Toyota Sienna 2019 : l’âge de la raison

Points forts
  • Fiable et conserve sa valeur
  • Beaucoup d’espace intérieur
  • Rouage intégral exclusif dans son segment
Points faibles
  • Ennuyante à conduire
  • Pas d’intégration Android Auto
  • Sièges inconfortables durant de longs trajets
Évaluation complète

Lorsqu’un segment de véhicules chute en popularité, ou même s’il stagne, les constructeurs automobiles ont une décision difficile à prendre. Devraient-ils tout abandonner ou simplement continuer de vendre la génération actuelle jusqu’à ce que l’intérêt s’amenuise?

Évidemment, la plupart des manufacturiers ont jeté l’éponge concernant la fourgonnette, mais certains y croient encore. Un de ceux-là est Toyota, qui nous offre la Sienna depuis 1997, y compris le modèle actuel de troisième génération, introduit en 2010 en tant que modèle 2011.

La Sienna sera donc vendue sans changements majeurs pendant 10 ans, cependant on voit des photos-espionnes apparaître sur la toile indiquant que Toyota prépare une nouvelle mouture de sa fourgonnette pour 2021. Durant la dernière décennie, la marque japonaise a tout de même apporté des améliorations à la Sienna, ainsi que quelques retouches à la calandre pour l’empêcher d’avoir l’air dépassé.

Sous le capot de la fourgonnette se cache un V6 de 3,5 litres ayant reçu l’injection directe il y a quelques années, et qui développe maintenant 296 chevaux ainsi qu’un couple de 263 livres-pied, gérés par une boîte automatique à huit rapports. En matière de performances, c’est plus qu’assez pour transporter les enfants et le chien, et aussi pour procurer une capacité de remorquage maximale de 1 588 kilogrammes (3 500 livres) – dans toutes les déclinaisons sauf celle de base. C’est la fourgonnette la plus puissante sur le marché, à peine devant les Chrysler Pacifica, Dodge Grand Caravan, Honda Odyssey et Kia Sedona.

Photo: Michel Deslauriers

Si la Chrysler détient l’avantage de proposer une motorisation hybride rechargeable en option, la Sienna s’avère le choix pour la conduite hivernale puisque c’est la seule fourgonnette à bénéficier d’un rouage intégral. Ce dernier motive les roues avant en conditions normales, mais peut rapidement acheminer jusqu’à 50% du couple moteur aux roues arrière en cas de perte d’adhérence.

Le système alimente aussi les quatre roues lors des accélérations, réduisant l’effet de couple ressenti au volant, sans toutefois l’éliminer. En revanche, puisque la mécanique prend plus de place sous plancher, il n’y a pas de roue de secours, alors le constructeur installe des pneus à flancs renforcés – qui coûtent plus cher à remplacer.

Quant à l’économie d’essence, la Toyota Sienna 2019 affiche une cote mixte ville/route de 10,8 L/100 km. Sur papier, elle est nez à nez avec l’Odyssey et la Pacifica, bien que la motorisation rechargeable de cette dernière soit drôlement plus efficiente. En ajoutant le rouage intégral à la Sienna, on augmente la consommation d’environ un litre aux 100 km, et nous avons enregistré une moyenne de 12,0 L/100 km lors de notre essai, qui comprenait plus de conduite urbaine que de l’autoroute. C’est une bonne quantité de carburant, mais tout de même raisonnable lorsque l’on considère les autres options en matière de polyvalence et de capacité de passagers – notamment, les VUS pleine grandeur qui consomment 13 L/100 km et plus.

Photo: Michel Deslauriers

Le design intérieur de la Sienna vieillit quand même bien, et la planche de bord a toujours l’air moderne même si elle a reçu sa dernière révision en 2015. Les commandes de climatisation sont simples à utiliser et l’on retrouve beaucoup d’espaces de rangement pour les voyages en famille. Le climatiseur automatique à trois zones figure de série, mais pour obtenir des sièges avant chauffants, on doit passer à la version LE, et un volant chauffant n’est réservé qu’à ceux optant pour la Sienna XLE à rouage intégral munie de l’ensemble Limited – la plus chère du la gamme. Durant les trajets plus longs, les sièges avant finissent par manquer de confort et offrent peu de soutien latéral.

Le système multimédia mise sur un écran tactile de sept pouces dans la livrée de base et de huit pouces dans toutes les autres. Beaucoup de fonctionnalités sont accessibles à l’aide de boutons physiques, alors côté convivialité, ce n’est pas si mal. On retrouve cinq ports USB dans l’habitacle afin que tout le monde puisse garder ses appareils portatifs bien chargés. En contrepartie, si Apple CarPlay figure de série, on n’a pas droit à l’intégration Android Auto...

Photo: Michel Deslauriers

Un système de divertissement aux places arrière est livrable dans les versions supérieures, qui comprend une télécommande et deux casques d’écoute sans fil. Par contre, il n’y a qu’un écran monté au plafond, d’une largeur de 16,4 pouces projetant deux images côte à côte – comme un film d’un bord et un jeu vidéo de l’autre. Comment les enfants peuvent regarder cet écran sans avoir des nausées nous dépasse…

Il n’y a rien d’excitant dans la conduite de la Toyota Sienna 2019. Ou devrait-on dire que c’est la moins engageante des fourgonnettes, malgré la puissance de son moteur? Au moins, la calibration de sa direction a été révisée il y a quelques années, et s’avère plus communicative. Les variantes SE et SE à rouage intégral obtiennent une suspension sport, qui ne rend aucunement cette fourgonnette plus amusante. Les vertus de la Sienna sont l’espace intérieur – c’est la plus grosse – et une solide réputation de fiabilité.

Photo: Michel Deslauriers

Se détaillant à partir de 35 295 $ avant les frais de transport et de préparation, la Sienna n’est pas donnée. On recommande de laisser tomber la version de base, puisque la LE dispose d’une capacité de huit passagers et des portes latérales coulissantes à commande électrique pour 38 700 $. Pour profiter de la transmission intégrale, on doit débourser au moins 41 500 $, et notre Sienna SE intégrale à l’essai a fait sonner la caisse enregistreuse à 51 370 $. Ouf!

Alors, quelle est la meilleure fourgonnette? Eh bien, on peut éliminer tout de suite la Grand Caravan. La qualité de roulement de la Pacifica est une coche supérieure à celle de la Sienna. Entre temps, la Sedona est intéressante, mais sa valeur de revente est déficiente. L’Odyssey est technologiquement à la page et, de façon discutable, la moins ennuyante à conduire. En revanche, la Toyota conservera sa valeur longtemps, c’est celle qui risque le moins de briser et c’est celle qui propose le plus grand volume de chargement – que les sièges soient tous occupés ou tous rabattus.

Photo: Michel Deslauriers

Il semble qu’une fourgonnette continuera de faire partie de la gamme Toyota lors de la prochaine décennie, tandis qu’une nouvelle génération devrait être dévoilée d’ici un an. La Sienna actuelle est vieillissante, mais demeure un bon choix. Aucune fourgonnette ne constitue un achat émotionnel, en revanche la Toyota est la plus rationnelle.

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