Des véhicules électriques de plus en plus verts - 2e partie

Lorsqu’il est question de véhicules électriques, certains se posent des questions sur l’impact que peut avoir l’exploitation minière nécessaire à la fabrication des batteries sur l’environnement.

Mettons une chose au clair : aucune exploitation minière est sans impact. Qu’il s’agisse d’exploitation pour de l’or, du fer, du titane, du zinc, du lithium, etc, toutes les mines ont un impact. Ces produits que nous utilisons tous les jours (ordinateurs, téléphones cellulaires, téléviseurs, réfrigérateurs, voitures à essence ou électriques, camions, autobus, métros, vélos, etc.) contiennent tous des métaux et minerais qui ont été au départ extraits de mines. 

Selon les données compilées par l’Institut de l’environnement, du développement durable et de l’économie circulaire, près de 2/3 du lithium utilisé en 2016 l’était pour une série d’applications autres que pour des batteries : verres et céramiques, lubrifiants et graisses, traitement de l’air, coulée continue des métaux, production de polymères, etc. Cela dit, la proportion du lithium utilisée pour des batteries va croissant.

Le cas d’une mine de lithium au Québec

Ces jours-ci, un projet de mine de lithium, le projet Rose Lithium Tantale,  fait l’objet d’un processus d’évaluation devant le COMEX. Le COMEX est un « organisme indépendant, composé de membres nommés par les gouvernements du Québec et de la nation crie, chargé de l’évaluation et de l’examen des impacts sur l’environnement et le milieu social des projets situés au sud du 55e parallèle du territoire régi par la Convention de la Baie James et du Nord québécois. »

Ce projet minier aura, comme tous les autres projets miniers étudiés par le COMEX ou le BAPE, un impact écologique. En effet, ce projet nécessitera d’assécher deux lacs, ce qui affectera les milieux humides environnants. Est-ce étonnant? « Non », de répondre Suzann Méthot, ancienne présidente du COMEX.

« Les territoires nordiques sont grosso modo d’immenses milieux humides. Il est improbable qu’un projet minier ou autre n’impacte d’une façon ou d’une autre un plan d’eau comme c’est le cas ici. Les Cris en sont conscients et ils cherchent toujours les meilleures façons de mitiger les impacts afin que les populations locales et les écosystèmes soient le moins affectées et au final l’entreprise devra compenser à valeur égale le milieu impacté. Quant aux poissons, ce sont les Cris eux-mêmes qui demandent à les pêcher dans le cas où l’espèce est d’intérêt, comme ce fut le cas aussi pour les grands projets hydroélectriques ».

GES de la mine VS GES des véhicules électriques

Le ministère de l’environnement du Québec estime que l’exploitation de cette mine aura pour effet d’émettre l’équivalent de GES par année de 21 000 voitures à essence consommant 8,5 L /100 km à raison de 20 000 km/an.

De son côté, le promoteur estime pouvoir extraire approximativement 26 000 tonnes de LCE (équivalent de carbonate de lithium) par année, ce qui signifie que l'entreprise pourra fournir assez de lithium pour la production d’environ 500 000 à 650 000 véhicules électriques (à batterie d’environ 65 kWh) par année. Autrement dit, on parle d’une diminution des émissions de GES qui peut compenser de 24 à 30 fois les émissions de GES de l’exploitation de la mine.

Mais dans les faits, la différence est encore plus grande puisqu’on doit aussi additionner aux émissions de GES des véhicules à essence les émissions de GES de l’exploitation pétrolière qui, on le sait, sont de plus en plus importantes avec le pétrole non conventionnel que sont les sables bitumineux et le pétrole de schiste.

Combustion VS recyclage

Si l’exploitation d’une mine de lithium a certes un impact écologique, ce minerai a un énorme avantage sur le pétrole utilisé pour propulser les véhicules à essence : il peut, contrairement au pétrole qu’on brûle, être réutilisé et recyclé. Selon Karim Zaghib, directeur du centre d’excellence en électrification des transports et stockage d’énergie d’Hydro-Québec : « non seulement les batteries peuvent être réutilisées pour du stockage d’énergie en 2e vie mais de plus le Québec travaille présentement au recyclage des batteries de véhicules électriques en particulier à Montréal et à Shawinigan afin de pouvoir réutiliser ce lithium dans de nouvelles batteries. Ces deux vies supplémentaires rendent donc le lithium beaucoup moins polluant que le pétrole qu’on extrait et brûle dans nos véhicules ».

Il est important de prendre conscience de l’impact écologique et social de l’exploitation minière. Si les véhicules électriques (légers et lourds) peuvent certes faire partie des pistes de solution pour améliorer notre environnement, on doit toujours s’assurer que leur utilisation soit optimisée afin de ne pas gaspiller nos précieuses ressources.

Note de la rédaction : ce texte fait suite à un premier que vous pouvez retrouver en cliquant ici.

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