Lincoln MKX, trop jumeau!

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2010

Vous savez quel est le plus féroce concurrent du Lincoln MKX? Son jumeau, le Ford Edge. Même motorisation souple, même châssis monocoque pour un bon confort sur route, même intérieur spacieux et agréable à l’œil. Pour se distinguer de son frère Ford, le Lincoln devrait offrir davantage, ce qu’il ne fait malheureusement pas encore cette année. Pourquoi alors payer quelques milliers de dollars de plus quand l’Edge fait tout aussi bien l’affaire? Peut-être pour l’exclusivité de sa calandre, ou encore celle des sièges ventilés à l’avant et chauffants à l’arrière…

Même s’il se distingue (trop?) peu de l’Edge, le MKX ne mérite pas qu’on le boude, loin de là. Assemblé sur la même plateforme que l’utilitaire Ford (et dans la même usine à Oakville en Ontario), il profite des mêmes qualités routières et du même bon comportement routier, d’autant assuré qu’il est livré, depuis l’an dernier au Canada, uniquement avec la traction intégrale. Le MKX est par ailleurs doté d’une suspension indépendante qui mise sur le confort plutôt que sur la dynamo, mais qui sait malgré tout garder le contact avec le bitume. L’utilitaire reprend le V6 de 3,5 litres de l’Edge pour une puissance (de 265 chevaux) à la fois linéaire et mature, bien adaptée au véhicule. Pas d’accélérations extrémistes (de fait, le 0-100 km/h demande presque 9 secondes), mais elles satisfont en souplesse et les reprises ne manquent pas d’air.

Par contre, la direction semble plus légère que chez le jumeau Ford, procurant un sentiment bien mince, sans substance. C’est sans doute là le plus grand défaut (!) du MKX, mais rien de vraiment dévastateur. Tout comme l’Edge, la seule boîte offerte est l’automatique six rapports et non, elle ne propose toujours pas les passages manuels. Avant de crier au scandale devant cette lacune technologique, soulignons que le mode manumatique proposé chez la Lincoln MKS nous a déçus par la lenteur de ses réactions. Mieux vaut donc laisser la boîte travailler d’elle-même, ce qu’elle fait ici en douceur et avec un bon étagement.

Jumeau un jour…

Côté design, le Lincoln arbore des lignes aussi stylisées et séduisantes que pour l’Edge. De fait, elles sont encore plus séduisantes, merci à la massive grille chromée, ainsi qu’à la large bande électroluminescente, reconnaissable entre mille, qui fait office de phares arrière. Petite nouveauté bien appréciée pour 2010 : des miroirs grand angle viennent s’insérer dans les rétroviseurs, histoire de savamment réduire les angles morts.

La gigantesque (que dis-je : méga!) console centrale, l’ouverture du hayon électrique (nécessaire pour contrer l’entorse du poignet) et le toit panoramique à deux panneaux (en option) équipent le MKX. Mais vous l’aurez deviné, on retrouve également ces éléments chez l’Edge. De fait, ce qui démarque le Lincoln de son jumeau Ford tient en quelques mots : le premier a l’exclusivité des sièges avant chauffants et ventilés, de la banquette arrière chauffante et, en option, des phares adaptatifs. C’est tout. Même son ensemble « Limited Minuit » nouvellement offert pour 2010, qui inclut la suspension sport et les roues de 22 pouces, ne lui est pas réservé : la nouvelle mouture Sport de l’Edge en profite aussi…

Sinon, à l’instar de l’Edge, le MKX dispose de cinq confortables places sans pour autant risquer, fort heureusement, le coup de la 3e banquette. À l’arrière, les passagers profitent d’un bon dégagement aux jambes, d’éléments chauffants (oui, oui, de série!) et de dossiers qui s’inclinent. Les dimensions du MKX ne sont pas compactes et ça se ressent, tant en manœuvres de stationnement que sur les routes étroites. La contrepartie est avantageuse : un espace de chargement spacieux, avec 915 litres même lorsque toutes les places sont occupées.

L’habitacle a du caractère et est bien aménagé – mais le cousin Edge ne faillit pas à ce niveau, faut-il le rappeler. Certes, le MKX se fait plus luxueux : le revêtement de cuir noir avec ses lisérés couleur sable est du plus bel effet, pendant que les appliqués de bois s’harmonisent aux accents métalliques. L’insonorisation isole parfaitement des bruits de la route et si l’éclairage ambiant qui s’ajuste en sept couleurs peut sembler « quétaine » de prime abord, il livre néanmoins un accueil imparable à la nuit tombée. Dans l’ensemble, on a droit à un intérieur bien conçu, facile à apprivoiser et regroupant des matériaux de qualité, bien assemblés. Le résultat n’est peut-être pas suffisamment luxueux aux yeux de certains (il est vrai que la disposition des commandes en bloc central est quasi-ennuyeuse), mais on ne peut nier que Ford sait y faire, depuis quelques années, au chapitre des habitacles. Le MKX en est une autre belle preuve.

À quand la mise à niveau?

Il serait bon que le MKX se distingue davantage de son jumeau (et du reste de la concurrence, d’ailleurs) avec quelques gadgets avant-gardistes. Ainsi, le régulateur de vitesse intelligent, qui fonctionne si bien chez la berline MKS, ne lui est toujours pas octroyé. Et à quand le démarrage sans clé? Pourquoi pas une version hybride, comme pour le Lexus RX? Le nouveau moteur Ecoboost de Ford, ce V6 biturbo à injection directe, ne prévoit toujours pas se glisser sous son capot – dommage, parce qu’il s’agirait là d’un net avantage sur l’Edge. Enfin, question de réduire la consommation en carburant, à quand une désactivation des cylindres, comme chez Honda? Bref, on aurait aimé un peu plus de la part du MKX.  Ne serait-ce que pour lui faire occuper la place qu’il mérite pourtant chez les utilitaires intermédiaires de luxe.

Feu vert

Habitacle spacieux
Nouvel ensemble sport « Limited Minuit »
Hayon électrique de série
Sièges avant chauffants et ventilés de série
Banquette arrière chauffante de série

Feu rouge

Trop pareil à son jumeau l’Edge
Carences technologiques
Direction sans substance

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