Mazda6, cette fois, c’est du sérieux

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

La Mazda6 de la génération précédente (2004-2008) était une saprée bonne voiture. Mais elle n’était pas suffisamment imposante pour les goûts des Nord-Américains. Les chiffres de vente étaient là pour le prouver alors que la 6 se faisait damer le pion par à peu près toutes les autres intermédiaires. Lorsqu’est venu le temps de revoir la 6, les ingénieurs de Mazda n’y sont pas allés de main morte. Cette fois, elle d’un châssis développé juste pour l’Amérique et les dimensions de la voiture la placent en concurrence directe avec les Honda Accord, Nissan Altima et Chevrolet Malibu.

Une des qualités premières de la 6 initiale était sans contredit sa sportivité. N’ayez crainte, cette dernière a été préservée. Quant aux lignes, elles sont passées de jolies à dynamiques. Les ailes avant sont bien renflées, comme celles de la spectaculaire RX-8 du même constructeur, les phares sont tendus juste ce qu’il faut vers les côtés. La partie arrière est tout aussi réussie. Les plus perspicaces auront remarqué l’absence de la version Sport (familiale). Ce modèle était très populaire au Québec, mais comme le Québec est une société distincte, il n’y avait que chez nous qu’il se vendait bien!

De 2,3 à 2,5 et de 3,0 à 3,7

Côté mécanique, il n’y avait pas grand-chose à changer, mais Mazda en a quand même profité pour moderniser un peu ses moteurs. Le quatre cylindres est donc passé de 2,3 à 2,5 litres tandis que le V6 a connu toute une hausse en affichant désormais une cylindrée de 3,7 litres. Chacun de ces moteurs est associé à deux livrées différentes, soit GS et GT qui se différencient surtout par un niveau d’équipement plus élaboré sur la dernière. Nous y reviendrons.

Depuis le lancement de la 6 l’année passée, nous avons eu l’occasion de conduire toutes les versions. Celle qui nous a impressionné le plus est le modèle à quatre cylindres à transmission automatique à cinq rapports. Ce moteur de 2,5 litres est souple, vif et économique et il semble avoir été fait pour travailler avec l’automatique. Ce tandem, essayé durant l’hiver, a toutefois démontré que la transmission tardait un peu trop pour changer les rapports. Le froid sans doute. Lors d’un voyage en Estrie durant les Fêtes avec cinq adultes à bord par un froid inhumain, les 170 chevaux du 2,5 ont dû travailler très fort dans les côtes. Parenthésons un peu en vous disant que le système de chauffage était, à ce moment, carrément insuffisant et que les vitres latérales étaient continuellement givrées. Cessons de parenthéser. Malgré tout, dans des conditions normales d’utilisation, ce quatre cylindres et la boîte automatique font des merveilles. Même si la transmission manuelle à six rapports se manie comme un charme, son étagement un peu bizarre laisse pantois. À 100 km/h, le moteur « tourne » à 2 650 tours/minute, ce qui est trop élevé. Même si l’habitacle est silencieux, on cherche toujours un septième rapport.

Les amateurs de performance sont aussi attirés vers le V6 qu’un raton laveur par mes poubelles. Avec ses 272 chevaux, inutile de mentionner qu’il donne des ailes à la Mazda6! Il ne se fait jamais prier pour travailler et la transmission automatique à six rapports qu’on lui a accolée effectue un boulot extraordinaire. Et contrairement à d’autres tractions (roues avant motrices) puissantes, l’effet de couple dans la direction est très bien maîtrisé. Ce moteur consomme au moins deux litres de plus tous les 100 km que le quatre cylindres et sa puissance très élevée est difficile à justifier. En fait, entre un moteur de 170 chevaux et un autre de 272, peut-être qu’un seul de 220 chevaux pourrait faire l’affaire… En passant, soulignons que Mazda recommande de ne pas remorquer avec cette voiture, peu importe le moteur.

Agile malgré son poids

Sur la route, la Mazda6 demeure l’une des tractions les plus agréables à conduire. Le volant se prend bien en main, la position de conduite se trouve en criant « ci » (même pas le temps de dire « ciseaux » au complet, dans mon cas, à tout le moins) et les sièges sont confortables. La direction est précise et offre un bon retour d’informations, mais elle a tendance à s’alourdir lors de manœuvres brusques. La tenue de route est relevée et le roulis est bien maîtrisé, le propre des voitures sportives. Les freins laissent un peu perplexe au début puisque la pédale est très dure. Mais on s’y fait rapidement. Plus important, les distances sont dans la bonne moyenne et l’ABS fait preuve de discrétion. La Mazda6 s’avère agile, ce qui est un peu surprenant compte tenu de son poids relativement élevé pour la catégorie.

Dans l’habitacle, le design est indubitablement Mazda, ce qui est loin d’être un reproche. L’espace habitable est plus grand qu’avant et lors de notre voyage hivernal en Estrie, quatre des cinq personnes ont vécu une belle expérience. La cinquième était assise à l’arrière, au centre, là où il n’y a pas d’appuie-tête. Il faut dire qu’avec de gros manteaux, l’espace est plus compté. Le tableau de bord présente deux gros cadrans (l’indicateur de vitesse et le compte-tours) mais, inversement, une toute petite bande sur sa partie supérieure centrale. Les informations qui y sont présentées sont trop petites pour être facilement lisibles. Le coffre est grand et il est même possible d’abaisser les dossiers pour l’agrandir davantage, mais son ouverture est trop petite.

La Mazda6 est une réussite à plusieurs points de vue. Son habitacle confortable, sa conduite inspirée et son look réussi jouent en sa faveur. Les versions GT sont plus sportives, en grande partie grâce à leurs roues de 18 pouces… qui coûtent toujours plus cher à remplacer que les 17 pouces des GS. Oui, malgré quelques petits hics ici et là, Mazda a effectué un très bon boulot!

Feu vert

Style dynamique
Routière inspirée
Bon tandem 2,5 litres et automatique
Sièges confortables
Bel habitacle

Feu rouge

Retrait de la familiale
V6 inutilement puissant
Remorquage non recommandé
Places arrière un peu justes (tête)
Clé intelligente déroutante

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