Toyota Yaris, meilleure qu'une Mazda RX-8 ?

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Je sais. Il n’y a aucune commune mesure entre une Toyota Yaris et une Mazda RX-8. Alors pourquoi une telle comparaison dans le titre ? Tout simplement parce que la semaine où l’auteur de ce texte faisait l’essai de la sportive RX-8, il devait aller faire des photos en Ontario. L’escabeau n’entrait pas dans la rutilante Mazda, se faire brasser pendant 400 kilomètres n’intéressait guère le pseudo photographe et faire le plein de super non plus. Heureusement, Toyota avait une Yaris inoccupée que nous avons occupée avec plaisir !

Tout cela pour dire qu’on achète une RX-8 (ou n’importe quelle sportive) pour le plaisir et une Yaris (ou n’importe quelle sous-compacte) pour des raisons tout à fait rationnelles. Citadine par excellence, la Yaris verra bientôt sa suprématie urbaine contestée par une microvoiture, la iQ, fabriquée, elle aussi, par Toyota. Mais pour l’instant, la Yaris demeure la plus petite automobile proposée par Toyota en terres nord-américaines. Comme par le passé, on la retrouve en configuration hatchback trois et cinq portes et en version berline.

Les deux modèles hatchback sont, à deux portières près, identiques. Selon les fiches techniques des deux voitures, l’ajout des deux portes à l’arrière ne fait augmenter le poids que de 7 kilos. Le coffre est le même dans les deux cas. Il peut donc engranger entre 228 litres avec les dossiers arrière relevés et 950 litres s’ils sont baissés. Bien entendu, la version cinq portes s’avère infiniment plus pratique, surtout lorsqu’il faut installer bébé dans son siège. Dans la trois portes, il n’y a même pas d’ancrage pour sièges de bébé ! La berline, elle, joue les grandes. Enfin, presque… Se situant entre la Yaris hatchback et la Corolla de par ses dimensions, cette auto propose une silhouette moins originale mais plus « mature ». Son empattement un tantinet plus long procure un meilleur confort à ses occupants.

Pas de jaloux !

Côté mécanique, c’est du pareil au même. On retrouve partout le quatre cylindres de 1,5 litre développant 106 chevaux. Une petite cavalerie, certes, mais suffisante compte tenu de l’utilisation principalement citadine de la voiture. Ce vaillant mais plutôt bruyant moteur est associé d’office à une transmission manuelle à cinq rapports et, en option, à une automatique à quatre rapports. La manuelle ne pèche pas par excès de précision et la course du levier est plutôt longue. Si vous vous attendiez à un petit levier précis et agréable à manipuler, il y a toujours la Mazda RX-8… Quant à l’automatique, elle fait généralement preuve de douceur lorsque vient le temps de changer les rapports et son comportement ne s’attire aucun commentaire… négatif ou positif ! La direction est relativement précise, ce qui est une bonne nouvelle étant donné la catégorie, même si on est loin de la sportivité d’une Honda Fit, par exemple. Les suspensions amortissent passablement bien les coups bas que les routes québécoises nous font à tout moment, mais le court empattement de la voiture vient un peu contrecarrer leur travail.

Même s’il serait suicidaire de vouloir piloter une Yaris à la limite, il est tout de même possible de jouir d’une conduite agréable, pourvu que, justement, on respecte les limites… de vitesse. Il faut simplement accepter le fait que le moteur donne l’impression de vouloir passer à travers le capot à la moindre accélération tant Toyota a économisé sur le matériel insonorisant. Les freins, à disque à l’avant et à tambour à l’arrière font un bon boulot mais l’ABS n’est proposé qu’en option, et pas sur tous les modèles. Dans la même veine, soulignons que chaque Yaris dispose de deux coussins gonflables à l’avant mais qu’il faut regarder du côté des options pour obtenir les coussins latéraux et les rideaux.

Tableau de bord excentrique

Même si la Yaris est avec nous depuis plusieurs années (et la Echo auparavant), il se trouve encore plusieurs personnes pour déblatérer contre le tableau de bord dont l’instrumentation se situe au centre. Certes, c’est déconcertant au début mais la plupart des gens s’y font rapidement. La petite Toyota s’est aussi taillé une belle réputation grâce à ses nombreux espaces de rangement. Il faut cependant préciser que, curieusement, le hatchback s’avère mieux nanti à ce sujet que la berline. Les diverses commandes sont bien disposées et faciles à comprendre. Remarquez qu’il y en a tellement peu… Vu le prix de la Yaris, on ne peut s’attendre au grand luxe. Le plastique est omniprésent mais il est généralement de bonne qualité. Quant au système audio, il ne procure aucune jouissance auditive, selon ma sœur, propriétaire d’une Yaris. Je t’approuve, soeurette. La visibilité tout le tour, peu importe la version, est excellente et la voiture se stationne en un tour de main, gracieuseté, aussi, d’un rayon de braquage très court. Pour un peu plus de joie, Toyota commercialise des Yaris hatchback RS. Un peu plus luxueuses et habillées d’éléments de décoration qui les distinguent de la masse (enfin, un peu…), ces petites voitures n’offrent nullement la sportivité qu’elles suggèrent.

En ces temps de crise économique et de conscientisation environnementale, la Yaris rejoint de plus en plus de personnes. Essayée en long et en large dans le cadre d’un essai long terme il y a trois ans, elle avait fini par nous révéler certains de ses côtés plus obscurs… Par exemple, la Yaris est un modèle d’économie d’essence en ville.

Mais lorsqu’on sollicite un peu trop son moteur, soit en conduisant de façon sportive ou en embarquant plusieurs adultes à son bord, la consommation augmente rapidement. Aussi, la Yaris s’avère très sensible aux vents latéraux. Enfin, il y a les prix qui peuvent monter facilement si on s’amuse dans le catalogue des options. À ce moment, peut-être qu’une Corolla ou une Honda Fit, plus agréables à conduire et tout aussi fiables, pourraient constituer de belles alternatives.

Feu vert

Fiabilité prouvée
Mécanique intéressante
Moteur économique
Dimensions parfaites pour la ville
Valeur de revente élevée

Feu rouge

Éléments de sécurité optionnels
Prix pouvant monter rapidement
Consommation parfois décevante
Moteur bruyant
Sensible aux vents latéraux

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