

  • Puissance et sonorité des moteurs
  • Comportement routier
  • Habitacle élégant

Feu rouge

  • Fiabilité incertaine
  • Prix élevé (Trofeo)
  • Tableau de bord trop sobre

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